Lokossou Yvon alias Khunta et son “acolyte” Sixko ont tiré leurs premières inspirations musicales à Bouaké, la belle cité du Centre. Cette ville est donc le point de départ de leur succès musical.
De bons souvenirs, ils en gardent de Bouaké, qui, depuis le 19 septembre 2002, est plongée dans le désespoir pour cause de guerre. Malgré les bons souvenirs, quelques faits restent, aujourd'hui, des cauchemars pour Khunta. Le souvenir le plus sombre de sa vie demeure une effroyable soirée passée à Bouaké. Une soirée qui a coûté la vie à son frère aîné. Que s'est-il passé ? L'artiste, d'une voix empreinte d'émotion, raconte les faits : "J'ai perdu mon grand frère dans des conditions vraiment atroces. Et tous ceux qui ont fait Bouaké dans les années 1990 ont, plus ou moins, entendu parler de cette histoire. Une nuit, la cour était déserte car tous les parents étaient en voyage. Moi, j'avais à peine 15 ans. J'étais resté avec ma sœur. Et ce jour-là, mon frère en question venait fraîchement de rentrer de Dakar. C'était l'année blanche avec tout ce qui se passait au pays. Au cours d'une virée nocturne avec ses amis, des individus les ont agressés. Mon frère a réussi à s'échapper et a regagné la maison. Mais, les bandits sont allés le prendre à la maison sans qu'on puisse faire quelque chose. Mon frère a été battu jusqu'à ce qu'il perde la vie. Ça été un traumatisme pour moi. C'était la dernière fois que je le voyais vivant. Ce fut un choc pour toute la famille et toute la ville de Bouaké”. Aujourd'hui, Khunta, qui garde encore les séquelles de ce sombre souvenir, prie pour que l'esprit de son frère regagne “Gochinango”, le lieu où tous les esprits positifs convergent.