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Cote D'Ivoire

Monique Séka (Artiste chanteuse) : “ MON REVE : TERMINER RAPIDEMENT MA FONDATION EN COTE D’IVOIRE ! ”
Wednesday, 10.08.2011, 08:00am (GMT)





Monique Séka (Artiste chanteuse)

L’artiste ivoirienne Monique Séka s’est exprimée à la tribune du Club BBC sur sa musique, la crise en Côte d’Ivoire et ses projets. Elle a fait irruption sur la scène musicale ivoirienne et panafricaine en 1982. En presque trente ans de carrière, Monique Séka a marqué les mélomanes du continent et de la diaspora avec sa musique et elle n’est pas prête à quitter la scène. Celle que l’on surnomme “Queen de l’Afro-zouk” à travers le monde, parle de sa musique, de ses projets et expose ses sentiments sur la crise ivoirienne. 


Vous chantez souvent au Cameroun, il faut croire que vous êtes une super star là-bas ?

Je ne me suis jamais prise pour une star, ce qui intéresse  peut-être, ce sont les quelques émotions que j’ai pu transmettre à travers mes chansons. Il est vrai que la communauté camerounaise pense souvent à moi, aussi bien son pays, où je me produis régulièrement lors de nombreux spectacles à Yaoundé et Douala, mais sa diaspora, en Europe et aux Etats-Unis, où je viens d’ailleurs de faire une tournée dans cinq Etats.

Cela fait un petit moment que l’on n’a pas vu la grande Monique Séka à Abidjan.  Cela est-il dû à la longue crise en Côte d’Ivoire ?

Bien évidemment,  la crise vécue au pays m’a totalement bouleversée. Mais cela ne m’a pas empêcher d’y aller souvent et d’être au plus près de ma famille, afin de partager avec elle les moments douloureux.

Comment avez-vous vécu cette crise depuis Lyon où vous vivez ?

Je n’aurais jamais imaginé que le peuple ivoirien puisse vivre une telle tragédie. Quand je pense à tous nos frères qui sont partis tragiquement, il m’est difficile de réaliser que cela s’est passé dans le même pays où j’ai grandi, où j’ai partagé mes joies et mes rêves avec les autres.

Aviez-vous des nouvelles de vos proches lors des moments difficiles que le pays a traversés ?

J’étais constamment en contact avec ma famille et mes amis, qui m’informaient régulièrement de la situation. J’ai eu très souvent des retours de proches et de familiers qui ont vécu des drames. C’était dur à supporter, croyez-moi.

Vous avez toujours été la chouchou du Président Bédié ; mais l’on ne vous a pas vu à l’hôtel du Golf  le soutenir comme votre ami Meiway ?

Je remercie le Président Bédié de m’avoir très souvent soutenue à mes débuts comme parrain de mes dédicaces. Son aide m’a permis de commencer une carrière de façon digne et ainsi de façonner mon image d’artiste qui rassure tout un public. Aujourd’hui, plusieurs hommes d’Etat m’invitent régulièrement pour des évènements majeurs et des familles de plusieurs générations viennent à mes concerts. Je l’encourage de tout coeur pour sa nouvelle mission de réconciliation nationale. Il la réussira,  j’en suis persuadée. Vous savez, quand j’entends en France des réflexions telles que : “Les jeunes, ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne guerre”, je ne peux que crier mon désarroi. C’est pourquoi j’ai confiance en ce gouvernement pour ramener la paix en Côte d’Ivoire et surtout l’amour et la confiance chez les jeunes. C’est important pour bâtir l’avenir de notre pays.

Revenons à la musique, vous préparez votre prochain album me semble-t-il, pouvez-vous nous en parler ?

Effectivement, j’ai un album qui devrait voir le jour  en2012. Comme toujours, je ne me presse pas,  vu que j’ai toujours été exigeante avec moi-même. J’ai déjà de nombreuses compositions à finaliser, que j’ai travaillées en studio à Los Angeles, Paris et Douala. J’envisage une couleur musicale plus fusionnelle, sans délaisser l’afro-zouk qui fait partie de moi.

