
• J’ai entendu dire que tu as un salon de coiffure…
- Yeeeh ! C’est vrai. Bon, c’est un salon de beauté où on fait un peu de tout : coiffure, maquillage, manucure, les «feet», les pieds, massage, voilà tout. J’y vends aussi des produits cosmétiques américains. Mais, ma spécialité, ce sont les tresses, les nattes qui font …How can I say it ? Qui font rentrer beaucoup d’argent.
• Quand tu dis beaucoup d’argent, c’est combien ?
- Les tresseuses aux USA, on n’en voit pas beaucoup. Donc, ça revient cher de se faire tresser. Plus, c’est rare et plus, c’est cher. Là-bas, quand on tresse avec des mèches bouclées, on prend au minimum trois cents dollars une tête. ça fait combien ici ?…au moins 170 000 francs Cfa, c’est ça non ?
A Houston, on n’est pas nombreuses à tresser. Donc, en plus de ça, je fais autre chose à côté comme je l’ai dit plus haut.
• Aux USA, les femmes ont un joli teint clair bien propre et toi tu es toute noire…
- J’ai choisi de rester black, you know ? Je n’utilise aucun produit, je veux rester naturelle. Je n’ai jamais fait de piqûre ni utilisé des produits même pour entretenir le teint que j’ai. C’est ça qui fait la beauté africaine. Je peux le faire, devenir bien claire, ça ne coûte rien aux USA, mais ça ne m’intéresse pas. Là-bas, on te fait des piqûres pour ça, tu surveilles ton teint, tu te fais suivre s’il le faut, mais si tu négliges ça quelques temps, tu finis par avoir des problèmes.
• Des conseils à donner à celles qui se dépigmentent ?
- Chacune est libre de faire ce qu’elle veut, mais pour celles qui hésitent, je leur dirai que ça ne vaut pas le coup d’essayer, surtout quand on n’a pas les moyens et qu’on doit se rabattre sur les petits produits vendus un peu partout dans les rues. Et si elles veulent vraiment le faire, qu’elles se confient à un spécialiste de peau. Mais, je ne conseille pas ça. Ce n’est pas bien et ça crée des problèmes de peau après. Je vends des produits cosmétiques, des produits de beauté, je sais de quoi je parle.
• Tu as un look très particulier…
- Yeeeh ! J’aime ça, c’est des tenues inspirées par celles des cow- boys américains que je vois souvent au Texas. Moi, j’aime la sape, j’aime qu’on me regarde et je m’habille bien pour ça ! Je ne regarde pas le prix quand je veux m’habiller. J’entre dans une boutique et quand un truc me plait, je le prends et je paye à la caisse, sans calculer.
• Tu as un peu…
- Je m’appelle Matty Dollars ! Je travaille, j’ai mes affaires et je me fais plaisir…
• Tu ne te trouves pas un peu trop sexy ?
- Non ! Je m’habille comme il faut, je pense. Je fais tout pour ne pas être vulgaire. Je refuse de l’être. Je suis mère de famille, mère d’un petit garçon et je veux lui donner le bon exemple. Mes seins sont bien protégés et le reste, en bas, ce n’est pas de ma faute (rires). C’est ma forme et il est difficile de cacher ça, surtout les “pistolets”. Là, je songe d’ailleurs à ouvrir des magasins vestimentaires à Abidjan. Je veux que mes sœurs s’habillent bien, pas trop sexy, pas trop vulgaires, chic, voilà.
• Et tu penses ne pas être sexy ?
- Non ! J’ai des tenues un peu moulantes par moments, mais, je ne vois pas le côté sexy. C’est parce que j’ai des “pistolets” que les gens s’imaginent des choses et me disent sexy, je m’habille normalement et proprement.
• Tu as des “pistolets naturels” et de faux pistolets portés sur un ceinturon, ça ne fait pas trop ?
- Je ne pense pas ! J’ai des pistolets moi-même sur mon corps, donc, ça me symbolise, you know ? et avec la danse que j’ai créée, c’est un accessoire utile pour ma chorégraphie. Et ce ne sont pas de faux pistolets, ce sont de vrais pistolets qui sont bloqués, ça ne tire pas. Il y en a deux, le premier s’appelle «Matty» et l’autre «La belle». En Amérique, on m’appelle la dame aux pistolets.