Pour ceux qui ont connu Soumahoro Moriféré dans les années 1990, le boucan, ça ne date pas d'aujourd'hui. Le jeune garçon frêle qu'il était faisait déjà beaucoup de bruits dans les nights. Au temps où les matinées battaient leur plein. Leur QG, c'était le Raphia, le Majestic ou le Blue Note. Mory, fils d'un haut cadre, à l'instar des adolescents de son âge s'amusait à extorquer des fonds à ses parents. Le “chiemment”, comme on le disait. Et c'était la bamboula à fond la caisse. Les champagnes déjà à cette époque coulaient à flots. Parti en Europe, Mory revient sous le pseudonyme de Molaré. Un premier album intitulé “Boucan”. Et ça fait boom. Son compagnon de toujours Stéphane Doukouré le lâche dans cette gloire certaine. Pendant un an, il porte son deuil. Le retour de Molaré sur le marché discographique, c'est dans peu de temps. Mais bien avant, il a des messages à faire passer. Suivons-le.
Un an après la commémoration des un an du décès de Douk Saga, on te retrouve en Côte d'Ivoire. Les raisons.
Elles sont simples. Pour la levée de mon deuil, nous avons organisé de belle manière sur Paris un concert hommage à Douk Saga. Et lorsque nous étions dans les préparatifs de cette fête, j'ai eu Boro au téléphone qui m'a dit qu'il y avait une organisation qui se mettait en place à Abidjan. En dépit d'un programme très chargé, j'ai tenu à venir par rapport à ce qui était prévu. Finalement, ça n'a pu avoir lieu.
Tu dis avoir porté le deuil de Saga pendant un an. Comment l’as-tu vécu ?
Chacun vit son deuil à sa manière. J'ai décidé de ne pas sortir d'album pendant ces un an. J'ai limité mes parutions dans la presse. C'était une manière pour moi d'être solidaire de mon ami. Même s'il n'est plus là. De soutes les façons, Saga et moi, ce n'est pas un adieu en tant que tel, ce n'est qu'un au revoir parce qu'on se verra bientôt. Personne ne sait de quoi est faite la suite de notre vie.
Un an de discrétion, pas de sortie d'albums. Cette interview fait partie des premières que tu accordes après une année sabbatique. Qu'as-tu à dire d'entrée de jeu après pas mal de choses qui ont été rapportées ?
Depuis un an, c'est vrai, je ne me suis pas exprimé. Mais j'ai toujours dit que Dieu va faire mon palabre. Beaucoup de personnes ont fait des sorties dans la presse, mais jusque là, je n'ai pas levé le petit doigt. J'ai pris du recul pour laisser le temps faire les choses.
Veux-tu dire que pendant les un an où tu es resté dans le silence, l'on a oublié ce qui a pu être dit ? Au delà, quelle est ta part de vérité ?
Ma part de vérité est toute simple. Ceux qui ont crié dès les premiers jours n'étaient que des passionnés. Après l'on a appris que tout cela n'était qu'un coup monté.
C'est à dire ?
L'on a amené des personnes à crier. Un mouvement de foule a été monté de toutes pièces. Une à deux personnes ont crié assassin, dix autres ont suivi. Et cela a embrasé la foule. Mais lorsque j'arrive à Ivosep, et que des gens crient “Molar, Molar…”. Et que les mêmes dix personnes s'y retrouvent pour dire autre chose, allez-y comprendre quelque chose. Le président Gadji m’a prié de libérer les lieux ainsi que ma famille. Mais je n’ai pas obtempéré parce que, j'étais là pour les funérailles de mon ami. Par la suite au cimetière, j'ai été soulevé, acclamé. Au moment où des personnes de mauvaise foi m'avaient conseillé de ne pas me rendre au cimetière, ni à la veillée. Si j'avais suivi ce genre de recommandations, les choses seraient pires.
Veux-tu dire que tu as été victime d'une conspiration ?
Evidemment. Mais je ne me sens pas tellement victime. Parce que Dieu m'a donné beaucoup de belles choses. Dans la vie d'un homme, il n'y a pas que du positif. Il faut que Dieu t'éprouve quelquefois pour tester ta foi. Et ces épreuves m'ont forgé. Jusqu'à preuve du contraire, je continue de donner des concerts. J'ai le même buzz d'antan. Ça va !
