
La guerre fait rage entre les Etablissements Ndiaye et la maison Atlantic Music, qui s’accusent mutuellement d’avoir violé la décision du Parquet Général près de la Cour d’Appel de la Gombe interdisant la publicité et la diffusion, jusqu’à nouvel ordre, de «Danger de mort», le nouvel album de Quartier Latin International. La décision du Parquet, faut-il le rappeler, faisait suite à une plainte de la maison française Sonima, qui dénie aux Ets Ndiaye, partenaires de Koffi Olomide, le droit de distribuer l’album précité à Kinshasa. Dans le cadre de cette affaire, le magasin des Ets Ndiaye, sur l’avenue du Commerce, a été scellé sur réquisition du Parquet, mercredi dernier à 6 heures du matin. Mais, les scellés ont été enlevés le même jour à 15 heures sur décision du Parquet Général de la République saisi du dossier et lui-même auteur des scellés.
Parallèlement à l’action judiciaire, les parties en conflit, à savoir Sonima, les Ets Ndiaye et Atlantic Music avaient été reçues par le Directeur de Cabinet du Ministre de la Culture et des Arts, le vendredi 6 octobre. Le collaborateur de Philémon Mukendi a recommandé que la Sonéca prenne en charge l’affaire au travers d’une commission de conciliation. Ce qui n’est pas encore fait.
Au niveau des Ets Ndiaye, on accuse la Sonéca de partialité, ce qui expliquerait le peu d’empressement de cette société à oeuvrer pour un règlement en douceur du litige tel que recommandé au ministère de la Culture et des Arts. Le courroux contre la société d’auteurs congolaise est d’autant plus grand qu’elle avait perçu les droits de reproduction mécanique lui versés par la maison Ndiaye en vue de la duplication des cassettes de l’album «Danger de mort». La société dirigée par Claude Mashala a par la suite fait de même avec Atlantic Music, qui s’apprête à lancer officiellement sur le marché ses cassettes du même album de Quartier Latin International, ce week-end, renonçant de ce fait à la date du 21 octobre initialement annoncée.
Face à cette situation, les Ets Ndiaye viennent de décider de déférer la Sonéca devant la justice pour tous les préjudices subis dans cette affaire. S’agissant de l’action judiciaire engagée devant le Parquet par Sonima, un cadre des Etablissements précités estime que l’affaire devait être portée devant un tribunal. Encore que le contrat entre Sonima et Koffi Olomide dit qu’en cas de conflit, ce sont les tribunaux de France qui sont compétents.
Par ailleurs, a renchéri Blanchard Mbemba, étant donné, néanmoins, que l’affaire est toujours en cours d’instruction au Parquet, personne parmi Atlantic Music et Ndiaye ne peut mettre l’album litigieux de Quartier Latin International sur le marché. Pour ce qui est de la plainte de Sonima contre son employeur, l’homme des Ets Ndiaye est d’avis que cette plainte devait plutôt être orientée contre Koffi Olomide.
Pour sa part, le Grand Mopao est pour un règlement de ce dossier à l’amiable, indiquant que nul dans cette affaire n’est de mauvaise foi. S’il est vrai qu’il a signé avec Sonima, le patron de Quartier Latin International explique qu’il avait la latitude de designer un distributeur en RDC et au Congo-Brazaville pour «Danger de mort». Ce que lui conteste M. Nadim, le patron de Sonima, qui a confié la distribution de cet album à son partenaire Atlantic Music. Qui a raison ? Qui a tort ? La justice ne devrait pas tarder à trancher au vu du contrat entre Sonima et Koffi Olomide qui demeure la pièce-clé.