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Maman DJ (Artiste chanteuse): ‘’Je ne suis pas une femme ratée’’ Friday, 25.05.2007, 12:06am (GMT)
Spécialiste des ‘’atalaku made in Côte d’Ivoire’’ dans les grands maquis et bars d’Abidjan depuis les années 90, Dame Gnakou Plé qui se fait désormais appeler ‘’Maman DJ’’ a accepté de s’ouvrir grandement à vous. Causerie.
Ton amour pour la musique, c’est venu comment ? C’est un rêve qui date de mon jeune âge. Toute jeune, je jouais très souvent dans les funérailles, les baptêmes, les mariages et autres manifestations où je faisais les éloges des gens. Chez nous les Wobê à l’ouest de la Côte d’Ivoire, c’est un fait récurrent qui caractérise notre musique. C’est pourquoi quand je suis revenue d’Afrique du Sud, et étant donné que j’aime bien l’ambiance des maquis, je me retrouvais toujours avec les DJ qui sont mes enfants ; j’ai donc décidé de faire cette musique.
Mais tu pouvais bien choisir la voie de la musique traditionnelle. Pourquoi as-tu opté pour ce genre ? C’est dans cette musique que je me sens à l’aise. Tu sais, les gens pensent que les DJ sont des mendiants. Non, ce n’est pas le cas. Ils font les éloges. Ils vantent les mérites. Ils poussent les clients à mettre la main à la poche. Et moi, j’apprécie bien cela.
Pourtant les DJ n’ont pas une bonne image souvent… Oui, j’en suis consciente. Les DJ n’ont pas une bonne image. Mais je dis toujours qu’il faut vivre sa vie et moi je vis ma vie sans m’occuper du reste. Ceux qui me connaissent peuvent le témoigner. J’ai été une bonne femme au foyer. Celle qui a tout eu. J’avais des ateliers de couture où les Pépé Kallet, Papa Wemba et autres défilaient. J’ai été la responsable de la coopérative des femmes pour le ravitaillement au niveau du Port. J’aime l’ambiance, j’aime bien la joie et je veux que toutes les femmes soient comme moi. Je veux que les femmes refusent la pensée de vieillir. Je suis très jeune dans la tête. D’ailleurs je n’ai que 47 ans parce que je suis née en 1960. Je reconnais que je n’ai pas écouté certains conseils dans l’utilisation des produits de beauté. Et cela a causé la dégradation de ma peau, mais je reste une femme fière. Ça me fait donc mal quand on juge mal les DJ.
Une femme de plus de 40 ans dans les maquis pour des atalakus. Est-ce qu’on ne peut pas penser que tu es une maman ratée ? Pas du tout. Je ne suis pas une femme ratée. Pour ceux qui connaissent Gnakou Plé Colette, je suis une femme bien éduquée, une mère d’une fille et de 3 petits-fils bien éduqués. Ma fille est grande. Elle était à Washington avant d’aller à Paris. Je suis donc bien lucide. Et c’est pourquoi j’ai créé le ‘’Zoua Gbéhi’’ qui est une danse mais en même temps un concept dans lequel je donne beaucoup de conseils aux filles en leur demandant d’éviter la prostitution, de souiller leur corps. Il faut rester fidèle et digne comme moi. Je n’ai plus de mari, mais je ne me donne pas à n’importe qui parce que je suis fidèle à mon corps.
Tu dois avoir eu un passé très chaud. Parles-nous un peu de cette expérience. Comme je viens de le dire un peu plus haut, j’ai été toujours une femme qui aime les milieux chauds. Depuis 87, je suis dans l’ambiance des maquis, des bars. Et dans la commune de Treichville où j’étais comptée parmi les femmes importantes, je ne me laissais pas faire. Je m’en sortais bien dans ce que je faisais.
Parlons de ton album. Il se trouve que les DJ l’ont boudé et pourtant, tu dis que tu es leur maman. Que se passe-t-il alors ? Les DJ n’ont pas saboté mon album. Ce sont eux qui font, au contraire, la promo de mon album parce que ce sont effectivement mes fils. Mais si ma maison de production qui devrait faire la promotion n’encourage pas ces enfants, que voulez-vous que je dise ? Ils ne peuvent pas veiller toutes les nuits en train de faire ma promotion sans que je ne leur donne quelque chose de temps en temps. Toute chose que je ne fais pas parce que je n’ai pas les moyens pour le faire. C’est pourquoi ils étaient un peu fâchés. Sinon, à part cela, je suis toujours à toutes les réunions avec eux.
Comment juges-tu ceux qui disent que votre musique n’est pas professionnelle ? Malheureusement, c’est ce qu’on dit de notre musique. Et nous en sommes conscients. C’est pourquoi, chaque fois que nous tenons une réunion, nous demandons aux DJ de composer des textes avant de chanter. Parce qu’à côté de notre rôle d’ambianceurs, nous devons aussi sensibiliser et éduquer notre société. Et c’est ce que je fais. Mais ceux qui critiquent les DJ doivent reconnaître aussi que la musique des DJ a traversé les frontières pour vendre la Côte d’Ivoire à l’étranger. Partout, on parle des DJ parce qu’ils sont en ce moment les meilleurs. Il faut reconnaître cela. Même un enfant connaît les pas de danse créés par les DJ. C’est pour dire qu’ils sont populaires, donc il faut éviter de saboter leur métier.
Pourquoi tu as mis du temps avant de sortir ton premier album ?
Bien avant de sortir cet
album, j’animais depuis longtemps dans les maquis. Si je
décide de sortir maintenant, c’est
Présente-nous brièvement ton album C’est un album de 4 titres (avec 2 remix) sorti à Ivoir Top Musique. Il s’intitule ‘’Sentiment tendu’’. C’est un album de qualité à travers lequel je fais la promotion du ‘’Zoua Gbehi’’ qui est une danse de chez moi à l’ouest de la Côte d’Ivoire. On danse ‘’le Zoua Gbehi’’ au clair de lune pendant les périodes de réjouissances, au village. Je suis également parenté à feu Guéï Victor qui faisait du Lékiné. Le ‘’Zoua Gbéhi’’ est une sorte de dérivé du Lékiné.
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