
Douk Saga, le créateur du coupé décalé, président de la jet set parisienne, a tiré sa révérence depuis le douze octobre dernier. Le numéro deux de ce mouvement, le Molare, incriminé par les fans de l'artiste, tient à éclaircir les choses. Dans cet entretien, il parle à cœur ouvert de son ami, des débuts de la sagacité et de l'avenir du coupé décalé.
Douk Saga n'est plus, comment avez-vous accusé ce coup aujourd'hui ?
Ecoutez, c'est une grande perte pour nous d'autant plus que nous avons vécu beaucoup de choses ensemble depuis six ans et demi. Il y a eu beaucoup de tumulte dans notre mouvement à ses débuts avec des offenses qui nous ont été faites. Aujourd'hui on perd Doug Saga et on le vit mal. Souvent on s'encourage entre nous, on se dit que ça va aller, que nous sommes des hommes courageux. On se dit aussi que s'il était là lui-même, il nous aurait dit la même chose. Mais, après c'est le désarroi, la tristesse qui prend le dessus.
Mais, depuis un moment, il semblerait que les vieux démons de la division étaient au sein de la jet set…
Non, il n'y avait pas tellement de démêlées entre Douk Saga et moi. Il y a beaucoup de choses qui ont été racontées. Vous savez quand nous bâtissions notre mouvement, c'était avec beaucoup de difficultés. On est resté soudés au moment où tout le monde nous dénigrait. On nous a traité de voleurs, d'escrocs, d'enfants maudits. Ça nous a plutôt rapproché. Alors les discussions que nous avions en notre sein, étaient des reproches du genre. “Pourquoi tu ne m'as pas appelé quand tu es rentré ? Tu ne m'as pas appelé pendant ton voyage, tu as appelé tel autre au lieu de m'appeler…”
Est-ce que vous avez vu régulièrement Douk Saga tout ce temps, pour des amis que vous étiez ?
Au moment où il était malade, on ne peut pas dire qu'on s'est vu régulièrement. Personne de nous ne l'a vu régulièrement. Mais, on avait toujours de ses nouvelles, on l'a assisté. Il y a un fait, c'est que quand tu donnes de l'argent à ta famille, tu ne viens pas t'étendre dans la presse, pour détailler tout ce que tu fais. On s'est protégé au début du mouvement parce que nous étions six à sept personnes qui sommes montés au créneau pour créer un tel mouvement devant des personnes qui avaient 15 ou 20 ans d'expérience. Ce n'était pas facile, il fallait donc se protéger de sorte que personne ne vienne créer la scission entre nous. Si le Molar gaffe que tu veux en savoir un peu plus auprès de Douk Saga, il te dira que ce n'est pas vrai, et vice versa, on se protégeait ainsi. C'est d'abord un mouvement basé sur la solidarité des membres.
Mais, c'est justement cette solidarité là, qu'on n'a pas senti au moment de la maladie de Douk Saga…Au point même qu'à l'arrivée de son corps à Abidjan, la foule vous a hué.
C'est le travail, de certains journalistes, qui a provoqué ce genre de chose. Ils ont manipulé l'opinion publique. On est en Côte d'Ivoire dans une situation socio-politique difficile et les gens ne lisent que les titres de journaux. Quand ils lisent un titre où il est écrit : "Molar veut tuer Douk Saga". Qu'est ce que vous voulez qu'ils pensent ? Pas besoin de lire l'article, et après on se rend compte que l'article ne justifie pas forcement ce qui est marqué à la une. Je dirai que les gens ont crié parce qu'ils sont passionnés, c'est ce qu'ils ont ressenti. Mais moi, jusqu'à présent j'ai l'esprit tranquille, j'ai foi en Dieu, je sais que je vais être rehaussé dans cette histoire là. Parce que j'ai eu un entretien avec mes parents qui ont dit : "on t'a bien éduqué. Tu as toute notre bénédiction parce que nous savons ce que tu as fait, on sait aussi ce que tu n'as pas fait". Si vous voulez avoir des réponses sur certaines questions, ne vous fiez pas à ce qui se raconte, les parents de Douk Saga sont là, il y a des personnes qui l'ont assisté aux derniers moments qui sont là, allez leur demander. Le métier de journaliste qui est noble, devrait respecter les déclarations de toutes les parties. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites sur mon compte sans que personne ne vienne me tendre son micro. Mais, je n'ai jamais fait allusion à quoi que ce soit, je n'ai jamais répondu. C'est la raison pour laquelle il y a eu tous ces débordements.
