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Gadji Celi, Artiste chanteur“J'ai eu des problèmes” Friday, 13.10.2006, 10:14am (GMT)
* Comment vont les choses, Gadji ? - Les choses vont bien. A part qu'on est un peu fatigué ces derniers temps. * A quel niveau se trouve aujourd'hui ta carrière musicale ? - Ma carrière musicale va bien également. Je bouge beaucoup encore. Au moment où vous m'interrogez, je suis choisi avec d'autres artistes pour jouer pour les 50 ans de la CNPS. Il y a pratiquement un mois et demi que j'étais aux USA pour des spectacles. Tout ça pour dire que je bouge encore. C'est vrai, j'ai suspendu toutes les activités pour mettre sur les rails la nouvelle union des artistes à la tête de laquelle j'ai été porté. * Et qu'en est-il pour ton album dont on avait annoncé la sortie ? - L'album est là. Il est fini. Mais je retarde sa sortie parce que j'ai mis beaucoup d'argent derrière ce produit. Cela va me faire très mal de voir la copie de cet album être vendue à 1000 F au bord de la route. Parce que nous les chanteurs qui assurons nos propres productions, il faut qu'on rentre dans nos fonds et qu'on gagne. Donc quand on constate que le milieu n'est pas assaini pour faire de bonnes ventes, il faut attendre le moment opportun. Et je pense que les artistes devraient comprendre les choses de cette façon. Parce qu'il ne suffit pas de sortir seulement les albums. Il faut pouvoir les vendre aussi puis gagner de l'argent. Maintenant, ceux qui ne comptent pas sur le succès commercial mais qui voudraient se faire voir en permanence ont décidé de sortir des albums à tout moment, ils peuvent le faire. Ça c'est leur choix. Mais, quant à moi, mes fans doivent patienter encore pour la sortie de cet album parce et j'ai énormément misé sur ça et je ne voudrais pas perdre. * Combien a coûté cet album ? - Je ne peux pas estimer cela aujourd'hui en francs mais ce qu'il faut déjà retenir, c'est que la préparation a démarré depuis 2002 avec trois arrangeurs différents : David Tayorault, Manu Lima et Koudou Athanase. J'étais même en studio quand tout a éclaté au pays, j'ai eu des problèmes. Et depuis ce temps, la situation musicale évolue en conséquence. Tant que l'album n'est pas encore sorti, il faut l'adapter au temps et à l'environnement parce qu'on peut retrouver souvent le son sur d'autres albums. Chaque fois, il fallait aussi se rendre au Sénégal chez Manu Lima ou le faire venir pour travailler sur l'album avec les autres pour harmoniser les colorations musicales. Tout ça, il y a des billets d'avion, l'hébergement à l'hôtel que je paie David aussi allait également en France pour travailler sur l'album. .. Il y a donc tous ces aspects pour dire que l'album est colossal et donc son budget a été aussi gros. * C'est vrai que tu avais tout suspendu par rapport au terrain miné par la piraterie et autres mais n'empêche que tu as fait des featurings et même des singles comme celui sur les Eléphants. Tu n'as pas voulu le vendre. Est-ce parce que tu as déjà beaucoup d'argent ? - Non. Je voulais tout simplement rendre hommage à mes jeunes frères qui nous ont conduits à la Coupe du Monde en Allemagne. Voilà des jeunes qui tiennent la tête à l'Argentine, à la Hollande avec des scores très serrés et les Ivoiriens ne sont pas contents d'eux. Des pays qui ont au moins 50 ans de coupe du Monde, vous voulez forcément les battre. Ecoutez, soyez raisonnables et moins exigeants. Il faut connaître qui est en face de toi. On pouvait même créer la surprise, mais c'est le manque d'humilité des Ivoiriens qui a fait ça. Moi, j'ai été content de mes jeunes frères, c'est pourquoi je leur ai dédié ce single que j'ai fait à but non lucratif. J'avais un petit budget donc j'en ai profité pour faire ce titre. Je ne suis pas allé au bout du clip et même de la promo parce que je n'ai pas voulu faire de l'album quelque chose de collé à l'évènementiel. Parce qu'une fois le Mondial terminé, l'album serait mort. J'ai gardé cela donc pour rendre hommage à mes jeunes frères à tout moment. Sinon ce n'est pas parce que j'ai beaucoup d'argent. On a cherché à jouer la Coupe du Monde en notre temps et on n'a pas pu. Si nos jeunes frères l'ont réussi, il faut vraiment les encourager parce qu'ils l'ont fait à toute la Côte d'Ivoire. C'est tout. * Tu as été fait Ambassadeur de la lutte contre beaucoup de pandémies à savoir le Sida, la polio. Récemment, c'était le cancer. Tu as été fait également Ambassadeur itinérant à l'AIBEF… Qu'est-ce que Gadji recherche au juste derrière tout ça ? - (Il rit). Ce n'est pas à moi que vous devez poser cette question. C'est pas moi qui recherche quelque chose. Mais c'est plutôt ceux qui me sollicitent. Parce que, ce qu'il faut retenir, c'est que ce sont des gens ou des organismes qui me sollicitent. Je ne peux pas me lever comme ça et puis m’auto-proclamer ambassadeur. Vous savez, depuis mon premier album jusqu'à mon dernier, j'ai toujours chanté tout ce qui est mal dans notre société. Tels que le Sida, la pauvreté, les handicapés, etc. C'est en suivant donc mes compositions et ce combat-là que