Avec qui travaillez-vous aujourd’hui ?

Je suis toujours entourée de ma fidèle équipe de réalisateurs pour la production, avec de nouveaux arrangeurs et musiciens et ingénieurs du son. Vous verrez (rires).

Quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez de vos manager-producteurs ?

Mon meilleur souvenir est sans conteste la période de l’enregistrement de “Okaman” qui célèbrait mon retour après 6 années d’absence. A l’époque,  j’avais confié la production à Dominique Richard, mon homme sûr depuis près de 20 ans (Ndlr : son époux), qui avait réussi à mettre en place une équipe pour la réalisation. Nous avons travaillé avec beaucoup de sérénité,  vu que les budgets étaient réunis avant de commencer le travail. Une bonne ambiance régnait dans les studios, et le monde des médias afro parisiens venait à chaque séance d’enregistrement partager avec nous les moments forts,  mais également les moments d’incertitude. Les résultats ont été au-delà de nos espérances : l’album s’est très bien vendu. Plus de 80 000 CD vendus et près de 200 000 cassettes  ont été écoulés officiellement. Et le titre “Okaman” a été classé 5e au top mondial des musiques francophes en juillet 1995.

Ah bon ?

Tout à fait !

Alpha Blondy vous a fait appel pour l’aider à organiser la caravane de la paix sur demande du Chef de l’Etat en décembre prochain. Quel sentiment cela vous procure-t-il ?

Si ce projet doit avoir lieu, et cette caravane de la paix doit avoir lieu et se doit de prôner le pardon et la réconciliation auprès de nos parents dans toute la Côte d’Ivoire, je serai contente d’y participer. Je remercie le grand frère Alpha Blondy d’avoir pensé à moi. Et je prie pour que cette caravane puisse redonner espoir à tous les Ivoiriens.

Vous travaillez toujours avec Manu Lima? Qu’est-ce qui vous séduit tant chez lui ?

J’ai retrouvé Manu Lima et la magie de ses arrangements lors d’une récente collaboration en studio à Paris. Nous étions réunis pour un duo avec l’artiste capverdien Roger, l’homme à la “voix de velours” et qui compte de nombreux succès. Depuis, nous n’avons pas rompu le contact, et il se pourrait bien que nous retravaillions de nouveau ensemble sur mon projet d’album.

Il fut un temps où l’on avait du mal à faire la différence entre les oeuvres de Joëlle C, Mathé et Monique Séka. A quoi cela était-il dû selon vous? Mêmes arrangements ou mêmes timbres de voix ?

En tant que femmes d’une même culture, il n’est pas surprenant d’être influencées par l’air du temps, qui était rythmé par les arrangements du grand Manu. Pour ma part, cela a été un honneur que d’autres artistes enrichissent avec nous cette belle page de la musique africaine qui est l’afro-zouk.

Votre plus grand souvenir dans le showbiz.

Je n’ai pas de souvenir en particulier, mais je vis pleinement et passionnément ma carrière d’artiste, avec ses hauts et ses bas, parce que dans ces moments-là, rien n’est vraiment achevé, tout reste à faire.

Quel est votre plus grand rêve aujourd’hui ?

Je suis de ceux qui prennent leur rêve et en font une réalité. Moi,  mon rêve,  c’est d’oeuvrer dans l’aide humanitaire. Je compte mettre sur pied une fondation pour aider les plus démunis. Plus que jamais,  je suis mobilisée pour la femme et l’enfance, pour l’avenir de mon pays et pour les enjeux majeurs du développement de l’Afrique. Je compte sur nos autorités pour m’aider à réaliser ce rêve pour lequel j’ai déjà posé la première pierre et pas seulement.

Interview réalisée par Momo Louis

Correspondant permanent en France tmomolouis@yahoo.fr



Frat Mat







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