
Deux chansons devenues des tubes ont suffi pour rendre Fally Ipupa aussi célèbre que ses prestigieux aînés. Il s’agit, bien entendu, de « Eternellement » (album « Force de frappe ») et « Kokokoko » (album « Affaire d’Etat »). Admirablement exécutés par Quartier Latin, ces œuvres l’ont valorisé et lui ont permis de réussir une percée spectaculaire sur la scène musicale africaine. Grâce aux multiples DVD de son groupe et voyages (il a fait pratiquement le tour de la planète avec Koffi Olomidé), ce chanteur ne peut, dans aucune capitale, passer inaperçu. Même en Europe, il fait courir les foules. Recruté par test en 1999, Fally Ipupa n’a pas tardé à imposer sa voix et ses coups de reins érotiques. Sept ans après, il est devenu « Monsieur spectacle » de Quartier Latin. Fally est, en effet, un régal pour les yeux et les oreilles.
Son corps élastique (1 m 82 pour 74 kilos) plonge les nanas dans une joie indescriptible. Le grand événement que le public attendait, c’était la sortie de « Droit chemin », le premier album en solo qu’il vient de réaliser à Paris avec l’aide du mécène ivoirien David Monsoh. Exceptionnelle faveur, soulignons-le, que Koffi Olomidé a toujours refusée à ses musiciens et qui permet de comprendre l’importance acquise par Fally dans Quartier Latin.
Composé de treize morceaux, « Droit chemin », ne cesse de plaire à tous les discophiles. On y découvre un Fally métamorphosé et lyrique à souhait. Irrésistible et inimitable, l’artiste se remet en question et place la barre très haut. Précisons que dans cet album sorti en CD et DVD début juin à Paris et le 30 juin à Kinshasa, Koffi Olomidé n’a pas chanté.

Né un 14 décembre à Kinshasa sous le nom de Ipupa Ebamba, Fally est originaire de Bandundu par ses parents. Son jeune âge était bercé par la musique des Wenge et Koffi Olomidé était la vedette de son cœur. Il connaissait tous ses succès. Il avait 16 ans quand il intégra New City, un ensemble des jeunes de son quartier. Il se produisit, pour la première fois, avec Quartier Latin au Grand Hôtel de Kinshasa, à la Gombe. Pour faire de la musique, Fally devait convaincre son père. Papa Ipupa Ebamba le préférait médecin ou expert en informatique. « Il n’y a que ma mère (Mama Bolotuti Mbo) qui m’encourageait ». Le problème s’est réglé quand il a décroché son Bac en Biochimie. « C’est à ce moment que j’ai décidé de m’investir en musique ».
Fally reconnaît que les Wenge ont influencé son choix : « J.B.-Mpiana et Werra m’ont donné le goût et l’ambition de devenir musicien. Je les admirais avant tout ; j’étais, par ailleurs, marqué par l’écriture poétique de Koffi et la dextérité vocale de Papa Wemba ».
Quels sont les moments difficiles que tu as connus à tes débuts ?
La concurrence. C’était une vraie compétition entre nous. Aujourd’hui, j’évolue comme un poisson dans l’eau.
Koffi Olomidé aurait un caractère très difficile. Comment as-tu fait pour le supporter sept ans durant ?
Je suis venu dans Quartier Latin avec des objectifs bien précis. Je ne me considère pas comme le copain de Koffi Olomidé. Je m’applique simplement à faire correctement ce qu’il me demande. Je ne me préoccupe surtout pas des humeurs des gens.
Le public s’étonne que Koffi t’ait permis de réaliser un album...
Pourquoi s’étonne-t-on ?
Suzuki fut viré pour moins que ça. Tu as sûrement beaucoup supplié ?...
Pas du tout. J’ai attendu mon heure. Je suis un artiste. J’ai le droit de réaliser mes rêves, de faire un disque. Koffi m’a accordé l’autorisation sans problème. C’est l’essentiel. Que tous ceux qui m’aiment achètent « Droit chemin » dont voici les différents titres : Droit chemin, Liputa, Sopeka, Mabele, Kidianfuka, Attente, Nofra-Ketsh, Mioloseke, 100 % Love, Associé, Bakanja, Un prince à South-Fork, Orgazy .
Les gens attribuent, le plus souvent, le succès des musiciens à des fétiches. À quoi attribues-tu le tien ?
À l’Eternel des armées qui, dans Matthieu 7 : 7, nous recommande de « demander pour recevoir ». Je ne force personne à me croire. J’attribue mon succès à Dieu qui m’a donné l’inspiration. Si je mens, il peut me punir.
Le public aimerait savoir si tu es l’auteur de tes chansons ?
C’est sans équivoque ! Je suis prêt, néanmoins, à travailler (dans l’avenir) avec des paroliers de valeur. Je suis entre-temps soutenu et bien conseillé.
Comment juge-tu la sensationnelle réussite de la musique chrétienne ?
J’ignore si les musiciens chrétiens nous aiment autant que je les aime. J’écoute beaucoup leurs chansons. J’adore particulièrement la chanson « Seigneur » de notre sœur Marie Misamu. C’est une très bonne chanteuse. Frère José Nzita me fascine aussi. Je déplore, toutefois, la confusion qui règne entre les deux musiques. Oui pour la louange mais qu’on demeure dans l’originalité. Certaines œuvres présentes sur le marché ressemblent à des copies de nos produits. Ils commencent même à dédicacer des individus dans les œuvres consacrées à l’Eternel.
Comment vois-tu l’avenir de la République démocratique du Congo ?
J’aime tellement mon pays, à tel point que, si je reste deux semaines à l’étranger je craque, je prie Dieu tous les jours pour que notre beau Congo devienne une grande puissance économique. Qu’Il accorde surtout la sagesse nécessaire à nos dirigeants pour mieux conduire le pays. C’est bon déjà et ça ira.