Avant le décès de Douk Saga, la Jet Set a été gagnée par la division. Les raisons ?
On peut dire qu'il y avait un semblant de déchirement. Lorsque Saga était malade, c'était déjà très difficile, parce que nous ne sommes pas des professionnels de la presse, ni de la communication. Nous sommes arrivés dans un mouvement où nous avons été adoptés. On n'était pas entourés de professionnels. De surcroît, nous n'étions pas préparés à ce que l'un des nôtres tombe malade. Parce que nous ne sommes pas Dieu tout simplement. Douk Saga est tombé malade. Et en faisait beaucoup à sa tête. Des personnes nous ont demandé de communiquer pour ce que nous faisions pour lui. Des gens dans son entourage ont eu des écarts de langage dans la presse. Sachant tout de même ce que nous avons fait pour lui. Parlant de soutiens moraux, et financiers. Comme nous le pouvions. Jusqu'à toucher des relations en Suisse où il se soignait.
Quand tu dis “on a fait ça… nous avons fait ceci ou cela…” Mais l'une des rares personnes qui s'est dégagé du lot pour porter public ses actions, est bien Jean Jacques Kouamé, comment avez-vous vu ses démarches ?
Après les événements “d'assassin” et tout ça, en prélude à l'organisation des veillées, j'ai eu un entretien privé avec Jean Jacques Kouamé. Et je lui ai fait remarquer qu’il a utilisé Douk Saga pour faire sa promo. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup parce que nous nous connaissons depuis très longtemps. Je lui ai dit ça de manière crue. C'était à la faveur d'une soirée privée à l'Hôtel Ivoire. Serges Defallet était là. Mais Jean Jacques et moi étions côte à côte. Il m'a dit Mory, franchement, je n'ai pas voulu utiliser Douk Saga pour faire de la communication. Et d'ajouter que c'est mieux que nous en finissions avec cette discussion, sinon Stéphane n’ira pas en paix. Je veux dire Vergès, tu es journaliste et tu me connais depuis pas mal d'années. Je suis très direct dans mes rapports avec les gens. Et je dis les choses telles que je les ressens. Je lui ai dit que ce qu'il me racontait ne me convainquait pas. Et ce, du fait qu'il y a des choses qu'on a entendues et des conversations très privées au téléphone au cours desquerelles Stéphane me parlait en pleurs.
Qu'est-ce qu'il te disait ?
Il m'expliquait sa souffrance. Deux à trois mois avant son décès, j'étais très remonté contre lui, parce que les informations qui me revenaient, étaient qu'il refusait totalement de se soigner. Je suis parti au Bénin. Pour un concert. Pendant ce séjour, Alphonse Quenum et Laurent Oula étaient à Lomé. Où le président lui a remis de l'argent. Ses portables, son argent et ses bijoux, y ont même été volés et il a su que j'étais à Cotonou. Il m'a fait appeler. Lorsqu'on m'a expliqué le problème, j’ai décidé de lui apporter de l'argent, sans pour autant communiquer avec lui. Donc Alphonse l'appelle en ma présence. Maman Lydie, Serges de Fallet, des promoteurs de spectacles et Yves Zogbo Junior étaient témoins. Mais je n'ai jamais voulu communiquer sur ce genre de choses. J'ai refusé de parler à Stéphane. Yves Zogbo et Serges de Fallet m'ont raisonné. Et j'ai abdiqué. En lui disant, qu’on louera une voiture pour Alphonse, il t'enverra de l'argent, afin que tu te soignes. Je dis toutes ces choses, parce que j'ai décidé de lever mon deuil… Nous avons donné l'argent que nous pouvions. Au téléphone donc, je l’ai exorté à se soigner. Par la suite, je lui ai dit : “vraiment, on est avec toi, mais si tu nous quittes, parce que tu n'as pas voulu te soigner, ça va être dommage. Parce que tu as tout ce qu'il te faut pour te soigner. Tu as de l'argent. Je connais tes liquidités. Je sais que moralement tu as pris un coup, parce qu'on t'a volé de l'argent, tes bijoux… Mais comme nous sommes beaucoup à te parler au téléphone, continue de te soigner, je vais te laisser un mot que Alphonse va te faire parvenir”. Et je lui ai même dit, “si tu veux, on te paye un billet pour que tu rentres sur Abidjan”. Il a demandé qu'on lui envoie de l'argent, et que lui même trouvera la date qui lui conviendra pour quitter Lomé. Nous avons réglé ce qui devait être fait et Alphonse est parti en voiture de Cotonou à 5 heures du matin pour Lomé. C'est un fait parmi tant d'autres. Et même lorsqu'il était en Suisse avec Gauthier, nous étions fréquemment en contact. Mais quand quelqu'un est ton ami, et qu'il est malade, je ne trouve pas qu'il y a une gloire à venir dire que tu aides ton ami. Je n'y vois pas d'intérêt. Nous avons tourné avec Douk Saga, en le montrant fort. C'était pénible pour nous de le voir en loque dans la presse. Il n'y avait rien à y gagner, mais tout à perdre. La preuve, nous avons tout perdu.
