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Douk Saga, sa vie avec le "Couper-Decaler" Saturday, 28.10.2006, 10:22am (GMT)
C'étaient d'abord des pas de danse, pour entretenir l'ambiance entre copains, dans le milieu black parisien. Le "Boucantier" Joe Papy, ne croyait sûrement pas en 2001, avoir conçu une esthétique qui, au fil du temps, allait s'emparer de toute l'Afrique. Et même de l'Europe. Le "Couper-Decaler" est en effet, né en 2001 grâce à son esprit d'imagination. Mais comme en toute chose, il faut quelqu'un pour le propulser, Douk Saga s'est chargé de le divulguer. La danse a profité de sa popularité pour s'imposer au niveau continental. En un temps record, grâce à lui, ces pas s'emparent du milieu black parisien et devient un effet de mode. Mais c'est à Atlantis, une boîte parisienne, fréquentée par la diaspora qu'elle prend le nom "Couper-Decaler". Grâce surtout à l'album éponyme de DJ Jacob. En Côte d'Ivoire, la presse magazine en faisait déjà ses choux gras. "Une nouvelle danse est née à Paris". Lit-on dans la plupart des pages cultures. Cette danse est même portée au début par quelques produits Zouglou. Le groupe Magic System donne le ton avec son avant-dernier album Poisson d'avril. Il en est de même pour Soum Bill dont quelques titres de son dernier album Terre des hommes se dansent aux pas du "Couper-Decaler". C'est aussi le cas pour Tapis rouge des Garagistes. Entre-temps, les DJ commençaient à envahir la scène. DJ Jacob et Christy B sont en quelque sorte, les précurseurs du "Couper-Decaler" au niveau national. Avec eux, il y a le groupe Black-boys DJ qui pour sa part, ne connaît pas le succès médiatique, qui a pourtant accompagné ce mouvement musical. De l'autre côté, à Paris, Douk Saga, qui au départ s'était révélé comme l'un des grands écumeurs des nuits black parisiennes, annonce un album et son arrivée à Abidjan. La production intitulée Affaire de sagacité sort chez show-biz. Il se vend à plusieurs milliers d'exemplaires. Douk Saga en profite pour se faire encore plus de pub. Comme l'appétit vient en mangeant, il prend goût à la musique. Et sort par la suite Héros national. Il célébrait sa musique. Mais se célébrait aussi. Puisque le "Couper-Decaler" permet à une Côte d'Ivoire en pleine crise de déstresser quelque peu. Les albums "Couper-Decaler" pleuvent à un rythme effréné. Même si au niveau de l'écriture, il y a beaucoup à dire.
Le "Couper-Decaler" suscite de ce fait, un débat passionné entre partisans de la musique pour des biens pensants et les adeptes des rythmes urbains. A ce niveau, une rivalité feutrée est née entre les chanteurs Zouglou et les DJ. Petit Denis, se moquait des DJ dans un titre de son dernier album. Les maîtres des platines se sentent alors froissés, et décident de boycotter l'album. "Ils ont été obligés de le jouer parce que le public le demandait dans les maquis", affirme le zouglouman. Mais il n'y a pas que les zougloumen que les DJ intriguent. C'est en fait tout le monde. "Après les DJ, ce sont les managers qui vont commencer à chanter". Ironisait à son tour, le comédien Kouya Gnepaz 1er, alias Gby de fer. Toutes ces critiques ont concouru à la promotion du "Couper-Decaler". En France, Claudy Siar devient l'un des défenseurs et des promoteurs de cette musique. Il la passe régulièrement à son émission Couleur tropicale sur RFI. Et sort même en Europe, une compilation des meilleurs titres "Couper-Decaler". Blocco, ex-Salopard se met aussi dans la danse, avec un single régulièrement en boucle sur les grandes chaînes françaises. La chanson devient par la suite un tube. C'est le cas de Un gaou à Oran du groupe Magic System avec des artistes franco-arabes. Aujourd'hui, la musque ivoirienne la plus présente sur les chaînes européennes, reste le "Couper-Decaler". Elle fait partie des produits ivoiriens les plus en vue à l'extérieur. C'est même pourquoi, Douk Saga avait demandé la reconnaissance de l'Etat. C'est-à-dire la décoration. Pour avoir donné une musique à la Côte d'Ivoire. |
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