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Martial Mjtx, manager de Teeyah - “Espoir 2000 explosera plus que Magic System” Thursday, 19.04.2007, 02:03pm (GMT) Martial Mjtx est en ce moment au bord de
la lagune ébrié. Ce manager franco-camerounais a plus d'un tour dans sa
mallette pour ''booster'' la carrière de son artiste Teeyah qu'il
accompagne pour un ''deal''. Dans cet entretien, il parle de
l'évolution de la musique africaine à l'échelle internationale, depuis
les devanciers jusqu'aux générations contemporaines. Qu'est ce qui vous emmène au bord de la lagune ébrié ? Je ne peux rien dire pour l'instant, parce que rien n'est encore officiel. Mais, j'accompagne l'artiste Teeyah qui représentera sur trois années l'effigie d'une marque ici à Abidjan. Mais, on est encore en discussion. De quand date votre collaboration avec Teeyah ? En fait c'est Kaysha qui me l'a présentée. Il y a plusieurs années que je travaille avec lui. Alors quand il me l'a présentée je l'ai tout de suite adoptée. Mais, il faut également noter que le travail qui se fait autour d'un artiste n'est pas seulement du ressort du manager. C'est toute une équipe, c'est une grosse production qui fait que l'artiste explose ou non. Est-ce que vous pensez que Teeyah au bout de quelques années de présence sur la scène musicale a explosé ? Bien sûr. Mais, on veut toujours plus. On n'a pas fini, on a beaucoup d'idées. Dans tout ce qui est afro zouk elle a explosé. Le succès en musique est souvent éphémère, mais nous sommes des gestionnaires de carrière. Teeyah elle n'a que 24 ans. Alors elle a encore d'autres albums à faire. Mais, j'aimerais qu'à 28 ou 30 ans elle construise sa carrière comme une grande chanteuse et que dans 10 ans on chante encore ses premières chansons. Au plan international que faites vous pour qu'il y ait une plus grande représentativité des artistes africains que vous managez, sur les grandes scènes ? Ce problème est à la base des difficultés que rencontrent les artistes africains en Europe. Depuis ces deux dernières années on commence à sentir la présence des Noirs sur les grandes scènes mais avec des rythmes antillais. Notons qu'au début, la musique africaine avait des dignes représentants en Europe tels que Koffi Olomidé qui avait un public européen et qui a joué dans de grandes salles comme Bercy. Mais, c'est un peu de notre faute si aujourd'hui on est écartés. Comment l'expliquez-vous ? Je prends toujours l'exemple de Olomidé. Je n'ai rien contre lui. Mais, lorsqu'on l'invitait sur les plateaux de télé, il était toujours en
retard. Il y a un manque de sérieux, de rigueur et de professionnalisme
dans ce que nous faisons. Lorsqu'on vous dit d'être là à 20h il faut
être là à 20h. Pas à 20h 15 ou 21h encore moins à 22h. Mais, comme je
disais depuis 2005, il y a un changement au niveau de l'accès aux
médias européens avec des artistes comme Thierry Cham, Perle Lama, Slaï
qui ont signé dans des grandes maisons de disque comme Sony, Universal.
Princess Lover par exemple, une de mes artistes finit son album qui
sort en septembre. Elle aura accès aux grandes scènes. Mais, petit à
petit ça va venir avec les autres. Mais, il y aussi des gens comme
Magic System, Mokobé du groupe 113 qui arrivent à s'imposer avec la
musique africaine, extrêmement remodifiée avec beaucoup d'arrangements
pour l'adapter au public. Mais, j'espère et j'y crois dans quelques
années la musique noire va exploser en Europe et partout dans le monde.