Que retiens-tu de cette période où tu as reçu des coups, où certaines choses ont été dites, auxquelles tu n'as pas répondu ?
Ce sont des expériences de la vie. Et je voudrais profiter de votre micro pour remercier mes parents. Quand il y a eu des problèmes, ils m'ont appelé et m'ont dit, Mory on sait que notre fils est capable de tout, sauf de certaines choses. Stéphane, tu l'as toujours reçu chez toi. Tu as notre bénédiction. Reste comme tu es et n'aie pas peur de dire ce que tu as à dire. Il ne faudrait pas que ce métier te fasse perdre ta dignité. Ils m'ont dit des paroles fortes qui m'ont revigoré telles: “Tu as eu beaucoup de bonheur, de la chance… tu es arrivé à un niveau où certains de tes aînés qui ont 20 à 30 ans de musique n'ont pas eu ce que toi, tu as eu en si peu de temps. Et si Dieu le veut, ça va continuer”. Et Dieu merci, j'avance. Je trace mon petit bonhomme de chemin. J'ai pris beaucoup de coups. Mais, c'est ça aussi un homme.
Pour revenir à la division au sein de la Jet Set, tu dis que cela est venu de votre immaturité dans le domaine de la communication. La division est claire. Que comptez-vous faire pour recoller les morceaux ?
Nous ne sommes pas véritablement divisés. Il y a juste des problèmes de personnes.
C'est quoi ces problèmes de personnes ?
Ce sont des choses toutes simples. Je prends le cas de l'interview que Lino vous a accordée. Il a dit des choses. Moi, j'ai 12 ans d'amitié avec quelqu'un. Je sais qu'il ne s'adonne pas à ce genre de pratiques depuis que je traîne avec lui. Mais je ne suis pas content du fait que Lino vienne donner une telle interview. Il sait qu'il s'appelle Lino Versace et qu’il appartient à la Jet Set. Lorsqu'il fait une déclaration pareille, le public nous met dans le même lot. Et il le fait sans nous en parler.
Il a sa personne avant la Jet Set tout de même ?
Mais que tu fasses des sorties… que je qualifie d'hasardeuses dans la presse, sans en discuter avec ses amis... Je veux dire en tant qu'amis, nous faisons office de conseiller, l'un pour l'autre.
Si tu étais à la place de Lino Versace, et que le journaliste te posait la même question, te disant que tu es marié à Doh Marie Jeanne avec deux enfants. Mais que tu aurais une déviation sexuelle, que repondrais-tu ?
Moi, je ne réponds pas à cette question. Parce que c'est une injure faite à la fois à ma femme, ma famille et à ma vie. Donc c'est une atteinte personnelle. Tu me poses une question comme ça que l'interview s'arrête à l'instant. Je ne connais pas ce genre de déviations. Je suis fils de musulman. Avec tout le respect que j'ai pour mes parents, qu'on ne me sorte même pas un truc comme ça. Je suis marié. J'ai deux enfants.
