Jean Jacques Domoraud est le frère cadet de
l'ex-capitaine des éléphants footballeurs (Cyril Domoraud). Lui, aussi
est footballeur professionnel, sociétaire de la Gantoise en Belgique.
Il est aussi bien passionné de foot que de musique. Sous la houlette de
David Tayorault, il vient d'achever son premier album. C'est d'ailleurs
dans le studio de cet arrangeur que nous l'avons rencontré.
D'où vient ton amour pour la musique ?
Depuis
tout petit, j'ai eu pour passion, la musique. J'ai perdu ma mère en
1995. A la veille d'un match, j'ai eu une inspiration. J'ai pris mon
ordinateur et j'ai écrit une chanson pour elle. Je n'osais pas rentrer
en studio en tant que footballeur. Mais comme j'ai vu deux exemples,
c'est-à-dire Gadji Celi et Lato Crespino, je me suis dit pourquoi ne
pas tenter cette aventure.
Tu es donc rentré en studio ?
J'ai pris mon
courage à deux mains. Je suis rentré en studio pour chanter l'hommage
que j'ai écrit pour ma mère. Et autour de cela, j'ai profité de la
tendance “coupé décalé” pour faire un album.
Quels sont les thèmes que tu développes dans cet album?
J'ai
mon concept à moi, c'est le “Décalé Sicilien” qu'on va mettre en œuvre.
J'espère que, par la grâce de Dieu, dans pas longtemps, vous allez
entendre quelques bruits.
Pourquoi le Décalé Sicilien ?
Le Décalé Sicilien
parce que j'ai vécu un peu à Genève. Et là-bas, on avait un groupe et
on se faisait appeler les “Siciliens” à cause de notre manière de
penser et notre comportement. On faisait penser un peu aux siciliens.
Voilà pourquoi je fais le “Décalé Sicilien”.
Viens-tu chambouler l'ordre établi ?
Tout à fait
parce que la musique est l'un de mes hobbies. La musique, c'est ma
passion. Aujourd'hui, nous ivoiriens, avons beaucoup de chance avec le
coupé décalé. Alors je viens y ajouter mon grain de sel.
Pourquoi as-tu attendu si longtemps avant de te lancer dans la musique ?
De
par mon statut de footballeur professionnel, j'avais peur que les gens
mélangent les deux choses. En disant que je laisse le football pour la
musique. Alors que ce n'est pas le cas. C'est le football qui m'a fait.
C'est ma vie. La musique, c'est ma passion. Et Dieu m'a donné la chance
d'exprimer cette passion là.
Tu es le frère à Cyril Domorauld, pourquoi n'as-tu pas encore prêté tes services à l'équipe nationale comme lui ?
Si,
j'ai prêté mes services à l'équipe nationale. J'ai même été sélectionné
sous Nouzaret. Je n'ai fait que 2 sélections. Malheureusement je me
suis, ensuite, blessé au genou. C'est ce qui m'a porté préjudice.
Aujourd'hui, il y a des jeunes qui ont grandi, on les voit plus souvent
et ils sont assez constants. A ce niveau, c'est difficile de revenir.
Sinon, je suis toujours prêt. J'attends qu'on me rappelle. C'est un
honneur pour moi, c'est une fierté de défendre les couleurs de mon pays.
Penses-tu avoir les atouts et les armes nécessaires pour représenter mondialement la Côte d'Ivoire par la musique ?
Au
fond de moi, j'ai la conviction qu'on va pouvoir faire un bon truc.
Parce que j'ai visé plusieurs horizons dans mon album. Et puis, j'ai la
chance d'avoir un nom qui est déjà connu en Europe. Ajouté à cela, la
qualité de la production. Il n'y a pas de raison qu'on ne conquiert pas
l'Afrique et l'Europe.
Présente-nous ton album...
L'album s'appelle
“Sicilien”. Il va comporter 10 titres conçus dans plusieurs tendances.
En plus du Coupé-décalé, il y a du Zouk, du Zouglou…
Finalement, la musique ne va-t-elle pas prendre le dessus sur le football ?
Non,
je ne pense pas. Comme je l'ai dit, le football c'est ma vie. Et je
respecte mon métier. La musique peut être une reconversion, plus tard.
Et s'il y avait un choix à opérer actuellement ?
C'est le football.
La situation du pays t'a-t-elle inspirée ?
Oui !
J'ai composé “La paix en Côte d'Ivoire” à l'époque où il y avait un
malentendu avec les français. C'était un message pour la paix, sans
rentrer dans la politique.
Pourquoi as-tu choisi David Tayorault pour arranger ton œuvre ?
Pour
moi, David Tayorault est, à l'heure actuelle, le meilleur. Depuis la
France j'ai écouté ses œuvres. Je l'ai appelé. On s'est entendu et il a
accepté de travailler sur mon album. C'était David ou personne.
Avec ta carrière footballistique, pourras-tu avoir le temps pour la promotion de ton album ?
La
promotion, je la fais avant. Parce qu'on a un mois de vacances par an.
Je mettrai donc ce mois à profit. Ensuite, au cours de la saison, je
profiterai de quelques jours de répit pour revenir au pays pour le
suivi.