Après la disparition de Douk Saga, créateur du coupé décalé, vous, en tant que membre fondateur du mouvement, comment entrevoyez vous l'avenir de ce mouvement musical et du concept ?
L'avenir du coupé décalé est déjà écrit. Parce que ce n'est pas nous qui en décidons. Mais le peuple. Ce sont les mélomanes qui décideront de son avenir. Ils nous ont suivis à travers différents continents en appréciant ce qu'on faisait. Alors je pourrai dire que le coupé décalé ce n'est pas le Molar, il y a beaucoup de personnes dans le mouvement. Il y a des managers, des Dj's. Nous, nous l'avons juste créé pour tout le monde..
Mais vous, qu'est ce que vous voulez que le public retienne de Douk Saga ?
C'était un grand homme. Et ça été prouvé par l'accueil chaleureux que les ivoiriens lui ont réservé à l'aéroport, lors de l'arrivée de son corps. Vous savez, après tout ce qu'on a dit sur nous, on n'était plus sûr de nous. Parce que par exemple, quand tu rentres dans une boîte de nuit où il y a 200 personnes, quand deux personnes te critiquent, tu prends en considération ce que ces deux personnes te disent et tu te remets constamment en cause. Et on s'est rendu compte que dans le peuple ceux même qui souffrent aiment le mouvement et on leur avait donné un moyen d'espérer. On s'est rendu compte de ça avec la ferveur populaire avec laquelle il a été reçu à l'aéroport.
Vous reconnaissez que Douk Saga était un grand homme, un président, c'est vrai que vous avez dit qu'il y avait de petits problèmes entre vous, mais hier vous ne reconnaissiez pas ça. Pourquoi c'est justement aujourd'hui que vous le dites ?
Entre nous on sait que nous sommes de grands hommes. On sait la souffrance que nous avons endurée au début de ce mouvement. On sait que nous sommes grands mais l'humilité ne nous permet pas de le dire. C'est vous les journalistes qui transmettez les choses, c'est vous qui avez voulu qu'il y ait des choses entre Douk Saga et le Molar. Au départ de cette histoire, c'est Molar qui a reçu Douk Saga à l'aéroport, c'est lui qui a appelé les premiers journalistes, c'est lui qui a organisé son arrivée et c'est encore lui qui a créé un fan club pour lui avant que je ne sois dans la musique. C'était un consensus au sein de notre groupe pour que le monsieur rentre avec les honneurs.
ça ne vous intéressait pas de faire de la musique ?
Ce n'est pas que ça ne m'intéressait pas, mais je n'étais pas apte à faire de la musique. C'est Douk Saga et d'autres amis qui m'ont encouragé. C'est même lui qui a produit mon premier album. Les gens m'ont dit de le faire : alors voilà.
Les gens ont proclamé aussi JJK, nouveau président de votre mouvement. Est-ce qu'il en fait vraiment parti ?
Ce sont des gens passionnés. Il n'y a rien de normal dans ce qu'ils disent et même dans ce que nous faisons, il n'y a pas de normes. Les gens ont crié : " JJK président " par rapport à ce que vos confrères ont créé, je le répète. Ils ont écrit et n'ont pas été objectifs. Mais, il n'y a pas de problème, nous sommes une famille. Rien n'a changé. C'est la même manière de nous entretenir, il n'y a pas de frictions entre nous.
Mais avant sa mort, Douk Saga parlait de venir rétablir l'ordre dans le mouvement. Est-ce que cela ne sous-entendait peut être pas qu'il y avait un certain désordre entre vous ?
