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Cote D'Ivoire

Popolaye “Je vais me marier”
Saturday, 08.07.2006, 03:23pm (GMT)





• Vous venez d’avoir un autre trophée…
- Oui, un autre trophée qui mérite sa valeur. Il nous a été décerné par Radio Tiémeni Siantou, une radio camerounaise. C’est après un sondage que cette station FM a réalisé auprès de ses auditeurs qu’on a désigné Les Garagistes comme vainqueur de l’Award du meilleur groupe africain de l’année 2005. Si trois ans après la sortie de notre dernier album, il est toujours dans la course, c’est une bonne nouvelle.



- C’est un honneur pour nous et pour la Côte d’Ivoire. Si cette récompense pouvait se transformer en une véritable assise de paix, je pense que ça ferait du bien à tous nos fans car c’est grâce à eux que nous sommes ce que nous sommes, aujourd’hui. Nous leur dédions donc ce trophée. Et nous disons que nous sommes pour la bonne marche de la musique et nous allons continuer à leur faire plaisir.

• Après cet album qui a beaucoup marché, il y a un calme plat. Qu’est-ce qui se passe ?
- Je pense que le calme plat dépend de l’action du gouvernement. Les artistes ont un véritable problème qui s’appelle la piraterie. Rien n’est fait pour traquer ces pirates qui ne font que distribuer illégalement les œuvres des artistes. Nous perdons beaucoup. Quand on parle de gaîté et d’épanouissement, on fait appel aux artistes et c’est eux, au finish, qui sortent misérables. Je pense que si l’Etat s’impliquait véritablement comme l’ont fait les pays comme le Cameroun et le Ghana, on pourrait contrer la piraterie et tout un chacun pourra s’en sortir.

• Qu’est-ce qui a bloqué le succès sur le plan européen ?
- Nous avons confié toute la tâche à notre maison de distribution. Peut-être que cela n’a pas suffi. En tant que musicien, il faut avoir des attaches à part celles de la maison de distribution, avoir des collaborateurs extérieurs au niveau de l’Europe. Mais c’est désormais chose faite. En avril dernier, nous avons effectué une tournée européenne avec une structure dénommée Focus Production. C’est elle qui va prendre désormais notre carrière en main au niveau de l’Europe. Mais je dis qu’il n’est jamais tard pour entrer dans la cours des grands. Si Dieu le veut, ça va aller. De notre côté, nous allons persévérer et continuer de bosser.

• Pour Tapis Rouge, quel est le dernier chiffre que Showbiz vous a communiqué ?
- Showbiz nous a communiqué
250 000 cassettes vendues. C’est ce que nous retenons car nous ne sommes pas de véritables contrôleurs.


• Un exploit !
- Je dirais que c’est un exploit. Et tous les Ivoiriens savent que notre album s’est vendu comme de petits pains.

• Il est généralement difficile pour un artiste d’aligner deux gros succès ? Comment comptez-vous vous y prendre pour le prochain album ?
- Tout dépend de notre volonté et tout est dans la main de Dieu. On ne dit jamais on va en guerre pour perdre. On va toujours pour gagner. J’ai foi en ce que je fais et je sais qu’il y a un Dieu pour me soutenir. Je vous assure que le prochain sera plus limpide que celui qui vient de passer. Nous faisons un travail lent qui, à la finition, portera ses fruits.

• Votre prochain album s’appellera 6ème Cahier…
- Dans Le 6ème Cahier, on va faire l’historique de la Côte d’Ivoire. Personne ne connaît son origine et on dit que tout le monde est ivoirien. Tout le monde vient de quelque part. Il faut que chacun se dévoile pour qu’au moins nous soyons unis. Comme autres thèmes de l’album, nous parlons des avortements, des marâtres, de l’Europe qui est plus dure qu’Abidjan avec les systèmes, Le 3615, A ta ka bori… Il y a de petits trucs que nous allons essayer de faire ressortir pour réveiller la conscience de tout un chacun.

