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Cameroun

Andre-Marie Tala en concert le 17 novembre 2007
Monday, 22.10.2007, 10:44am (GMT)





Quel artiste camerounais a sorti en 1973 un tube si puissant que le soul brother number one, James Brown himself alors au sommet de son art, ne résiste pas à la tentation de l’emprunter pour le re-sortir en 1974 sous le titre « The Hustle » ? Vous avez deviné, c’est facile : c’est André Marie TALA. Flash-back sur le parcours de cet artiste exceptionnel, qui fait un come back attendu le 17 novembre 2007 à l’Espace Chevreul à Nanterre.

1973 est l’année de la consécration pour André Marie TALA. Sur la pente ascendante de sa jeune carrière, il confirme sa notoriété avec la sortie de l'album Hot Koki, succès international qui est repris en 1974 par l'immense James Brown sous le titre The Hustle. Cela doit être considéré comme un bel hommage du parrain de la Soul Music au talent de André Marie TALA. Il est intéressant de noter que James Brown, ayant écouté et flashé sur ce titre lors de sa tournée africaine de 1974, a décidé de le reprendre en Anglais, sans avoir obtenu l'autorisation de son compositeur. En 1978, après quatre années d'intenses combats juridiques, la justice américaine donne raison à André Marie TALA, et condamne James Brown à lui reverser l'intégralité des droits du titre.

Né le 29 Octobre 1950 à Bandjoun, Ouest Cameroun, André Marie TALA a fortement marqué la scène musicale camerounaise et africaine au cours de ces 35 dernières années. Sa vie démarre pourtant dans la douleur, avec la disparition de sa mère lorsqu'il n'a que quatre ans, suivi de celle de son père quelques temps plus tard. Comme si ces drames ne suffisaient pas, il perd brutalement la vue à l'âge de 15 ans. Il sera recueilli par sa grand-mère, qui s'efforce de lui donner une éducation digne, rythmée par l'enseignement des Saintes Ecritures et la prière.
Mais très vite, le jeune TALA va être de plus en plus absorbé par sa véritable passion, la musique, qu'il pratique depuis sa tendre enfance: "A trois ans déjà, je jouais du tambour et sans trop savoir comment, je faisais danser tout le monde autour de moi", confit-il.
Issu d'un milieu défavorisé et bricoleur, TALA fabrique de ses mains sa première guitare, qu'il équipe de cordes de récupération en nylon. Il s'applique à imiter les airs à la mode, déversés par la déferlante des jeunes musiciens "yéyés" de France (Johnny Hallyday, Antoine, Joe Dassin, ...), et également le foisonnement créatif de la génération Soul et Rythm and Blues en provenance de l'Amérique (Otis Redding, James Brown, Ray Charles, Wilson Pickett, ...).

André Marie fonde son premier groupe à l'âge de 17 ans, Les Rock Boys, avec lequel il interprète ses premières compositions qui connaissent rapidement un succès régional: Les peines du travail, Honore ton père et ta mère. Bien que fortement influencé à cette époque par les sonorités pop/rock omniprésentes, le jeune artiste écrit dès le début des textes empreints de morale et de philosophie. Cette inclination pour la sagesse et la pondération va aller en s'affirmant, pour devenir une de ses marques de fabrique. Le groupe signe rapidement ses premiers contrats et entame une tournée dans le pays Bamiléké, au Cameroun et à travers l'Afrique. André Marie prend de plus en plus d'assurance, et décide de changer le nom du groupe qui devient Les Black Tigers afin de marquer son ancrage à l’Afrique et sa culture. A la même époque, il décide d'intégrer dans le groupe un jeune guitariste talentueux et prometteur, Sam Fan Thomas. Ce dernier fera plus tard une carrière internationale solo à succès, en créant le rythme Makassi et en plaçant plusieurs chansons en tête des hits parades africains dans les années 80-90: African typic collection, Noa, etc...


En octobre 1972, André Marie s'envole pour la première fois pour la France, où il signe son premier contrat avec la maison de disques Decca. Il entame à cette occasion sa première collaboration avec Manu Dibango. Cette rencontre marque un tournant décisif dans sa carrière. Trois 45 tours en sont issus, contenant 6 compositions de TALA, arrangés par Manu Dibango: Sikati/Pardonne moi, Potaksina/Café, Na Mala Ebolo/Bwop. Ces titres vont connaître un grand succès national et international, et vont assurer définitivement la place de André Marie TALA parmi le gratin de la musique africaine, à 23 ans à peine. L'album Na Mala Ebolo en particulier va se révéler un véritable coup de maître, avec plus de 120000 copies vendues en 1973.
En 1974, TALA compose la bande originale du film Pousse-Pousse du réalisateur camerounais Daniel Kamwa.

André Marie a su trouver les accents justes, empreints de morale, de philosophie et de cette sagesse typique de la culture Bamiléké, pour dénoncer dans ses chansons les maux de la société et prôner les valeurs réelles et profondes de l'Afrique fondées sur la concorde, la paix, le travail et l'amour entre les hommes. Les rythmes sont puisés aux sources de la culture Bamiléké/Grassfield, usent des proverbes et des instruments de musique tirés des traditions ancestrales, et enrichis par les diverses influences de la musique moderne occidentale.
Comparé depuis ses débuts à Stevie Wonder à cause de leur handicap commun, la cécité, André Marie TALA est un musicien hors pair, doublé d'une personnalité morale bien trempée, qui ne cesse de prôner les valeurs humaines d'harmonie sociale, de la dignité de l'Afrique, du sens de l'effort. La discographie de l'artiste est fournie, avec 19 albums produits sur plus de 35 ans de carrière.

TALA est le promoteur du Tchamassi et le précurseur du Bend Skin. Au début des années 90, l'artiste a trouvé dans ces rythmes une source d'inspiration féconde. Avant cette transformation impulsée par TALA, pour en tirer des titres à succès classés dans les hits parades, le genre musical Bend Skin, "La culture de l'effort", était connu des milieux Bamiléké tout en restant confiné dans une audience de cercles culturels traditionnels. La recherche menée par l'artiste sur le rythme Bend Skin est couronnée en 1993 par la sortie de l'album éponyme, qui a depuis lors été joué sur toutes les scènes du monde, et qui déchaîne à chaque fois la même ferveur dans le public conquis.


grioo







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