A la télévision ivoirienne deuxième chaîne, un beau
minois fait son entrée en juin 2001. Il se nomme Rommy Roméo Nahounou.
Avec tout le temps qu'il a passé à tutoyer le micro sous les
projecteurs, il a acquis une expérience. De l'émission “Reflet” à
“Vidéo à la carte”, Romy communique sa bonne humeur aux téléspectateurs
de TV2. Actuellement, il réveille les fidèles de cette chaîne les
vendredis, samedi et dimanche dès 6h avec “Aurore”. Hors antenne, il
s'offre à vous.
Préfères-tu qu'on t'appelle Rommy Roméo simplement ou qu'on y ajoute Nahounou ?
Il
faut dire que c'est la presse qui a semé le doute dans la tête des
téléspectateurs, des lecteurs et du public en général. Au fait, quand
j'ai démarré mes émissions, j'ai demandé qu'on mette à l'antenne Rommy
Roméo Nahounou. Les réalisateurs ont abrégé le Nahounou en écrivant
“N”. Et au fur et à mesure le “N” est parti. Et c'est resté Romy Roméo.
Mais deux ans après, j'ai demandé qu'on remette mon nom Nahounou.
Sur quelle antenne bossais-tu avant d'arriver à la télé ?
De
1999 à 2001, j'ai vécu une belle aventure sur City FM. De là à mon
arrivée à la télé, ce fut un pur hasard. C'est à ce niveau que j'ai
senti la main de Dieu.
En quoi Dieu est-il intervenu ?
J'étais encore
étudiant, en maîtrise de lettres modernes quand je suis allé à la télé
pour la promotion de l'album d'un artiste que je “coachais”. A la
pause, tandis que je parcourais le tableau d'affichage, je lis “un
casting pour animateur sur TV2”. Je m'y rends et on me dit que la liste
est bouclée. Mais j'ai insisté à déposer mon dossier et à participer au
casting au cas où quelqu'un se désisterait. M. Bandama Debach l'a
accepté. C'était trois jours avant le casting. Sur plus de 100
candidats, on a été 3 à être retenus. Apata, Amy Dosso et moi. Ces
deux-là ne sont plus là aujourd'hui. Je suis le seul issu de ce casting
qui est resté. Donc, depuis juin 2001, je suis animateur sur TV2.
Avec l'émission matinale “Aurore”, vas-tu laisser tomber “Vidéo à la carte” ?
Je
dirai oui et non. Parce que j'ai d'autres émissions qui sont acceptées
par la direction de TV2. Mais faute de budget, ces émissions ne sont
pas encore mises à l'antenne. Donc, pour l'heure, je ne peux pas
laisser l'antenne vide. Je fais “Vidéo à la carte”, au cas où on me
permet de donner de nouvelles colorations à cette émission, je
continuerai à la faire. Par exemple, je souhaiterais qu'il n'y ait plus
de carte postale. J'aimerais que tout se fasse par Internet. Donc par
des e-mails, des cartes qu'ils pourront nous amener sur un site.
On a l'impression que ton émission est reprise sur RTI-Music…
Si vous le dites, vous qui êtes journaliste, homme de communication,
j'en suis flatté. Le public me le dit aussi. Mais c'était aussi ça mon
objectif. Quand je suis rentré à la télé, je n'ai jamais voulu faire
comme les autres. Je n'ai jamais voulu animer comme un autre
animateur, faire une émission comme une autre qui existait déjà. J'ai
voulu faire une émission de musique qui rentrait dans le quotidien des
artistes. Aller où ils se trouvaient, quel que soit l'endroit. C'est ce
qui a marché dans cette émission-là. Je pense que la télé peut aller
partout et donner du rêve. Et ces jeunes qui font comme moi, qui suis
leur devancier, je pense que c'est un hommage qu'ils me rendent. Je
pense que je suis en train de conduire une vague de nouveaux
animateurs. Je suis le guide.
On dit que tu te la joues trop.
Cela emmerde qui
? Ce que les gens racontent sur moi ne m'intéresse pas. D'ailleurs, ils
ont déjà raconté pas mal de choses à mon sujet. Si aujourd'hui, ils ont
fini de tout raconter sur ma vie privée et qu'ils veulent arriver sur
mon boulot, je crois qu'ils vont se casser la figure.
On te taxe de frimeur et d'avoir la tête en l'air. Qui est Rommy réellement ?
(Rires).
Bon, écoutez. Demande plutôt à ceux qui me sont proches. Je ne saurai
me juger. Ce serait prétentieux. Si vous faites quelques sondages, vous
verrez que j'ai gardé les mêmes amis. Mes amis sont les personnes qui
sont toujours avec moi. Je ne suis pas le mec qui se la joue. Avec
l'éducation que j'ai reçue, je ne suis pas sûr que je manque de respect
à qui que ce soit.
On te voit avec les “boucantiers”. Es-tu animateur-boucantier ou animateur tout court?
Y
a-t-il un problème à cela ? Tu es un animateur télé. Si tu dois quitter
l'antenne et aller t'enfermer chez toi, que diras-tu demain lorsque tu
iras à l'antenne ? Si tu ne sais rien de ce qui se passe en ville ou
d'un mouvement, qu'est-ce que tu peux dire à l'antenne ? Moi, je suis
animateur télé et radio. Il y a des soirées mondaines où je dois être.