Est-ce que vous en tant manager, travaillez avec des artistes européens ? Non par exemple, hier (ndlr : samedi 14 avril) j'ai assisté au concert de Diam's. Mais, je n'irai pas lui dire, laisse moi m'occuper de ta carrière. Ce que je veux c'est que mes artistes arrivent au niveau de Diam's. Elle a vendu un million d'albums dans le monde, c'est énorme. Vous ne pensez pas que c'est le travail, son talent qui l'a portée à ce niveau ? Oui. Mais, il y a aussi l'encadrement. Diam's a beaucoup galéré. Depuis 14 ans elle sait chanter. Mais, ce n'est qu'à 21 ans qu'on l’a remarquée et elle a eu sa chance. Il y en a qui n'ont pas de talent mais qui bénéficient de l'encadrement. Ceux là on maquille leur talent, c'est du commercial. Qu'est ce que vous pensez de Magic System qui brille partout dans le monde. C'est le talent ou un coup de chance ? J'ai découvert Espoir 2000, il y a deux mois. Je me suis dit ceux là s'ils rencontrent un producteur européen, ils vont exploser et 10 fois plus que Magic System, ça n'engage que moi. Ce n'est pas parce que Magic System a explosé qu'ils ont du talent. Nouvelle Donne, un collègue producteur de Factor X, m'a dit qu'ils étaient en train de démarcher pour trouver un contrat pour Espoir 2000. D'ici 6 mois si tout va bien, ce groupe va éclater comme Magic System. Pour vous Magic System a eu beaucoup de chance que de talent ? Ce n'est pas que la chance. Ils se sont battus c'est vrai. Mais, il y a eu aussi des coups de pouce de gens comme Kiki Touré, Claudy Siarr.
Le monde des managers n'est pas bien structuré ici en Côte d'Ivoire,
est ce que du côté de l'Europe vous avez ce genre de problèmes ?Effectivement. Mais, pas seulement ici. Partout en Afrique il y a ce problème entre managers et artistes. Ici les managers n'ont souvent pas bonne presse. En France ne devient pas manager qui veut. C'est un métier comme tous les autres alors ça s'apprend. Il faut étudier et avoir un diplôme d'agent artistique avant de faire ce métier. Et chaque agent artistique est référencé par un numéro au ministère de la Culture Français. Quelle formation avez-vous reçu avant d'exercer ? Moi après le Bac j'ai fait une fac de droit. J'ai eu mon Deug ensuite j'ai suivi une formation qui devait me prendre trois années. Mais, comme j'avais un Bac +2 j'ai fait juste un an suivi d'un stage. C'est cette formation qui me donne ma licence d'agent artistique. Vous avez dit tout à l'heure que les managers en Afrique avaient une mauvaise relation avec l'argent de leurs artistes. Comment vous arrivez à vous entendre avec vos artistes ? C'est pourtant simple. Vous savez, il y a que souvent ce sont les artistes eux même qui nous approchent ou vice versa. Moi, il y a des artistes dont je ne dirai pas les noms qui m'approchent pour demander mon assistance. Dans ce cas on part sur la base d'un contrat. Et on est payé par pourcentage si on est d'accord. Et ce pourcentage varie d'un artiste à un autre. Généralement vous allez à combien, vous personnellement ? Moi, je n'ai pas le même pourcentage sur mes quatre artistes que je manage (Teeyah, Princess Lover, etc.) Et c'est peut-être parce qu'aujourd'hui j'ai un nom et que mes artistes voyagent beaucoup. Que ce soit par les productions, les spectacles, l'argent rentre, dès que l'artiste signe un contrat, j'ai ma part là dedans. Par contre il y a des gens qui vont jusqu'à 50%, et moi je dis qu'ils exagèrent. Moi, je suis en dessous. Il ne faut pas y aller trop fort avec les artistes, c'est eux qui créent après tout. Mais, il faut que les gens comprennent qu'être manager est un métier et que tous les managers ne sont pas forcément des escrocs. C'est comme dans les autres corps de métier ; il y a des policiers sérieux et d'autres qui ne le sont pas…Mais, ce n'est pas la profession qui n'est pas sérieuse.
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