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Manadja, Magic System “Je ne suis pas le préféré d’A’Salfo” Monday, 20.11.2006, 01:48am (GMT) ![]() • Chez Magic System, tes copains te trouvent très moqueur - Je suis très nerveux de nature. Je suis quelqu’un qui n’aime pas l’hypocrisie, je suis la personne qui met l’ambiance, la gaieté dans le groupe. Je mets tout le monde à l’aise, et puis j’accepte tout. Mes amis m’insultent mais je me dis que c’est fraternel. Ils me disent toujours : «tu as un gros ventre, tu es gros…» mais je suis fair-play. Nous sommes plus que des frères. Sinon, je ne me moque pas pour énerver mes amis. • Pour Goudé, tu en fais un peu trop - Goudé, c’est peu mon client. C’est quelqu’un que je taquine beaucoup car il est très fair-play. C’est quelqu’un qui accepte tout. Mais quand je sens qu’il commence à s’énerver, j’arrête. Il faut aussi dire que dans le groupe, je suis le plus jeune. • C’est vrai que tu es le préféré d’A’Salfo ? Le préféré d’A’Salfo, c’est un peu trop dire. La chance que j’ai eue par rapport à Goudé et Tino, c’est que Salfo et moi, nous nous connaissions avant d’être chanteurs. On a grandi ensemble. • C’est-à-dire… ? - A’Salfo et moi, on se connaît depuis 1981. J’ai connu Tino et Goudé entre 1995 et 1996. Les parents d’A’Salfo et les miens se côtoyaient et on habitait le même carré. Mais ce qui a renforcé notre amitié, c’est que mon père aimait A’Salfo. Papa était un supporter de l’Asec Mimosas. Tout petit, A’Salfo était parmi les jeunes d’Anoumabo qui avaient une carte de supporter de l’ASEC Mimosas. Ce qui le rapprochait plus de mon père. Il passait tout son temps chez nous. C’est comme ça que tout est parti. • A’Salfo dit qu’il est lié à toi parce que quand il a abandonné l’école, toi aussi tu as abandonné. Il se sent coupable du fait que tu aies arrêté tes études. - Il y a peut-être ça. Au fait, A’Salfo n’est pas un ami pour moi. C’est un grand frère. C’est lui et son frère qui m’expliquaient mes devoirs de maisons. Ils m’ont adopté. A l’époque, mon frère (du côté de ma mère) était au village. Donc c’est comme si je n’avais pas de frère. J’étais toujours avec mes sœurs. La chance, c’est que mes parents ont aimé A’Salfo et sa famille et vice versa. On était toujours ensemble. Quand on doit se séparer, c’est qu’on va dormir. • A’Salfo te reproche de trop parler. - Ça, c’est mon défaut. Je parle trop et souvent je m’en rends compte. • Que serais-tu si Magic System n’avait pas existé ? - Footballeur ! Le football, c’est ma passion et c’est là-bas que je misais tout. J’ai arrêté l’école en classe de Première. Et quand mon père vivait, il voulait me faire partir en France pour suivre un stage en football. Dieu a peut-être dit non car ce n’était pas le moment, quoi. • Que penses-tu des autres ? - A’Salfo est très nerveux. Mais quand il s’énerve, je sais comment le prendre. A’Salfo est nerveux mais il comprend vite. Goudé est fort, musicalement parlant, il est complet. Mais son pêché mignon, c’est qu’il ne se prend pas au sérieux. Je partage beaucoup de choses avec Tino même sur la scène. Et je veux qu’il improvise souvent. Faut pas qu’il attende que je lui dise fais ceci avant qu’il le fasse. Sur scène, il est vivant mais souvent je le trouvais un peu noyé. Mais Dieu merci, maintenant, ça va. Il a compris beaucoup de choses. C’est quelqu’un qui est bon bosseur. Quand il veut vraiment travailler, il travaille. Le décès de ton père a été un coup dur ? - Le décès de mon père m’avait affaibli et celui de maman encore plus car c’est elle qui s’est occupée de nous après la mort de papa. Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à oublier le décès de maman. Souvent, je vois des images de ma mère. Il faut dire que trois ans de maladie, ce n’est pas du gâteau. Je l’ai emmenée au village, au Ghana, mais rien. • Est-ce que tu crois en Dieu ? - Moi je crois en Dieu et je suis musulman. J’ai fait le carême aussi bien France qu’en Côte d’Ivoire. Je peux dire que je suis toujours resté dans mon côté musulman. Mais en France, j’ai réellement un problème pour me situer par rapport à la Mecque. • On dit que tu bois un peu trop - Moi, je ne bois pas beaucoup. Je fais souvent plus de trois mois sans boire une goutte d’alcool. Au fait, je m’amuse beaucoup quand j’ai un bout de temps de libre avec mes amis. Mais ce n’est pas seulement dans la boisson que je m’éclate. Et puis, je ne suis plus Manadja, le petit garçon. Là, je suis marié, j’ai ma petite famille. Il faut être sûr que je ne vais pas déraper. La boisson n’est pas une priorité pour moi. • Tu as combien d’enfants ? - J’ai quatre garçons. Deux sont de la même mère et les deux autres sont de mères différentes. Ma femme est actuellement enceinte. Mon plus grand souhait en ce moment est d’avoir une fille à qui je vais donner le prénom de ma mère. • Où vivent-ils ? - Il y en a trois qui vivent dans ma famille à Abidjan avec mes sœurs. Le dernier vit à Paris avec sa mère qui est ma femme. Il est né là-bas et il y fait ses études. Quand il a un bout de temps, il vient à Abidjan avec sa maman. Là, il rejoint ses autres frères. • Tu n’as pas peur des difficultés qu’on rencontre dans les foyers quand les enfants n’ont pas la même mère ? - Je suis en train de les éduquer à ma manière. Moi aussi, j’ai des sœurs qui n’ont pas le même père que moi mais il n’y a jamais eu de problèmes entre nous. Il y a toujours eu le respect, grande sœur-petit frère. • Envisages-tu que tes enfants vivent un jour ensemble ? - Je compte bientôt faire partir en France ceux qui sont à Abidjan. J’ai épousé une femme qui travaille et vit en France. Ça ne va pas être joli d’avoir une partie de mes enfants en France et l’autre à Abidjan. S’ils grandissent comme ça, on dira plus tard que j’ai favorisé les uns par rapport aux autres. • Les bruits de couloir annoncent que ce n’est plus le grand amour entre toi et madame. Qu’en est-il ? - S’il y avait un problème entre ma femme et moi comme on le dit souvent, elle ne serait pas enceinte à nouveau. Mon seul problème, c’est que j’ai été le premier Zouglou, jeune de mon âge, à être marié. Pour beaucoup, ça n’allait pas marcher. Et comme ça marche, on trouve toujours quelque chose à dire. Mon épouse est très jalouse et elle a des copines qui passaient leur temps à lui raconter qu’elles m’ont vu dans tel coin avec telle fille. Je crois que ce moment est bien passé. Heureusement, ma femme s’est mise au-dessus de tout cela. Personne ne m’a obligé à épouser cette femme-là. Vous savez, nous les hommes, on n’est pas parfaits. Mais un jour, on s’assoit et on réfléchit à ce qu’on veut dans la vie. Comme dans tous les foyers, nous avons connu des hauts et des bas, mais ce sont des moments qui passent. Ma femme et moi avons beaucoup d’ambitions ensemble. Si on n’était pas restés soudés et forts, on ne serait pas là aujourd’hui.
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