• Vous envisagiez vous produire vous-même si ça marche. Où en êtes-vous ?
- C’est nous-mêmes qui avions produit l’album Tapis Rouge.

• On parlait de Showbiz ?
- Showbiz est notre maison de distribution. Elle n’a rien à voir avec la production. Elle ne peut pas nous produire car elle ne pourra pas payer ce que nous allons lui demander. L’album a été déposé au nom de six personnes à Showbiz : deux managers et quatre artistes. Nous savons où nous avons recueilli les fonds pour la production. Personne ne peut dire qu’il nous a produits. Partout il se racontait qu’on a vendu notre album à Showbiz, on a fait ceci, on a fait cela… Rien n’a été vendu. On a donné notre album à Showbiz pour une histoire de confiance.

• Aujourd’hui, Salif est malade. Quel est son statut ?
- Il est toujours chef de groupe. Il est là et sa position est toujours maintenue. On ne l’a pas écarté du groupe… Ça nous a beaucoup inquiété et on s’est mis au four et au moulin, je crois que ça va aujourd’hui. Je dis encore merci à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien.

• Vous partagez à part égale les recettes ?
- Oui. Il travaille avec nous et il est tombé malade. Maintenant, il commence à se remettre, il loue une maison, il a une famille. Si on ne le soutient pas, comment il va faire pour vivre ? Chez nous, c’est une complémentarité.

• Pourquoi tu vis toujours à Wassakara ?
- Je vis ici parce que mon inspiration vient d’ici.

• C’est la base de votre réussite ?
- Pas forcément ! Car à un moment, je serai obligé de quitter la maison familiale. En Europe entre 18 et 20 ans, l’enfant quitte la famille. Mais ici en Afrique, à 35 ou 40 ans, on est encore en famille car on est pauvres.

• Mais toi, tu n’es pas pauvre…
Pourquoi je ne suis pas pauvre ? Je suis pauvre et je vis au jour le jour, selon mes moyens.

• Tu as peur de quitter la cour familiale ?
- Non. D’un, je suis le dernier enfant de la famille. Il faut que chacun de nous soit auprès des parents pour répondre présent dans l’immédiat en cas de besoin… Je vais partir si Dieu me donne la route.

• C’est quoi ta situation matrimoniale ?
- (Il hésite) Ça va !

• Tu es marié ?
- Je suis sur la bonne voie pour me marier. Je suis au niveau des fiançailles et j’ai déjà fait la première partie. (Se faire connaître des parents de la fille). Il reste maintenant à déposer ce que de droit. Je peux la présenter à toute la nation, je n’ai pas peur surtout qu’on dit que Paulin n’a pas de femme.

• Ah bon ? !
- Oui, il y a plein de journaux qui en ont parlé. Ma femme mérite bien sa place.

• Qu’est-ce qui a milité en sa faveur ?
- Elle a été patiente, c’est tout. Aujourd’hui, je ne me plains pas si elle est à mes côtés car on échange beaucoup.

• Combien d’enfant as-tu ?
- J’ai deux enfants dignes de moi.

• Deux filles ?
- Une fille et un garçon.

• Et celui que tu n’as pas voulu reconnaître ?
- En fait, ce n’est pas que je ne voulais pas reconnaître l’enfant. La preuve, c’est ma pièce d’identité qui a servi à faire ses papiers. Il y a eu seulement un malentendu entre sa mère et moi après sa naissance. Il porte mon nom de famille et le prénom de mon grand-père.

• Dans le milieu, tu as une réputation de tombeur ?
- Encore moi ! Je ne suis pas un tombeur. Au fait, j’ai un problème : je m’adapte vite à tout le monde. Et dans la collaboration, c’est un peu difficile de me lâcher. C’est cela le handicap. C’est ce qui fait que je ne sais même pas draguer. Je ne peux pas parler comme un poète devant une fille. Je ne sais vraiment pas par où commencer. Peut-être que c’est mon titre qui fait que ça marche. Moi, je ne drague pas mais depuis que je suis petit, il y a du succès dans mon corps.



Omar Abdel Kader | Top Visage







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