
Qui est-tu exactement?
Je suis Maty Diomandé et mon nom d'artiste, c'est Maty Dollar. Je suis ivoirienne et je vis aux USA depuis très longtemps. J'y suis allée très jeune pour mes études. Après j'ai opté pour la coiffure et l'esthétique. Je vis à Houston au Texas avec mon fils et c'est là -bas aussi que je fais mes affaires.
Pourquoi es-tu restée après les études?
J'ai voulu rester pour me faire du coffre avant de revenir. J'avais voulu d'abord réaliser certains projets tels que mon salon de beauté et de produits cosmétiques, ensuite acheter ma maison aux States, chose que j'ai faite, enfin venir m'installer ici. Là , j'ai des bases des deux côtés.
On a l'impression que tu ne parles plus le français encore moins le mahouka, ta langue maternelle. Tu es devenue américaine totalement.
Non, non ! Je parle toujours le français. Je suis née ici. Concernant, ma langue maternelle, je la parle juste un peu. Car il faut signaler que j'ai vécu un moment avec ma grand-mère quand j'étais enfant. Et, elle ne parlait pas le français. C'était le mahou qu'elle parlait.
Il paraît que tu as une assise financière à Houston, et que tu fais le vrai boucan là -bas.
Non pas du tout. Seulement peut-être que c'est parce que j'ai beaucoup aidé des gens à Houston. Ce n'est pas parce que j'ai beaucoup d'argent. Ce que j'ai me suffit largement avec mon fils (you know). Et puisque je suis là -bas, il y a longtemps. Ceux qui arrivent donc pour la première fois, je leur donne un coup de main. Surtout à ceux qui ont besoin d'aide.
Tu étais mariée à un pharmacien américain. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Oui exactement, j'étais mariée à ce monsieur qui est d'ailleurs le père de mon enfant. Mais il est toujours là , on reste en contact parce qu'il est le père de mon fils. Et surtout il est très gentil et sympa.
On dit que tu aimes commander les hommes. Est-ce vrai ?
Non, je ne commande pas les hommes (rires). Il n'est pas bon d'écouter les "on dit" (ouie dire). Je suis une fille vraiment super gentille. Et vous pouvez même vous renseigner auprès des artistes qui sont allés à l'intérieur du pays avec moi pour l'émission "Tonnerre".
Comment as-tu découvert la musique et depuis quand la pratiques-tu ?
Depuis ma tendre enfance, j'ai toujours aimé la musique. Et quand je suis arrivée aux USA, je ne la faisais pas au début. Parce qu'il n'y avait personne autour de moi qui en faisait. Je me suis alors consacrée à mes études. Et c'est lorsque j'ai rencontré Assirifix Armand, qui était déjà plongé là -dedans que c’est reparti. On s'est mis ensemble et ma passion s'est réveillée.

A quel moment as-tu décidé de sortir un album ?
Quand j'ai appris que "Tonnerre" se déroulait à Washington DC, j'ai pris contact avec l'ambassade pour rencontrer les organisateurs. Parce que cette émission fait beaucoup pour la musique ivoirienne. Voulant faire de la musique, cette émission m'a intéressée. C'est ainsi que Assirifix Armand m'a dit qu'il connaissait David Tayorault. Il m'a passé son numéro. Je l'ai appelé quand il était à Zurich . Je lui ai dit que j'allais le voir pour rentrer en studio et enregistrer un single. Il avait pensé que je plaisantais. Et le lendemain, j'ai pris mon vol pour le rejoindre en Suisse. Dès que je suis arrivée, il a dit que j'étais vraiment courageuse. Nous avons donc commencé à travailler. On a d'abord bouclé ce single Pistélero qui sort maintenant. L'album au complet sera prêt quand il reviendra de Paris, le mois prochain.
Est-ce parce que Molare est ton cousin que tu es rentrée dans le mouvement Coupé-Décalé et le travaillement ?
Non, je n'ai jamais fait le "travaillement". Jamais de la vie. C'est une chose que je n'aime pas. Moi, j'ai toujours donné discrètement. Et comme j'allais voir mon cousin le Molare souvent à Paris, ses amis et lui avaient créé un mouvement qui est le Coupé-Décalé que tout le monde aime, alors cela m'a aussi poussée à rentrer dans cette tendance.
Tu dois beaucoup aimer les "gazoils" (les virées).
C'est normal quand on est jeune. Je suis très très jeune moi. Souvent, je prends mon vol pour aller m'amuser à Paris, à Londres. Mais ce n'est pas tout le temps. Je le fais de temps en temps, sometime.
Qu'as-tu fait lors de ton premier passage Ă Abidjan ?
J'ai participé à l'émission "Tonnerre". Je suis allée à Bondoukou et à Toumodi. J'en ai profité pour voir aussi ma famille et mes amis.
On dit que tu es une femme de cœur.
Mon manager et moi, nous établissons un programme et une stratégie. Je passe les voir pour les encourager. Je donne quelques bons (d'achats) et du sou à mon manager qui leur remet pour les soutenir. J'ai même été rendre visite à Ayatolah, le comédien. Je lui ai donné mon numéro personnel. Et je lui ai dit de ne pas hésiter à m'appeler en cas de besoin. Je suis également allée voir Douk Saga pas pour lui donner de l'argent mais pour le soutenir moralement. On est en contact avec Ayamé qu'on doit rencontrer. Moi, je suis venue pour faire du "Travaillement intelligent". Ça consiste à aider les gens en détresse. Ce n'est pas qu'on veut démontrer qu'on a de l'argent mais on pense que dans la vie quand il y a quelqu'un qui souffre et qu'on a un peu d’argent, on peut lui apporter ne serait-ce que le sourire, un petit réconfort moral. C'est tant mieux. C'est comme ça qu'on voit le "Travaillement intelligent". Et puis surtout, on veut donner le pouvoir aux femmes.
Comment ça ?
Aujourd'hui, il y a des femmes qui veulent mener des activités mais qui n'ont pas les moyens de leur politique. On veut les amener à se prendre en charge. Nous prenons un exemple : hier quand nous sommes allés voir Ayatolah à la PISAM, en sortant, il y a une dame qui m'a donné une lettre. Elle avait un problème de loyer et elle devait être expulsée de sa maison pour 120 000 FCFA. Elle est veuve. Cela m'a touchée et j'ai pris son numéro. Je vais voir mon staff et ensemble nous déciderons de ce qu'on peut faire pour elle. Ce sont ce genre d'actes qu'on veut poser. Je veux aider les gens qui souffrent. C'est comme ça qu'on voit le "travaillement intelligent".