
Joseph Kabasele dit Kale Jeef ou Grand Kale, accompagné par son orchestre, African Jazz, qui avait effectué le voyage de la capitale belge, a composé la chanson « Indépendance Cha Cha », une œuvre qui est entrée dans l’histoire de notre pays.
La musique congolaise contribue à l’évolution de la situation politique de notre pays et, ceux qui ont choisi l’art d’Orphée pour s’exprimer, se sont vus, pour l’une ou l’autre raison, retirer leurs actes de liberté. D’autres, plus tenaces, n’ont pas hésité de choisir le chemin de l’exil pour se mettre à l’abri des intrigues politiciennes.
Toutefois, de loin ou de près, les musiciens congolais, ont toujours essayé, à travers leurs chansons, de prodiguer des conseils à ceux qui conduisent les affaires du pays.
Indépendance
Le 30 juin 1960, le Congo Belge est devenu un pays libre qui devait désormais compter sur ses propres forces en sachant assumer ses responsabilités avec indépendance tout en se créant de bonnes relations pour assurer un avenir radieux à son peuple.
Depuis cette date historique jusqu’à ce jour, les musiciens congolais sont restés attachés à leurs idéaux en apportant, si minime soit-elle, leur pierre à l’édification du grand Congo. La question que l’on se pose présentement, 47 ans après, est celle de savoir si les messages des musiciens ont été entendus par les politiciens.
En effet, peu avant la date du 30 juin 1960, il s’est tenu à Bruxelles, en Belgique, une Table Ronde qui avait regroupé les autorités de l’ancienne métropole à celles du Congo nouveau. C’est donc à l’issue de cette conférence que la date de l’indépendance du Congo avait été arrêtée.
Saisissant la balle au bond, l’artiste musicien Joseph Kabasele dit Kale Jeef ou Grand Kale, accompagné par son orchestre, African Jazz, qui avait effectué le voyage de la capitale belge, a composé la chanson « Indépendance Cha Cha », une œuvre qui est entrée dans l’histoire de notre pays et, à travers laquelle, l’auteur compositeur démontre la maturité du peuple congolais à pouvoir s’assumer.
Il n’hésite nullement à citer nommement les politiciens ayant pris une part active aux assises de Bruxelles, tant en leur prodiguant des sages conseils : Kasa-Vubu, Lumumba, Kashamura, Bolikango, Tshombe, Kamitatu, Kanza… Des noms qui formaient la crème politique congolaise de l’époque. Sont cités dans cette chanson qui, somme toute, s’est vendue à plusieurs milliers d’exemplaires.
François Luambo Makiadi dit Franco de Mi-Amor est parvenu à s’identifier comme porte-parole des politiques et de la société. Parce qu’après les éloges, il n’hésitait pas à s’en prendre à ceux qui abusaient de leur pouvoir.
Quand les différentes sécessions et rébellions survinrent dans notre pays, les musiciens ont tout mis en branle à travers leurs chansons pour appeler à l’unité nationale. Nous citerons Tabu Ley Rochereau, Mulamba Joseph « Mujos » qui, dans différents titres, ont milité pour l’édification du pays et le retour à la paix.
Dans « Bato ya Congo » par exemple Mujos clame : « Kotonga mboka, eponi moto te » ; « Bobima zamba, bozonga na mboka », lance Tabu Rochereau aux sécessionnistes.
Puis, prenant la relève, François Luambo Makiadi dit Franco de Mi-Amor est parvenu à s’identifier comme porte-parole des politiques et de la société. Parce qu’après les éloges, il n’hésitait pas à s’en prendre à ceux qui abusaient de leur pouvoir. Luambo a chanté « Bulundwe, gouverneur ya Katanga », « Justin Marie Bomboko », « Commissaire Mwaku » et tant d’autres…
Peu après, c’était l’ère mobutienne. Ici aussi, restant au devant de la scène, Luambo Franco n’a pas hésité un seul instant, à décrire toutes les situations vitales qui se sont présentées à lui. De ce fait, il a beaucoup contribué à faire asseoir la révolution mobutienne en vantant l’acteur et son idéologie à travers des chansons telles que « Toko voter mayi ya pondu », « Belela kombo ya Mobutu, Bandoki basili te », « La vérité de Franco », « 3 Z »…
Tabu Ley Rocherau n’est pas resté en laisse. Emboîtant le pas à Franco, il a lui aussi chanté « La révolution du Guide » et on peut le découvrir dans « Tongo nouveau », « Retroussons les manches »…
A suivre…