Mais, Douk Saga a sa manière de parler. On a vécu avec lui, on le connaît. Il a sa façon à lui de regrouper. N'oubliez pas qu'on a commencé notre mouvement en frustrant des fois. En jetant des billets par ci par là. Avant son décès on était régulièrement en contact avec lui, depuis le Togo jusqu'à ce qu'il parte au Burkina. Il parlait de revenir mais on ne s'attendait vraiment pas à ce qu'il meure. Parce qu'on devait organiser son concert " la résurrection" le 26 octobre 2006. Mais moi, je ne viendrai pas m'asseoir ici où ailleurs pour déballer tout ce que j'ai fait pour mon ami.
Donc contrairement à ce que disent les gens, vous avez soutenu Douk Saga dans sa maladie ?
Douk Saga a été soutenu dans sa maladie pas seulement par moi. Mais, par tous nos amis chanteurs ou pas qui sont du groupe. Tous, nous l'avons soutenu.
Mais, pour quelqu'un qui distribuait de l'argent comment comprendre qu'il se retrouve dans cet état sans moyens ?
D'abord le fait même de distribuer de l'argent c'est faire preuve de courage. C'est vrai que les gens nous ont traité de tous les noms parce qu'on le faisait. Mais, il y en a qui ont beaucoup plus d'argent qui ne l'ont jamais fait. Même quelqu'un qui a cent millions peut devenir pauvre du jour au lendemain. D'autant plus qu'il était malade, il faut aller vérifier trop de choses pour savoir s'il n'a pas été volé. Il payait des frais de médicaments énormes.
De quoi souffrait il exactement ?
Douk Saga était malade c'est ce qu'on retient. On n'est pas là pour vérifier de quoi il souffrait. On voulait juste qu'il guérisse.
Mais, on a lu qu'il avait été empoisonné par un certain Alain le Béninois qui lui reprochait d'être sorti avec sa femme…
A ma connaissance Alain le Béninois n'a rien fait à Doukouré Stéphane. Cette histoire remonte à 2002. Ce jour-là, on a même essuyé des coups de tessons de bouteilles. Vous allez même voir une cicatrice sur la main de Lino Versace. Depuis ce jour là cette histoire a été réglée, il n'y avait plus de problème. Les gens ont utilisé toutes ces choses pour créer des polémiques autour de l'homme. Et c'est vraiment dommage.
Est-ce qu'il était vraiment sorti avec la femme d'Alain le Béninois ?
Oui, effectivement, il était sorti avec elle. Mais, le monsieur il aurait pu régler le problème bien avant que Douk saga ne soit une star. Parce qu'après Douk Saga n'est jamais ressorti avec elle.
Vous avez annoncé dernièrement sur les antennes de Rti music l'arrivée de l'épouse légale et légitime de Douk Saga alors que lui disait qu'il était célibataire…
La fille sera à Abidjan à partir de jeudi. Elle s'appelle Doukouré Alida. Il y a aussi la mère de son fils, de deux ans et demi qui viendra avec Doukouré Amidou Stéphane Junior, le fils unique de l'homme. Il a vécu avec Alida. Ils sont mariés depuis 2004. Stéphane Doukouré a eu une vie pleine avec femme et enfant.
Le Molar après l'histoire avec Douk Saga, n'a plus ''bonne presse'' vis-à-vis de son public. Alors en tant qu'artiste qu'est ce qu'il dit à ses fans et à son public ?
Oui, je suis un artiste. Et le public ivoirien aura le temps de me juger. Pour l'heure je suis venu enterrer mon ami. Donc, je ne suis pas venu pour me blanchir dans une quelconque histoire. Il y a des choses qui sont arrivées, moi je mets ça sur le compte de la passion. Les gens qui m'ont hué ne me détestent pas personnellement mais ce sont les choses qu'ils ont entendues qui les ont remontées. Je leur dis tout simplement de continuer à soutenir le mouvement.