Popolaye,
Feco, Florent et Salif du groupe les Garagistes ne sont pas du tout
contents en ce moment. Les quatre garçons de " Wassakara " (Yopougon)
ne sont pas en odeur de sainteté avec leur maison de distribution,
show-biz. Ils accusent cette unité de production d'avoir piraté leur
œuvre, ''Tapis Rouge'', sortie en 2004. Le divorce pointe le nez entre
show-biz et ce groupe " zouglou ". Les zougloumen ont esté leur maison
de disques en justice.
L'origine de cette dissension
A la sortie de ''Tapis Rouge'', les Garagistes ont pulvérisé les
records de vente, aussi bien en Côte
d'Ivoire que dans la sous-région,
et même au delà. En 2004, en plus du succès médiatique, ce groupe a
connu un franc succès commercial. D'Abidjan à Ouaga (Burkina Faso), en
passant par Libreville (Gabon) et Bamako (Mali), ''Tapis Rouge''
faisait du tabac. L'œuvre était devenue, dans ces pays, un hymne. Du
coup, ces quatre garçons étaient sollicités ça et là. Ils ont parcouru
de nombreux pays pour des dates qui, parfois, se chevauchaient. Mais,
ils arrivaient à honorer leurs différents engagements vis-à-vis des
promoteurs de spectacles. Lors de leur passage en 2005, au Cameroun,
les Garagistes étaient surpris de voir le public reprendre en chœur le
refrain de " Tapis rouge ". Très heureux de cette communion avec les
mélomanes, nos Zougloumen étaient tout de même intrigués. Car si leurs
chansons sont connues de tous, c'est que, certainement, l'album y est
vendu, se sont-ils dit. Un tour chez les disquaires a suffit pour
découvrir le pot aux roses. Leur œuvre était distribuée par une maison
de disques camerounaise. Toutes choses qu'ils ont trouvées bizarre. Car
pour les Garagistes, ''Tapis Rouge'' pouvait être écouté au Cameroun, à
travers les médias. Mais jusqu'à être distribué, vendu, c'est là où le
bât blesse.
Les investigations des Garagistes
De retour à
Abidjan, les Garagistes n'ont pas voulu faire laisser passer l'affaire
sous silence. Ils ont cherché à savoir pourquoi et comment l'œuvre a pu
être distribuée officiellement au Cameroun. Les artistes se sont rendus
à Show-biz, leur maison de distribution, étant donné qu'elle a
l'exclusivité de la commercialisation de leur œuvre. Quand les garçons
de “Wassakara” posent le problème, les responsables de show-biz ont
fait semblant de ne rien savoir. Certains ont donné même l'impression
de tomber des nues. C'est là qu'un nouvel épisode va commencer. Parce
que le DAT de ''Tapis Rouge'' a été déposé exclusivement chez show-biz.
Or, c'est ce support qui permet d'imprimer les cassettes et
compact-disc (CD). Dès lors, si show-biz n'est pas au courant de la
distribution de l'œuvre ailleurs, il y va falloir mener des enquêtes.
Leur avocat (dont nous taisons le nom) demande des preuves palpables
pour pouvoir assigner les coupables en justice. Du coup, il faut
retourner au Cameroun pour ramener les preuves.
La grande magouille
Les
Garagistes vont retourner sur leurs pas. Car il faut absolument que la
lumière soit faite sur ce sujet. D'enquête en enquête, de pression en
pression, certaines langues se délient chez les ''bamiléké'
(Camerounais). L'on pointe du doigt ceux qui ont concocté le deal
camerounais. Le distributeur local étant trop acculé, il sort des
documents où il est écrit noir sur blanc, une autorisation que lui a
délivrée la maison show-biz pour distribuer ''Tapis Rouge''. Les
preuves réunies, c'est le retour au bercail.
La farouche poursuite
Show-biz niait être mêlée à ce piratage dont est victime ce groupe
zouglou. Mais, petit à petit, les Garagistes ont réussi à préparer un
''dossier béton''. Dans la même foulée, des bruits de piratage de
''Tapis Rouge'' se font entendre à Libreville, Ouagadougou et Bamako.
Show-biz, selon une source, est trempée jusqu'au cou. Malgré leur
forfait, show-biz ne veut pas collaborer. Selon les artistes, elle fait
même du chantage. Les jeunes gens, quant à eux, sont déterminés à aller
jusqu'au bout, car show-biz les avait grugés sur toute la ligne. Alors,
leur avocat a introduit un dossier auprès du Tribunal d'Abidjan,
assignant la maison de distribution en justice. L'affaire est passée en
audience, le jeudi 5 avril dernier, au Tribunal de première instance
d'Abidjan.
La sentence
Pour ce " crime " contre les "
Garagistes ", ce groupe avait exigé à la maison show-biz, la somme de
100 000 000 F CFA (Cent millions de Francs). Cette somme intervenant à
titre de dommages et intérêts.
A la barre où ont comparu l'avocat
des " Garagistes " et l'autre partie, le juge a condamné show-biz à
leur verser cette somme. Aujourd'hui, ceux qui se sont sucré des
revenus de ''Tapis Rouge'', sont dans les cordes. Durs moments, car,
dit-on, le compte de show-biz est débiteur.