Officiant dans la nuit en tant que DJ depuis les années 80 Gueï Bonné Lucien alias Dj Luciano crée l'association des Disc-jockey et animateurs de Côte d’Ivoire (ADJACI) en 2002. Ayant à son actif un album et un parcours sans précédent dans les espaces de la nuit tels que Midnight Express, Wihsky à Gogo, Lucky Luke, cet originaire de Guiglo, nous parle de l'ADJACI et de ses ambitions...
Bonsoir DJ Luciano, comment allez-vous ?
Ça va très bien
Les élections de l'ADJACI c'est pour bientôt, es-tu candidat ?
Ce n'est pas une question de candidature, c'est plutôt une question d'organisation. Donc je crois que même pour être candidat, il y a des formalités à remplir. Que je sois candidat ou pas, il y a des formalités à remplir. Nous sommes en train de nous organiser pour faire les élections. Nous n'avons pas de moyens financiers, c'est pourquoi, nous sommes obligés de reporter les élections à une date ultérieure, c'est ça le vrai problème. Maintenant, ça ne m'intéresse pas d'être encore à la présidence de l'ADJACI. Je souhaite que quelqu'un de nouveau, qui peut faire peut-être mieux que moi, prenne ma place. Je me suis trop investi et ce sont les DJ qui en ont profité, non l'ADJACI. Je suis déçu du public Ivoirien, parce qu'ils n'ont pas compris notre message, ils ne nous ont pas soutenus. Je suis déçu de certaines personnes qui n'encouragent pas les personnes qui s'organisent. Avec tout ce qu'on possède, la Côte d'Ivoire est le seul pays où on aide pas la culture. C'est ma plus grande déception.
C'est vrai que tu ne veux pas être candidat ?
Je suis sous la pression de certains DJ et non des moindres.
Lesquels ?
Je ne peux pas tous les citer. Mais, la majorité des DJ ne veut pas que je me retire parce qu'elle trouve que je suis quelqu'un de dynamique, quelqu'un de disposé, de charismatique et d'humble. Il faut aussi être toujours présent, c’est un peu ça la différence. Pour être président des DJ de Côte d'Ivoire, il faut être toujours auprès des jeunes. Mais, je ne serai plus disponible.
Pourquoi ?
Je suis déçu de nos frères qui critiquent notre musique. En Côte D'ivoire, on a l'art de détruire les artistes. Au lieu d'encourager nos artistes, on leur en veux et on leur met les bâtons dans les roues. Donc, ils n'avancent pas. Je n'ai donc plus la force de courir de gauche à droite. L'ADJACI m'a aussi épuisé financièrement, moralement et physiquement.
Quel bilan peux-tu faire de ton mandat à l'ADJACI. As-tu pu imposer la musique DJ à l'extérieur de la Côte d'Ivoire?
Le bilan, il est largement positif. Depuis que je suis à la tête de l'ADJACI, les DJ ont pris conscience. C'est donc pour moi un bilan positif. Ils vivent de leur musique. Je suis satisfait aussi parce qu'ils ont imposé la musique ivoirienne partout dans le monde et nous ont fait oublier la musique étrangère. Ce sont aussi des créateurs. Aujourd'hui, on ne regarde plus le DJ d'un mauvais œil. Malgré le fait que les temps soient durs en Côte d'Ivoire, les DJ arrivent à créer une bonne ambiance. Aujourd'hui, la nuit est devenue le deuxième pouvoir dans le pays.
Qu'est-ce qui explique que les DJ ne soient pas enthousiastes quand il s’agit de leur association ?
C'est tout simplement de la mauvaise foi. S'ils sont de bons DJ aujourd'hui, c'est parce que nous les avons protégés leurs avoirs, prodigué des conseils pour qu'ils arrivent là. Certains pensent que l'association n'est pas importante parce qu'ils gagnent de l'argent. Mais ce sont les mêmes qu'on oublie rapidement.
Que dis-tu des déclarations récurrentes de Christy B dans la presse ?
Si Christy B n'est pas candidat par rapport à moi, il y a d'autres personnes qui le seront. D'ailleurs, ça me fait ni chaud ni froid qu'il soit candidat, la seule chose qui m'intéresse c'est l'ADJACI. Je suis plus expérimenté que Christy B, je suis aussi plus âgé que lui. Je suis son ''vieux père'' comme on le dit. Je ne vais donc pas me comparer à lui. Je ne rentre pas dans la polémique parce qu'il est jeune, et dit ce qu'il pense. Il y a des candidats encore plus sérieux, comme Alex Funk, Alain Kouassi, Essis, Kid, Max DJ de Yamoussoukro qui attendent pour faire campagne. Mon rôle est de protéger l'association. Et puis, on ne se lève pas pour dire dans les journaux qu'on est candidat. Il y a des critères à remplir. Nous avons des statuts à respecter. Etre président des DJ de Côte d'Ivoire, n'est pas faire le malin. Ce n'est pas ça qui nous intéresse. Il y a des DJ qui arrivent comme des parasites et ceux qui parlent aujourd'hui parce que le mouvement a décollé. Où étaient-ils quand on souffrait ? Quand on créait l'ADJACI avec nos moyens. Où étaient-ils ? J'étais obligé de financer certains déplacements. Aujourd'hui, parce que la mayonnaise a pris, ils se lèvent dans leur salon et selon leur humeur, déclarent qu'ils veulent être président des DJ de Côte d'Ivoire. Il y a une voie à suivre pour être président des DJ de Côte d'Ivoire :
Il faut appartenir à une section et avoir une carte de membre. C'est quand il y a un problème, qu'ils savent où est le siège de l'ADJACI. Mais quand ça va , ils oublient l'association. Nous avons mené pour certains DJ qui étaient malades des actions. Mais malheureusement, ils sont décédés. Nous nous entêtons pour les soutenir. Ceux qui sortent des albums qui ''cartonnent'', sont chez eux. Et quand tu leur parles de l'ADJACI, ils disent de voir leur manager, parce qu'ils sont devenus des stars. Mais un album ça passe.
Quelles sont tes obligations à l'UNARTCI ?
Mes obligations à l'UNARTCI ? Je suis un membre fondateur de l' UNARTCI, et je fais partie du bureau. Comme je suis un grand mobilisateur. Le président Gadji Celi m'a confié comme tâche, la mobilisation et l'organisation.
Est-ce terminé la musique pour DJ Luciano ?
Non pas du tout. Je suis en train de trouver un remède avec le président Gadji Celi contre la piraterie. J'ai sorti un album et, je n'ai pas jugé utile de faire les clips et les spots, même si j'ai vendu ''un peu'' par rapport à d'autres qui ont fait les spots. Mais, je me rends compte que j'ai eu raison parce que ça m'aurait servi à rien. Cela fait maintenant 20 ans que je suis dans la musique. J'ai été danseur avec Ziké, Bernard Clan qui est à Clancampbell, Jean Marcel Tapé, Moses Djinko.. Ensuite, je suis allé à Abidjan ''City Breaker''. J'ai la musique en moi. Aujourd'hui, les gens sortent des albums pour avoir le cachet des prestations, puisque l'album ne se vend pas. J'ai de l'ambition…
César Gravier
paulcesarbe@yahoo.fr