On va s'y arrêter là… Parlant de division, toi et Lino, ne vous parlez pas. Idem avec Serges de Fallet. Vous n'avez pas été au concert de Jean Jacques Kouamé. Autant de signes si évidents de divisions. Pourquoi ne pas le dire ouvertement et palier ces déchirements ?
Je t'explique très simplement. Avec Lino et Serges, j'ai eu un problème par rapport à des enregistrements en studio à Paris. Je leur ai présenté des personnes et ils ont eu des écarts de langage. Tout cela, c'était dans la rigolade. Je ne dis pas que tout ce que je fais est bien, parce que je suis très impulsif. J'ai des principes de vie qui font que lorsque je suis avec des amis, c'est à 100%. Lorsqu'il y a eu des propos dans la presse, Lino a trouvé que nous ne l'avons pas assez soutenu. Je lui ai tendu la main, et il n'a pas répondu. Mais je peux dire, Vergès, à l'heure actuelle, nous nous entendons à merveille. Entre nous mêmes, qui nous connaissons depuis des années, nos problèmes ne durent pas. Pour la mémoire des gens, nous sommes toujours en histoire, or ce n'est plus le cas. Pour leur passage sur Canal+ par exemple, nous devions être ensemble, mais j'étais en déplacement en Suède. Si vous écoutez bien le morceau qu'ils sont en train de promouvoir, j'y ai participé. Mais je ne suis pas dans le clip, à cause de mes incessants déplacements. Tout compte fait, j'aurais mes droits d'auteurs. Pour donc parler de scission, il n'y en a pas. A propos de Jean Jacques Kouamé, il a invité Abou Nidal, Affo Love…. ceux qui pouvaient être là. Le concert a coûté à Kader Djiré et sa structure Mediatics qui l'ont organisé, près de 35 millions. On se dit beaucoup de choses, parce qu'on a eu à travailler ensemble par le passé. Je ne pense pas que c'était nécessaire de payer des billets d'avion pour que nous venions faire deux ou trois morceaux. On aurait pu se saisir de cet espace pour nous retrouver sur une même scène, mais le coût a primé sur cette volonté.
Ton nouvel album, brièvement…
C'est l'album de la maturité. Beaucoup de titres chantés, un peu d'ambiance. Il y a même eu un morceau zouglou, juste pour montrer aux zougloumen que pour chanter, il faut l'apprendre, aller à l'école. Et que moi je ne vois pas qui est meilleur que qui. Quand bien même, je ne me prends pas pour le meilleur chanteur de Côte d'Ivoire. Celine Dion continue à prendre des cours de chants, Johnny Halliday également, malgré ses millions de disques vendus de par le monde. Je viens avec un album mature qui sera précédé de tout un programme marketing radio, télé, presse. Pour le titre éponyme, ce sera soit, “levée de deuil” ou “l'album de la maturité”.
Un hommage à Saga ?
Je suis en réflexion. Parce que je n'ai pas envie de me glorifier dans cette histoire de Saga, pour dire que j'ai fait une chanson pour me nettoyer ou quoi que ce soit. L'hommage que nous lui avons rendu en studio dès les premiers jours de sa mort est assez émotionnel… Et cela s'est ressenti, aussi bien dans les voix, que dans les textes… L'on retrouvera sur mon œuvre deux compositions avec Mokobé, un avec Mirage Supersonic… Il y a des titres que j'ai chantés entièrement. Des morceaux sont dédiés aux mamans et aux enfants de la rue. J'ai exploré mon concept du coupé décalé en musique et en chanson. J'ai une carrière de chanteur. Et je propose une œuvre à l'appréciation des mélomanes. Je suis assez content du travail abattu.
Tu as fait allusion tout de suite aux artistes zouglou. A propos d'une interview de Magic System sur un site Internet et relayé par un magazine ivoirien, tu aurais un message à faire passer...
