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Werrason, JB Mpiana, Koffi Olomide, fort piratés au Nigeria
Saturday, 13.05.2006, 02:49pm (GMT)


 

Une filière a été créée à partir de Kinshasa pour subtiliser les supports phonographiques nouvellement lancés sur le marché du disque kinois, afin de les livrer aux pirates installés à Lagos au Nigeria. Un grand marché est organisé dans la capitale économique nigériane où ces oeuvres, surtout les dvd et vcd, sont gravéés. Ces supports de piètre qualité sont ensuite renvoyés à Kinshasa pour la vente.

La Rd-Congo n'est pas seulement leur terrain de prédilection pour la vente de ces oeuvres de grands noms de la musique congolaise, en l'occurrence, Werrason, JB Mpiana, Koffi Olomide, Lutumba, Papa Wemba et les autres. Les albums des musiciens congolais sont également vendus à Brazzaville au Congo voisin, à Luanda en Angola, à Yaoundé et Douala au Cameroun, Libreville au Gabon. Les grandes villes de l'Afrique de l'Ouest sont aussi un marché potentiel. C'est le cas d'Abidjan, de Cotonou, de Bamako, de Dakar, de Ouagadougou, etc.

Ceci justifie l'attitude affichée par Koffi Olomide lors de sa dernière tournée au Nigeria. Le Grand Mopao a refusé de recevoir de nombreux congolais vivant à Lagos qui facilitent cette piraterie sauvage des albums congolais. Des usines de duplication dirigées par des Nigérians reproduisent et déversent, chaque jour, dans ce grand marché dénommé «Alaba», ces produits piratés. Les anciens succès des musiciens décédés comme Grand Maître Franco Lwambo Makiadi, Kallé Jeef, et d'autres sont aussi piratés. Ce sont en fait les propriétaires de ces usines qui s'enrichissent au détriment des autres membres du réseau, surtout ceux qui sont installés à Kinshasa. Le musicien congolais est le grand perdant de ces opérations illicites.

Ce marché est loin de disparaître du jour au lendemain, surtout quand on sait que les cd, dvd et vcd gravés de ce côté-la sont vendus à un vil prix, soit à 3 Usd, par rapport aux originaux vendus 20 Usd. C'est difficile pour les Congolais de mettre un terme à ce marché qui est structuré comme un véritable réseau de maffieux capable de résister aux tentatives de démantèlement. Même l'Amicale des musiciens du Congo (Maisha Park) n'est pas encore en mesure de déboulonner ce réseau. Les musiciens congolais, qui d'ailleurs ne sont pas assez solidaires, doivent empêcher la vente de ces sales produits en Rdc, n'étant pas capables de mener une action analogue dans d'autres pays où ces oeuvres piratées sont aussi écoulées.

Une autre piste de solution serait d'installer ces usines de duplication moins chères à Kinshasa, pour produire, à partir de la Rdc, les différents albums lancés sur le marché du disque afin de les revendre aussi à bon marché.

Seule façon pour les artistes congolais et leurs producteurs de contrôler la vente et de se retrouver sur le plan financier. Il suffit de faire de petits calculs de comptabilité pour comprendre que cette option est la meilleure. 100.000 exemplaires des cd, dvd ou vcd dupliqués et vendus à moins cher à Kinshasa permettront aux musiciens et à leurs producteurs de se retrouver

LUCIEN K. TSHIBAMBE(Le Potentiel)


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