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Cote D'Ivoire

Interview de Teeyah, “Moi avec Eto’o Fils ?... Pas de places pour les hommes !”
Monday, 17.04.2006, 06:34pm (GMT)





* Que répondrais-tu si l'on te demandait de faire le bilan de ''Métisse'', ton premier album ?
- C'est un bilan très positif, au regard de l'accueil impressionnant qui lui a été réservé par le public ivoirien, auquel je suis très attachée. Sans oublier les Antillais, et tout mon public à travers l'Afrique, l'Europe et les Etats-Unis. L'album a été beaucoup apprécié, et je profite de l'occasion pour dire un grand merci à tout ce monde qui m'a soutenue.

* L'actualité chez Teeyah, c'est la sortie de son nouvel album. Peux-tu en exclusivité nous en parler un peu plus ?
- Effectivement cela fait deux ans que l'album " Métisse " est sorti et il était temps de se remettre au boulot.. Il y a eu entre temps pas mal de collaborations sur des compiles, notamment de Soul Squad Music, ''Dis-leur'' d'Afro zouk et j'en passe. On a donc remis le couvert avec la même équipe ; Patrice Anoh à la production et on a fait appel aux mêmes compositeurs.

* Ça sera encore un album à prédominance zouk ?
- Oui, tout à fait, ce sera du zouk traditionnel, du zouk R'N'B et un clin d'œil au Couper-Décaler. Les morceaux zouk tourneront encore autour de l'amour sous toutes ses formes parce que c'est quelque chose que je ne connais pas en ce moment (rires). Je regarde beaucoup autour de moi ce qui se passe, je m'imprègne de la vie de mon entourage. Et puis au niveau du Couper-Décaler, j'ai bossé avec DJ Arsenal et Shanaka Yakuza pour un titre de soutien aux Eléphants, parce que je suis fière qu'on soit allé aussi loin malgré les mauvaises langues. C'est normal qu'il faut se soutenir à tous les niveaux et c'est ma modeste contribution pour pousser l'équipe nationale à la victoire.

* Si on parlait un peu de ton enfance et de tes premiers pas dans la musique ?
- En effet je suis née à Boundiali où vivaient et travaillaient mes parents il y a une vingtaine d'années. Puis je suis arrivée très jeune en France, je devais avoir 3 ou 4 ans. Mais toute ma famille maternelle réside encore en Côte d'Ivoire, où je retourne régulièrement que ce soit à Abidjan ou à Guiglo. Il faut dire que je suis très proche et très attachée à mes racines ivoiriennes.

* Lorsque tu parles de ton origine, c'est avec beaucoup de fierté. Tu la revendiques ou quoi ?
- Quelque part oui parce qu'au premier regard, on dit Teeyah est antillaise sans penser au métissage. C'est vrai que dès le départ ça a été mon cheval d'attaque de dire que je fais du Couper-Décaler parce que je suis ivoirienne et que ça vient de mon pays, et donc j'en suis fière. Au début ça a été une revendication, mais maintenant tout le monde le sait et je n'ai plus à le spécifier.

* Changement de paysage, de culture et te voilà dans l'Hexagone. A quel moment as-tu véritablement commencé à flirter avec la musique ?
- Vers l'âge de 8 ans, j'ai été fascinée par mon grand-frère qui arrivait à reproduire des mélodies avec un synthétiseur. Plus tard j'ai demandé à ma mère de m'inscrire au Conservatoire de musique où j'ai passé 10 ans à faire du piano, de la flûte traversière et des chorales dans le but d'acquérir une bonne base musicale. J'ai également appréhendé l'opéra, le jazz, le gospel et la comédie musicale. Donc j'ai fait plein de trucs et vers l'âge de 14 ans, j'ai rencontré des personnes avec qui j'ai fait mes premières armes en studio. J'ai fait pas mal de chœurs, Il y a eu le fameux " Kaysha on dit quoi ? " ainsi que des collaborations sur des compiles et enfin en 2004, la sortie de l'album " Métisse ".

* Ne crains-tu pas d'être cataloguée comme une artiste du Couper-Décaler ?
- Non parce qu'autant ils connaissent le morceau Couper-Décaler, autant ils savourent les autres titres zouk. Sans parler d'un public qui connaît les compiles sur lesquels j'ai posé ma voix. Je ne veux pas me restreindre à un seul type musical, donc je fais un maximum de choses et le public a l'air de suivre et de s'y intéresser. Que je sois cataloguée en tant que chanteuse de zouk ou de Couper-Décaler, il n'y a pas de problème puisque c'est ce que je fais. Ca fait partie de moi et de ma culture musicale, donc je gère tout à fait bien.

