Ça va, vous bougez beaucoup ?
- (Shaolin) On ne s’en plaint pas trop. On est très sollicités pour les spectacles et notre cote de popularité a monté d’un cran par la grâce de Dieu. Et en plus, je dirais qu’on a gagné la confiance de beaucoup de mélomanes dans la mesure où on a joué en live au Concerto pour l’Indépendance, édition 2006 et à Podium où nous étions invités samedi dernier. On a aussi gagné un trophée aux RTI Music Awards 2006. En termes de bilan, on peut dire que ça va. On arrive à joindre les deux bouts.
• Qu’est-ce que ce prix vous fait ?
- (Sybill Valère). C’est un grand plaisir pour nous dans la mesure où nous sommes à notre premier album. Ce n’était pas évident de remporter ce prix mais, je crois que c’est le travail bien fait qui a été récompensé.
• Vous voulez dire que vous vous attendiez à ce succès ?
- (Dr Vétcho). Quand on prend son travail au sérieux, on s’attend à des retombées positives. Donc, on s’attendait à ce succès car on a confiance au travail qu’on a proposé au public. Maintenant, on ne s’y attendait pas car on n’est pas Dieu qui seul, peut savoir si une œuvre va marcher ou pas.
• Oui, Shaolin ?
- J’abonde dans le même sens que Dr. Vétcho. On s’attendait à ce prix car on a abattu un boulot colossal pour la réalisation de cet album. On avait foi en ce que cette cassette nous apporterait des choses positives dans notre vie. Ce prix n’est autre que la récompense d’un travail fait avec beaucoup de hargne.
• Qu’est-ce qui vous met tant en confiance ?
- (Shaolin). Je dirais que notre album est multidimensionnel. On l’a baptisé Multi Dimension parce qu’il comprend dix titres de plusieurs styles musicaux. Nous avons reçu l’award du Meilleur album de variété de l’année. Je crois que les gens ont jugé la variété de notre style musical.
• Comme ça marche, vous avez abandonné Anyama…
- (Shaolin). On n’a pas quitté Anyama. On y est en esprit et on y va de temps en temps. Mais le problème, c’est le trajet. Il est très difficile pour nous de nous déplacer tout le temps d’Anyama à Abidjan.
• Depuis que ça va chez vous, vous rencontrez des difficultés sur la route…
- (Shaolin). Ecoutez, au départ on le faisait mais on rencontrait beaucoup de difficultés et c’est forts de cela qu’on a décidé de venir habiter chez notre manager à Marcory. Ce n’est que momentanément. C’est juste le temps d’asseoir le socle d’une véritable carrière musicale. Nous avons tous, nos familles à Anyama. Donc on ne peut pas abandonner Anyama.
• Dr. Vétcho
- Anyama est notre source d’inspiration. C’est là-bas que nous avons été inspirés pour sortir notre premier album. C’est vrai qu’on n’est plus là-bas. Mais c’est juste pour des contraintes du show-biz. Il faut être plus proche d’Abidjan car on sait que le show-biz en Côte d’Ivoire, c’est Abidjan. Notre staff a décidé de nous regrouper dans un endroit où on sera plus concentrés pour bosser. On est à Marcory juste pour travailler.
• Sybill
- Anyama est notre base. C’est Anyama qui nous a formés. Quand quelque chose te fait et que tu le lâches, tout ce que tu fais devant ne marche plus. Dès qu’on a un bout de temps, on part rendre visite aux parents avec notre manager, on va au Kontinental, le maquis dans lequel tout est parti.
• Comment ça se passe ici ?
Vous dormez tous dans la même chambre ?
- (Shaolin). Bon, Sybill Valère et Vétcho sont dans la même chambre et moi, j’occupe seule une autre.
• Vous voulez dire que vous n’avez pas de go, quoi…
- (Shaolin). On ne vit pas ici avec des filles. On vit en boy’s band (Rires).
• Dr. Vétcho
- Non, on n’a pas de go ici. Nous sommes chez notre manager. Et puis, on n’est pas totalement libres. On est juste là pour travailler. On ne veut pas mélanger vie de foyer et boulot.
