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MAQUIS: Pourquoi les artistes Zouglou en font leurs affaires Saturday, 13.05.2006, 06:09pm (GMT) "La musique ne nourrit pas son homme en Afrique" c'est ce qu'ont l'habitude de répondre les artistes ivoiriens à chaque fois qu'on leur pose la question de savoir s'ils s'en sortent dans le métier qu'ils ont choisi. Et les artistes faiseurs de Zouglou l'ont bien compris. Eux qui refusent de finir leurs carrières dans la misère comme ça été le cas pour certains de leurs devanciers. Ils ont compris qu'il leur faut absolument assurer leur avenir après la musique. Pour arriver à subvenir à leurs besoins de tous les jours et surtout à mieux gérer cette nouvelle vie qu'ils ont choisie, nombreux d'entre eux se lancent dans les affaires. Ils ont pour la plupart choisi comme créneau les maquis, bars et autres restaurants. La première raison de ce choix, pour beaucoup d'observateurs du monde des arts, est le fait que les chanteurs Zouglou sont reconnus comme des adeptes de parties de beuverie. Ils sont parfois considérés à tort ou à raison comme des alcooliques. Des espaces de retrouvailles Pourtant, Pat Sako, l'un des premiers zougloumen à se lancer dans cette activité affirme que c'était une façon pour lui de recevoir ses amis dans un cadre où ils peuvent mieux discuter. "Je ne peux pas recevoir tous mes amis chez moi à la maison. Il me fallait un cadre où on pouvait se retrouver pour causer et parler de nos spectacles. Et la meilleure solution pour moi c'était un maquis ", a justifié le lead vocal du groupe Espoir 2000 qui a à ce jour deux maquis de renom à Koumassi (le Cointreau) et à Marcory (Le Zouglou). Plusieurs autres artistes Zouglou ont suivi l'exemple de Pat. Ils pensent que leur ami a eu une idée ingénieuse. " Franchement, c'est une bonne idée. Non seulement ça permet de joindre les deux bouts, mais en plus, on n'a plus besoin de toujours sortir. Nous sommes plus facilement joignables car celui qui nous cherche pour un gombo sait où nous trouver ", ajoute vieux Gazeur qui a lui aussi ouvert le maquis " Le lycée " à Marcory Sicogi, devenu un repère pour tous ceux qui veulent rencontrer leurs idoles. A la suite de ceux d'Abidjan Sud qui semblent avoir compris que la musique seule ne suffit pas à préparer leur avenir, les artistes de Yopougon sont rentrés dans la danse. Les Garagistes ont ouvert " Le Garage" à Yopougon Wassakara. Et à la sortie de " Tapis rouge ", leur dernier album, ils ont vu l'importance de cet espace. " Les fans venaient à nous pour faire signer des autographes et nous apporter leur soutien. C'était des moments de retrouvailles vraiment conviviales. Un autre lieu ne pouvait pas nous permettre d'être à l'aise comme nous l'avons été à cette période ", assure Popolaye, le lead vocal du groupe. C'est cette prise de conscience qui a été à la base du réaménagement du maquis qui est actuellement en réfection. " Nous voulons en faire un espace plus grand à l'image des autres maquis tels que le Diesel, le Boucantier, etc. histoire de permettre à tous de bien se sentir ici ", ajoute Féco, un autre membre du groupe. Pour bien faire les choses, d'autres ont choisi les bars climatisés. C'est le cas de Fitini et Florent (du groupe " Les Garagistes ") qui ont ouvert à Yopougon Niangon, " l'Atlantic bar ". " Ce n'est pas tout le monde qui aime les maquis. Il y a certaines personnes qui ont besoin de se cacher pour faire leurs affaires. Et nous avons pensé que le bar est mieux indiqué pour ceux-là ", soutient Fitini qui ajoute de façon ironique " et puis nous ne pouvons pas tous ouvrir des maquis. Si on fait ça, qui va aller chez son camarade. En fait, dans la journée, nous allons chez les autres et le soir, tout le monde se retrouve chez nous. C'est comme ça que ça marche ". Pour dire qu'il leur fallait varier un tant soit peu les activités même si tout cela se rejoint. Cela montre encore une fois la grande solidarité dont font preuve ces artistes de la nouvelle génération. A'Salfo et ses amis du groupe Magic System, après avoir fait le tour du monde avec leur album " Premier gaou " ont décidé de revenir investir dans leur pays. A côté des autres activités qu'ils mènent pour renflouer leurs comptes, le Gaou Magicien a mis sur pied un complexe gastronomique. En effet, il a ouvert à Cocody, derrière l'Hôtel Communal un restaurant et une boîte de nuit dénommés " La case blanche ". Cet endroit est devenu le lieu de ralliement de tous les artistes tant nationaux qu'internationaux qui font un tour à Abidjan. " J'ai beaucoup d'amis qui viennent de l'extérieur. Et au lieu de toujours aller dépenser d'importantes sommes ailleurs, j'ai préféré créer un cadre où on se sent à l'aise " dit-il. En effet, à " La case blanche ", l'ambiance est très souvent électrique avec quelques fois A'salfo lui- même au service. " C'est de là que part le succès de nos œuvres " Les Galliets, NCM, etc. ont aussi leurs maquis. Pour ces derniers, outre les arguments avancés par les autres, il faut voir le fait que c'est de là que part le succès des albums. " C'est le lieu où nous testons nos œuvres avant de les mettre sur le marché. Quand un album sort, dès qu'il marche dans les maquis, le succès suit partout. Les maquis de Yopougon nous ont donné l'exemple qu'il faut et nous avons trouvé opportun d'ouvrir les nôtres pour mieux voir le comportement de nos œuvres ", confie Siblo du groupe " Les Galliets ". Avant les faiseurs de Zouglou, des artistes comme Gadji Céli et Alpha Blondy avaient déjà compris le bien-fondé de ces espaces. C'est pourquoi, ils ont créé respectivement " le King " et " le café de Versailles ".
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