Il y a des invitations où tu sens que je dois décliner. Mais, j'y
vais. Peut-être pas pour le plaisir d'être là forcément. Mais
peut-être, en sortant d'une soirée, tu pars avec quelque chose qui
t'inspire pour des numéros d'émissions. Moi, je veux travailler. Si ce
que je fais plaît, c'est parce que ma méthode tient la route.
Aujourd'hui marié. Comment se porte ton foyer ?
Ma femme m'aime toujours. Et moi, je l'aime fort.
T'arrive t-il souvent de faire des “400 coups” ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire.
Ton épouse vie en Europe. T'arrive-t-il de vouloir aller avec une autre femme ?
Mon
épouse vit ici et en Europe. Moi également, je vis ici et en Europe.
Elle décide de rester à Abidjan un à deux mois comme elle veut. Moi
également, je décide d'aller rester auprès d'elle deux à trois mois,
après avoir bouclé mes productions qui me lient à la RTI. Ma femme est
là. Ecoutez, je suis déjà très vu. Je suis sur toutes les lèvres. Il y
a des personnes qui s'intéressent à ma vie. Donc je ne veux pas que la
chose que j'ai de privé, on me l'arrache. Je ne veux pas que la vie de
ma famille soit dans les journaux et sur les écrans. C'est pourquoi
vous avez l'impression que ma femme ne vit pas avec moi. Ma femme est
formidable. C'est une femme quoi ! Elle s'occupe de son foyer et de ses
affaires personnelles. Elle a l'esprit tranquille quand elle sait que
ça marche pour son mari.
Quel genre d'époux es-tu à la maison ?
Demandez à ma femme. Tout se passe très bien.
Un moment, tu voulais faire de la musique. Où en es-tu ?
(Rires).
Au fait, l'album que je devais sortir, il devait y avoir un featuring
avec P.Diddy et Justin Timberlake. Comme je n'ai pas pu les avoir, j'ai
laissé tomber.
Mais les mélomanes
t'attendent ?
Qu'ils fassent tout pour que P. Diddy et Timberlake acceptent. S'ils acceptent, on fera un titre ivoiro-américain.
Parle-nous de ton aventure avec Dothy Z.
Pose-lui
la question. Je pense qu'elle est plus inspirée à en parler. Moi non.
Je la respecte beaucoup, donc je ne peux pas m'étaler là-dessus. Mais
ceux qui sont proches de Dothy et qui me sont proches, connaissent la
vraie histoire. Moi, je ne veux pas m'étaler là-dessus pour son respect
et surtout pour le respect de ma femme.
Tu es issu d'une famille de combien d'enfants ?
De quarante gosses. Mon père était un “bagnon”. Il a travaillé (rires).
Quels rapports entretiens-tu avec tes parents aujourd'hui ?
Je
suis l'espoir de ma mère. Si ça se passe bien pour moi, c'est parce que
ma mère prie pour moi. C'est parce que ma mère me soutient.
Aujourd'hui, la plus grande réussite pour moi, c'est que ma mère soit
fière de moi. Et je pense qu'elle est fière de moi. Donc, j'ai réussi.
Où en es tu avec ton bar ?
Non, je n'ai jamais
géré de bar, ni managé un artiste. J'ai beaucoup d'idées. Et je vends
mes idées. Je travaille avec des gens qui ont assez de “pognons” et qui
veulent investir. Quand je prends une activité, je suis en aval et en
amont. Ça laisse libre cours à certaines interprétations. Si ça peut
faire marcher les affaires, on laisse faire.
Comment te vois-tu à 60 ans ?
Je me vois
avec ma femme et mes enfants dans ma coquette petite villa blanche au
bord d'une mer en Floride ou au Cuba, cigare à la gueule, cognac x.o, à
la main. Et aussi à la tête d'une grosse maison audiovisuelle.
Es-tu spirituel ?
Mon entourage sait que je suis
beaucoup attaché à Dieu. Ma mère, ma femme, mes amis mes frères et
sœurs. Aujourd'hui, on ne peut pas faire un boulot comme celui que je
fais sans être en Dieu. Je pourrais être la proie de ces personnes qui,
pour un rien, s'attaquent à vous. Donc on ne peut qu'avoir Dieu avec
nous. Aujourd'hui, j'ai Dieu avec moi, même si je ne prèche pas à
l'église.
On te jette donc souvent
des peaux de bananes ?
Il
y en a toujours. Il y a des barrières, des blocages. Mais moi, ça me
donne plus de force pour avancer. Je ne saurais avancer s'il n'y a pas
d'épines sur cette route là.
A part l'animation,
que sais-tu faire d'autres ?
Je
suis très artiste. Je suis un homme d'intérieur. Je suis un animateur
de l'art. Les personnes qui me connaissent savent que si je n'étais pas
un animateur radio-télé, je serais un grand peintre, un grand designer,
un grand relookeur.
Que proposes-tu aux
téléspectateurs pour
les vacances 2007 ?
On
va apporter des couleurs auxvacances. Si Dieu fait que j'ai la santé et
l'inspiration nécessaires, j'ai en charge d'animer du 1er juillet au 30
septembre “Couleurs vacances”. C'est un grand programme que TV2 met à
la disposition du public.