• On vous connaît moins sur ce plan-là. Etes-vous mariés ?
- (Sybill). Non, je ne suis pas marié !
• Et toi Shaolin ?
- Ni marié ni fiancé. Pour moi, les fiançailles constituent un engament très important que les gens ont tendance à banaliser.
• Et le docteur ?
Je suis avec quelqu’un mais je ne suis pas marié.
• Vous êtes les chouchous des nanas mais on ne vous voit jamais avec des filles. Comment faites-vous ?
- Dr. Vétcho En cela, je bénis Dieu qui agit en notre faveur. Il y a aussi notre staff qui nous donne de bons conseils. Les filles viennent ici mais, on sait comment nous y prendre pour ne pas tomber dans leurs pièges.
• Sybill
- Nous avons eu la chance de travailler avec quelqu’un qui a de l’expérience car il a déjà bossé avec Gadji Celi. Il sait faire la différence entre une fan et une amoureuse. On peut recevoir une fille ici, on sympathise et on fait tout pour qu’elle nous prenne pour des amis ou des frères. On ne lui laisse pas le temps d’aller au-delà.
• Vos copines ne viennent pas ici ?
- (Dr. Vétcho) Non, ici, c’est le lieu de travail. Il ne faut pas mélanger boulot et puis sentiments. Quand il y a lieu de se voir, on se voit ailleurs.
• Vous jouez les saints pourtant dans le milieu, on parle de la relation de Shaolin avec l’animatrice Gildas Salomé ?
- Je vais encore me répéter. Gildas Salomé est la chargée des relations extérieures du staff de Konty DJ. Maintenant, si les gens nous voient ensemble, je trouve cela normal. Mais il n’y a pas de relations amoureuses entre nous. Au départ, les gens croyaient que c’était la petite amie de Dr. Vétcho car ils s’entendent très bien. C’est par la suite qu’on a commencé à parler d’elle et de moi. Que les gens pensent ou disent ce qu’ils veulent, moi, je ne sors pas avec elle.
• C’est surprenant de la voir dans votre staff.
- C’est vrai, au départ, Gildas n’était pas dans notre staff. Mais on s’est dit que RTI Music est la maison qui s’occupe du volet musical au niveau de la RTI. Il est intéressant pour nous d’avoir quelqu’un de cette structure pour suivre notre carrière. En plus de cela, Gildas est chargée des relations extérieures du groupe c’est-à-dire, la recherche de partenaires et autres sponsors. Je connais personnellement Gildas Salomé depuis notre enfance.
• Avez-vous des enfants ?
- (Shaolin). Aucun de nous n’a d’enfant.
• Qu’est-ce que chacun reproche aux autres ? Toi Shaolin ?
- Dr. Vétcho a tendance à ne pas se rendre compte de la valeur qu’il a. En clair, il ignore qu’il a un talent énorme. Sybill Valère est un garçon fou qui n’aime pas écouter ce qu’on lui dit. Il y a aussi qu’il n’aime pas qu’on lui fasse des reproches. Et quand on lui donne des conseils, il n’écoute pas. En gros, il n’en fait qu’à sa tête.
• Dr. Vétcho ?
- Moi, j’ai l’esprit rasta. Je n’aime pas juger les gens. Je m’habitue à eux et puis ça passe, quoi. Tous les comportements sont normaux. Il arrive des jours où on rit, des jours où on s’énerve, mais ça fait partie de notre quotidien.
• Ce n’est pas possible de vivre à trois sans se reprocher quelque chose…
- En fait, quand quelqu’un fait quelque chose qui n’est pas bien, je lui dis ça sur-le-champ. Mais comme je ne suis pas sûr que cela soit son comportement, alors je ne peux pas le lui reprocher. J’aime tout le monde.
• Et toi Sybill ?
- Pour moi, Dr. Vétcho est trop distrait et puis, il se moque un peu trop des gens. Ce qui n’est pas bon. Quant à Shaolin, il aime qu’on fasse toujours ce qu’il décide. Il n’est jamais prêt à suivre l’idée de quelqu’un d’autre.