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Chakoulé creve l’œil d’un gérant de société dans une boîte de nuit Wednesday, 01.02.2006, 03:58am (GMT) Le mercredi 25 janvier dernier, une virée nocturne a tourné au drame. Un jeune homme a pratiquement perdu son œil. L’affaire est devant le tribunal et le procès s’annonce sous un “ ciel orageux ”. Electricité dans l’air en tout cas. Comment tout cela est-il arrivé? Selon nos sources, le mercredi 25 janvier dernier, Koffi Anet Constant, âgé de 34 ans, gérant de société de son état, est tranquillement à son domicile à la Riviéra. C’est là qu’il reçoit un coup de fil de l’un de ses amis. Ce dernier, propriétaire d’une boîte de nuit à Treichville, à la rue 12, l’invite à le rejoindre. Koffi Anet n’y voit aucun inconvénient. Bon vivant, il estime que l’occasion est belle d’aller se défouler. Mais il est loin de savoir qu’il se profile à l’horizon une issue dramatique pour cette sortie. Une fois à l’intérieur de la boîte de nuit, il remarque la présence d’une jeune dame répondant au nom de Oumou. C’est une vieille connaissance. Les témoins notent que Anet échange quelques civilités avec la jeune dame. De quoi ont-ils parlé exactement? Lui, répond qu’ils n’ont échangé que des propos amicaux. Mais de toute évidence, ce n’est pas l’avis d’un autre client de la boîte de nuit. Le nommé Kourouma Siaka dit “ Chakoulé ” bien connu dans le milieu des “ boucantiers ”. Et alors que Anet part s’installer au salon qui lui a été réservé, il est violemment accosté par Chakoulé qui se présente comme le fiancé de la jeune dame. Et pour ce faire, il exige de savoir la nature des échanges qu’il vient d’avoir avec sa dulcinée. C’est alors le grabuge avec un véritable dialogue de sourds. De bonnes volontés interviennent pour calmer les esprits. Anet pense alors que l’incident est clos. C’est donc tout naturellement qu’il tourne dos et part regagner sa place. Erreur fatale. Il aurait dû se méfier. Dans tous les cas, il sent une présence dans son dos. La virée nocturne tourne au drame Le temps de se retourner, il est trop tard. C’est un coup violent qu’il reçoit à l’œil gauche. Terrible “ cadeau ” de la part de Chakoulé. Son sang gicle. Il se tient le visage. De l’œil touché, il ne voit plus rien. Sa paupière littéralement arrachée, pend. Des amis, notamment le portier de la boîte de nuit, le transportent immédiatement au Chu de Treichville. Il est un peu plus de 3h du matin. Le jeudi, Anet passe au bloc opératoire. Et pendant 5h, il subit une intervention chirurgicale à l’œil dont le globe oculaire n’existe plus que de nom. Interné au service d’ophtalmologie du Chu de Treichville, ses avocats se chargent de porter plainte à la brigade de gendarmerie de Treichville-Arras. Mais ce qui est dramatique pour Anet et qu’il ne sait pas vraiment, c’est qu’il a définitivement perdu son œil gauche à la suite de l’acte barbare dont il a été victime. Son entourage le sait, mais on se garde de lui révéler la terrible réalité. En tout état de cause, le 30 janvier 2006, Chakoulé est interpellé à son domicile aux 2 Plateaux. Entendu à la brigade de gendarmerie où la plainte a été portée, il reconnaît avoir frappé Anet Constant au visage. Le mercredi 1er février, il est déféré devant le parquet. Et c’est là que l’affaire, pourtant si simple dans laquelle on s’attend à ce que le mis en cause assume simplement toutes les conséquences de son acte, prend une autre tournure. Retournement de situation De simple victime au départ, Anet devient bourreau. Selon des sources proches du dossier, déféré devant le parquet, Chakoulé, le même jour, est ramené devant la brigade de gendarmerie pour y être de nouveau entendu. Avec instructions fermes, cette fois, de mettre aux arrêts le plaignant interné sur son lit d’hôpital. Mais pourquoi? Il y a un curieux retournement de situation. Chakoulé a lui aussi produit un certificat médical où il est mentionné qu’il est victime de coups et blessures volontaires de la part de Anet Constant. Ce qui étonne ce dernier. Et pourtant, à sa première audition, Chakoulé avait reconnu que son antagoniste ne lui a porté aucun coup. Etonnant pour Anet qui explique qu’avec son état à la suite du coup reçu, il n’avait aucune ressource physique pour avoir une violente réaction. Et de plus, il ne voyait plus rien. Comment est-ce donc possible? Dès lors, s’engage une bataille juridique. Le vendredi 3 février, Chakoulé est de nouveau déféré devant le parquet, où il est mis sous mandat de dépôt. Mais au parquet, il est indiqué aux avocats de Anet Constant de faire venir leur client. Vu qu’il est aussi sous le coup d’un mandat de dépôt. Et s’ils ne veulent pas d’un tel cliché, alors, ils ont tout intérêt à aller négocier avec Chakoulé pour un règlement de l’affaire à l’amiable. Surprenant pour le conseil du blessé. Ils ont le sentiment que cette autorité judiciaire est en train de prendre fait et cause pour Chakoulé. Toujours, selon nos renseignements, les avocats de Anet refusent de coopérer à ce niveau. Pour eux, les choses doivent se faire selon le droit. Et c’est dans cette atmosphère de blocage que le procès est programmé pour le lundi 6 février, à 13h. Cette rapidité à programmer le procès étonne les avocats de Anet. Et de plus, les deux adversaires sont tous deux des prévenus. A l’audience, le conseil d’avocats d’Anet Constant sollicite un report. Vu, à les en croire, qu’ils n’ont nullement eu le temps de prendre connaissance du dossier. Ils n’ont aucun élément de ce que l’on reproche à leur client. Ils auraient voulu savoir ce qui a motivé la seconde audition à la gendarmerie de Chakoulé qui pourtant avait été déféré. Ils veulent savoir d’où vient le fait que ce dernier ait produit un certificat médical où il est mentionné qu’il est victime de coups et blessures volontaires. Et dans quelles circonstances? Surtout que lors de sa première audition, il a été fait état de ce que Chakoulé a reconnu que son antagoniste ne lui avait porté aucun coup la nuit des faits. Des questions assez essentielles, qui ont vraisemblablement fait reculer le tribunal qui a dû reporter le procès prévu en définitive pour aujourd’hui mercredi 8 février. La Fesci prévient Et c’est à ce niveau que les choses pourraient se gâter avec un tableau qui n’avait pas été prévu dans ce dossier. Une entrée en action de la Fesci. En effet, des sources concordantes font état d’une forte mobilisation de ce mouvement estudiantin et scolaire dont était membre Anet Constant avant son départ pour l’Europe, où il est allé poursuivre ses études. Au niveau de la Fesci, en tout cas, il n’est point question qu’un procès qu’elle qualifie de pipé, soit tenu. Les membres de la Fesci ne peuvent comprendre, à les en croire, par quelle magie de simple victime, Anet soit à présent qualifié de bourreau. Ils sont convaincus que des mains obscures tirent les ficelles pour un retournement de la situation. Et tout ce qu’ils veulent, c’est que le droit soit dit. Et rien d’autre. Dans le cas contraire, les choses pourraient s’envenimer. Un avertissement à prendre très au sérieux. Et c’est pourquoi l’on a intérêt à ce que tout se déroule dans la clarté pour éviter un quelconque débordement. On attend donc de voir la suite des événements. Nous y reviendrons.
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