Ma déclaration est simple. La guerre a commencé en Côte d'Ivoire en 2002. Que l'on reconnaisse, que lorsqu'on parle de la Côte d'ivoire en terme musical, le coupé décalé a une place de choix. Je reviens du Congo. Dans le pays de notre aîné Koffi Olomidé, Fally Ipupa qui est adulé ici, les gens nous écoutent. Le titre qui marche actuellement au Congo, c'est le mixage de Hervé Denon qui date de quatre ans. Le coupé décalé a changé la donne. Magic System, c'est un groupe africain, mais Ivoirien avant tout. Ils doivent être les ambassadeurs de tout ce qui touche à notre culture. Je n'ai pas encore vu d'artistes coupé décalé qui les dénigrent. Qu'ils évitent dans leurs déclarations de tenir ce genre de propos. Je me rappelle un à deux ans en arrière, sur leur titre Bouger Bouger, ils disaient "maintenant, c'est farot farot, petit vélo, coupé décalé. Dans le clip de leur titre, “c'est cho, ca brûle”, tous les artistes invités, Pokora, Leslie et autres exécutaient des pas de “Gningin Gningin”, qui ne sont autres que des pas de coupé décalé. Le grand public ivoirien ne le sait pas, mais Vergès, toi qui étais à Paris, sais que le groupe Magic System fait des ambiances “coupé décalé” pendant ses spectacles. Parce que tu as couvert beaucoup de leurs événements. Dans les journaux où tu as travaillé, on pourra retrouver ces écrits. Je ne passe pas par dix mille chemins pour le dire. Tu es un témoin oculaire. Maintenant s'ils veulent critiquer le mouvement, qu'ils le fassent. Ils ne sont pas de véritables ambassadeurs du zouglou parce que nous, en tant qu'ambassadeurs du coupé décalé, on a aidé pas mal d'artistes. On prend le cas de Mokobé qui a chanté avec Lewis. J'ai pris Arafat qui a fait un featuring avec Mohamed Lamine. Je continue à creuser pour que les artistes coupé décalé puissent évoluer. Mais parmi les artistes zouglou ivoiriens, je ne vois pas à qui, A'salfo a tendu la main. Je ne dirais pas A’salfo seul parce que, c’est tout un groupe. Ils sont une entité en Côte d'Ivoire que l'on respecte. Je pense en cela qu'ils doivent pousser les artistes ivoiriens dans leur ensemble, à aller de l'avant. Parce que ce sont les premiers ambassadeurs de la musique urbaine jeune en Côte d'Ivoire. Qu'ils connaissent et sachent leurs rôles, de sorte à ce qu'il n'y ait pas ces genres de sorties hasardeuses dans la presse. Parce qu'ils sont encadrés par des professionnels. Et il y a des choses à ne pas dire.
Ton message à l'endroit de Magic system est assez clair. Mais n'y avait-il pas des antécédents ?
Pas forcément. Je ne vis pas sur la base des rumeurs. Nous avons confiance dans les propos relatés par la presse. Par ailleurs, il ne faudrait pas que cette confiance soit de mise, lorsqu'on parle bien de toi. Autant, on parle mal de toi… Ils n'avaient pas encore fait ce genre de déclaration. Et de surcroît sur Internet où tout est relayé. La preuve, un magazine de la place l'a repris. Ils jettent l'opprobre sur la musique Ivoirienne. Or celle-ci a beaucoup contribué à oublier la soit disant guerre que nous avions vécue. A l'unanimité, chaque entité sociale y compris les artistes. En Côte d'Ivoire, on considère Magic System comme les leaders du zouglou, donc leurs déclarations doivent militer à rassembler. Au Burida, lorsqu'on te remet ta carte de membre, c'est écrit artiste, tout court. On ne met pas artiste zouglou, ou artiste coupé décalé…
C'est le retour de Molaré. On peut s'attendre à toi aux premières loges ?
Tu peux y compter. Tout dépend du public, la presse, ma famille. De l'état d'esprit. Et si c'est le cas comme je me sens actuellement, il n'y a pas de raison que les choses n'aillent pas de l'avant. J'ai beaucoup travaillé sur cet album. Je suis fier de certains artistes tels Abou Nidal qui maintiennent le flambeau. Il y a des morceaux de fatigué fatigué, bobaraba qui sont très bons. Mais nos titres promo n'ont que trois mois de durée de vie. Et ça me fait très peur. Or il faut une continuité dans l'action. Parce que nous pouvons faire mieux.
Réalisée par Guillaume Vergès