les organismes comme l'OMS et bien d'autres m'ont choisi comme Ambassadeur. Je ne peux dire non, parce qu'à travers moi et mes actions, on veut sauver des vies. En pareille circonstance, il ne faut pas refuser, il faut accepter et ensemble, vous allez, trouver voies et moyens pour accomplir les missions qui vont ont été assignées. * Tout ça n'est pas un lourd bagage pour toi seul ? - C'est lourd et c'est pas facile mais par la grâce de Dieu, nous allons y arriver. * On a appris que tu as claqué la porté au REPMASCI où tu occupes le poste de vice-président chargé de la mobilisation des artistes. Est-ce vrai ? - Non. Je fais bel et bien partie du REPMASCI et je n'ai pas claqué la porte. * Mais il se raconte que c'est à cause du choix d'une chanson appartenant à Fadal Dey qui ne serait pas de ton goût et bien d'autres artistes de votre réseau qui t'ont poussé à cette décision, à tel point qu'il y a eu division… - Le REPMASCI a beaucoup progressé. L'équipe avec à sa tête Bamba Youssouf a abattu un gros travail qu'il faut saluer. Dans toute organisation, il peut avoir quelques couacs. Tout n'est pas toujours rose. Je pense qu'aujourd'hui, on parle de Conseil d'Administration. C'est dire qu'il y a eu une grande évolution. Et les problèmes de la maison sont les problèmes de la maison. C'est notre cuisine interne. Les artistes ne sont pas divisés, ils sont toujours ensemble parce que ce que les gens appellent problème, ça a été réglé dans la maison et ceux qui ont eu tort ont reconnu leur tort. * Donc tu reconnais qu'il y a eu problème - Ça n'a pas été un problème en tant que tel. Il n'y a pas une organisation d'hommes qui n'a jamais noté de problèmes. Au REPMASCI, il y a des artiste comédiens, des chanteurs, des hommes de média. Et ce sont tous ceux-là qui ont choisi de lutter contre ce mal. Comme je le dis, ce que vous appelez problème a été réglé dans la maison et tout le monde a compris. Maintenant si certains trouvent le besoin de raconter encore des choses, moi ce n'est pas mon cas parce que, je respecte notre décision. * C'était quoi le problème au juste ? - Non, laissons ce sujet parce que, comme je te l'ai dit c'est une situation qui a été réglée. * Et l'affaire Fadal Dey ? - Vous savez, les gens ont toujours voulu créer des problèmes entre Gadji et ses frères artistes ivoiriens. Vous vous souvenez de Gadji-Ismaël Isaac, Gadji - Meiway, Gadji John Yalley, c'est également un autre problème entre Gadji et Fadal qu'on veut créer. Mais, je vous apprends qu'il n'y a rien entre lui et moi. Fadal est un petit frère à moi. Et puis, d'ailleurs pourquoi être contre l'évolution d'un artiste ivoirien ? Pour moi, c'est la culture ivoirienne qui gagne. Alpha a été fait Ambassadeur de la paix, c'est la culture ivoirienne qui a gagné. C'était également le cas lorsque Meiway a été choisi aussi pour la lutte contre le Sida. C'est le succès d'un artiste ivoirien qui peut ouvrir les portes à d'autres ivoiriens. Les succès d'Alpha, de Magic System, c'est ce qu'on recherche pour la musique ivoirienne. Donc, en clair, il n'y a pas de problème au RESPMASCI, ni entre moi et la direction, ni entre moi et Fadal. Je n'ai pas de problèmes avec aucun artiste. * On sait que tu as été porté à la tête d'une union d'artistes en Côte d'Ivoire. On peut savoir à quelle utilité répond aujourd'hui cette union ? - C'est vrai, j'ai été élu président de l'Union nationale des Artistes de Côte d'Ivoire (UNARTCI) par mes pairs et cette union répond à un souci bien déterminé. Celui du bien-être du créateur ivoirien. La Côte d'Ivoire, comme vous savez tous, est la plaque tournante des Arts et de la culture. Personne ne peut le contester. Mais comment se fait-il que dans ce pays considéré comme le carrefour des Arts et de la culture, les artistes se trouvent dans l'impasse totale ? Pour notre part, cela est dû à l'inorganisation de l'ensemble des artistes, au manque d'un regard attentionné de l'Etat vis-à-vis des hommes de la culture, à l'inexistence d'une subvention et d'aucune aide à l'endroit des Arts et de la culture. En clair, il se trouve ici, un déficit de l'action publique de l'Etat lui-même. Cela a toujours créé un malaise au sein des artistes. Car certaines décisions sont prises en notre défaveur. Notre inorganisation a sans doute favorisé cela. Au vu de tout ce qui précède, les artistes de Côte d'Ivoire à savoir les peintres, les écrivains, les cinéastes, les comédiens, les musiciens, les chorégraphes et autres ont donc décidé de mettre sur pied cette union et attirer l'attention de tous les citoyens anonymes et des responsables étatiques à jeter un regard nouveau et attentionné sur leurs conditions de vie et de travail. * Est-ce qu'il y a des ralliements d'artistes qui se font dans l'union depuis que tu as commencé à travailler ? - Je ne parlerai pas de ralliement parce que j'estime que c'est la majorité des artistes qui compose cette union. C'est déjà l'essentiel. J'appelle donc ceux qui hésitent encore de nous rejoindre pour que notre combat à nous tous, portera.
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