* Comment expliques-tu qu'à l'instar de certains artistes qui intègrent les majors, la plupart n'arrive pas à s'introduire dans les grands circuits de distribution ?
- Parce que malheureusement, les maisons de disques n'osent pas se lancer dans le développement des artistes africains, antillais ou des artistes dits " tropicaux ". Aujourd'hui on se trouve réduit à être sollicité pour des tubes de l'été entre autres. Mais à côté de cela il y a eu Magic System qui a eu la chance de pouvoir faire quelque chose et représenter au niveau planétaire notre musique, sans oublier aussi Sly. Donc le mouvement prend de l'ampleur et les maisons de disques commencent sérieusement à s'y intéresser. Et si on continue à être solidaire et à persister dans cette voie, je pense que ça nous sera bénéfique.

* Il y a eu des rumeurs te concernant, par rapport à une relation, avec l'international footballeur camerounais du Barça Samuel Eto'o. Pourrais-tu aujourd'hui nous dire ta part de vérité ?
- Tout ce que je peux dire c'est qu'il est facile de tirer sur des gens qui se trouvent à des milliers de kilomètres. Maintenant ça me fait beaucoup rire de lire tout ce qui se dit dans la presse et il faut dire que je suis au courant de tout.

* De quoi es-tu au courant ?
- Oh ! On nous a mariés le 15 Janvier dernier en Côte d'Ivoire dans un journal et même à la radio. Il m'aurait offert une bague à 600.000 euros (393.000.000 FCFA)… Mais tu sais, ça fait partie des rumeurs.

* Mais pourtant, il n'y a pas de fumée sans feu…
- Il faut dire que les gens qui ont de la notoriété en Afrique ne sont pas très nombreux. Donc on est amené à se rencontrer et à discuter ensemble.

* C'est le cas avec Eto'o ?
- Oui, je le connais.

* Quel est le degré de votre relation ?
- Ça reste très platonique, je l'apprécie en tant que footballeur et il aime également ma musique. Mais de là à inventer une relation amoureuse avec des détails faramineux, non ! Il ne faut pas exagérer. Si le fait de discuter avec quelqu'un à la sortie d'un concert signifie que je vais me marier, je me marierais tous les jours. Il faut arrêter de tirer de manière gratuite sur les gens, surtout quand on se trouve à des milliers de kilomètres et qu'on n'a pas forcément un droit de réponse immédiat. Ce qui laisse les gens amplifier les choses à leur guise.

* Quel sentiment ça t'a fait d'entendre ces rumeurs à ton sujet ?
- Au début, ça m'a fait rigoler parce que je ne suis pas à ma première et certainement pas à ma dernière rumeur. Mais il faut que les gens comprennent qu'on a tous des familles et le fait d'entendre des choses très déplacées, la mienne les vit mal. En tout cas, j'en ai eu pour mon grade et à un moment, il faut arrêter et passer à autre chose.

* Tu te dis que t'as été le souffre-douleur de certaines personnes qui voudraient te coller une étiquette. Es-tu blanche comme neige ?
- Je suis blanche comme pire que la neige car je n'ai eu aucune relation amoureuse avec Eto'o, qui est un homme marié. Et j'ai certaines convictions dans ma vie qui font que j'aime avoir l'exclusivité dans une relation.

* C'est-à-dire ?
- C'est-à-dire que j'aime être titulaire sur le terrain et pas remplaçante sur le banc de touche. J'aime vivre pleinement ma relation.

* OK ! Partages-tu en ce moment ta vie avec quelqu'un ?
- Je vais être claire, mon emploi du temps est très complexe. Je suis en studio de 20h à 5h du matin, enfermée avec mon producteur et mon manager tous les soirs. Quand je rentre chez moi, il est 6h du matin et je dors jusqu'à très tard.

* Tu pourrais le faire accepter à un saint ?
- Certainement, pourquoi pas ? Je n'ai pas le temps d'entretenir une relation pour le moment.

* Ce sera pour quand alors ?
- Le jour où je serai moins entre deux avions, moins sur les routes. Car j'estime qu'il faudrait me consacrer pleinement à mon homme. Pour l'instant ma vie tourne autour de la musique et il n'y a pas de places pour personne.



Pat Gynéco(Declic magazine)







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