Lauréate avec Emile Soki en 1970 d’un concours de Jeunes Talents initié par le chanteur Gérard Madiata et tenu au stade Tata Raphaël, Abeti Masikini née Elisabeth Finant a aussitôt démarré une brillante carrière musicale sous l’encadrement de Gérard Akweson, son manager et mari à la tête d’une formation musicale avant- gardiste, « Les Redoutables ».

La « Tigresse aux griffes d’or » incarne encore à ce jour en Rdc la carrière musicale sans doute la mieux réussie au plan international.

La cantatrice a fait L’Olympia plusieurs fois. Elle a été au Zénith de Paris, en Chine où elle a effectué une tournée à travers 20 provinces, elle a joué au Carnegie Hall aux Etats-Unis d’Amérique, salle grandiose où aucun Congolais n’est passé ni avant ni après  elle, elle a sillonné l’Afrique...

C’est à la porte de cette diva plus dune fois disque d’or que Marie-Claire Mboyo alors âgée de 14 ans seulement alla frapper pour tenter sa chance dans le domaine de la musique.

Accroc de la chanson dès sa tendre enfance, petite-fille de griot, fille d’une danseuse traditionnelle, Marie-Claire chantait à la maison pour son plaisir, chantait et chantait toujours.

Un aîné du quartier que cela frappait, suggéra à la fille de postuler chez Abeti Masikini. Il rédigea pour elle une demande à l’intention de la grande chanteuse que Mboyo signa.

Quelques jours après, la réponse tombait, positive. Jugée apte après le test d’usage, Marie-Claire intégra « Les Redoutables » en qualité de choriste et danseuse.

Elle avait déjà quelque quatre ans et demi dans ce groupe où elle faisait une grosse impression à Abeti Masikini et à Gérard Akueson ainsi qu’à tout le groupe quand un incident malheureux se produisit.

La paire de chaussures disparue

Un jour, rentrée d’Europe, Abeti Masikini perdit une paire de chaussures ramenée de son voyage. Elle fit appel à une voyante. Quand cette, dernière, devant tout le groupe réuni pour cela, entama ses incantations,  Marie-Claire partit d’un sourire inextinguible. Voulait-elle se venger ? La voyante désigna Mboyo comme la voleuse. Froid dans le groupe.

La jeune fille crut d’abord à une farce de mauvais goût. Le charlatan persista et signa. Marie-Claire pleura toutes les larmes de son corps. Elle décida de s’en aller, de quitter le groupe. Ella prit ses cliques et ses claques.

Au moment de sortir de la parcelle, Abeti Masikini tenta de la retenir sans lui avouer que la vraie voleuse avait été entretemps repéré.

C’était un proche membre de la famille de la « Tigresse ». Or, une amie avait eu le temps de le souffler à Marie- Claire, dont la rage avait considérablement enflé.

La jeune choriste venait de mettre une croix définitive sur Elisabeth Finant alias Abeti et son groupe. Mais aussi sur sa jeune carrière musicale.

Marie-Claire décida alors de reprendre le chemin de l’école pour des études de secrétariat. Mais, deux mois à peine après, déçue là-bas par un enseignant plus intéressé par ses charmes que par le métier à lui enseigner, Mboyo résolut de rester à la maison.

L’appel de Sam Mangwana

C’est dans ce contexte que le guitariste Attey mandaté par le chanteur Sam Mangwana va faire chercher une Marie-Claire très impressionnée. Sam Mangwana, la faire chercher ! Sans résistance mais, un peu timorée, elle suivit l’émissaire de « Mwana nzoku ».

Ainsi, le public eut à découvrir en 1980 sur Télé Zaïre, la jeune choriste notamment dans la chanson « Bana ba Cameroun »  de Sam. Qui lui donna aussi au cours de cette même soirée l’occasion de se mettre en vedette avec deux chansons de son idole togolaise.

Bella Below tuée dans un accident de voiture dans son pays aussitôt rentrée de Kinshasa où elle venait de faire une forte impression.

Avec panache, Marie-claire réussit son baptême aux côtés de Sam Mangwana avec lequel elle resta seulement une année. Le chanteur en quête permanente de nouveaux horizons voyagea, plaquant et son groupe d’accompagnement et sa choriste. Nouveau dépit pour Marie-Claire qui cracha une fois de plus sur la musique.

Et voici Mbilia Bel

Comme s’il guettait cette occasion, le même Attey revint chercher Marie-Claire, cette fois-ci envoyé par Tabu Ley Rochereau. Auprès de qui quelques années avant et alors que la jeune fille évoluait encore sous sa direction, Abeti avait vanté Mboyo Moseka.

Après quelques résistances, Marie-Claire alla à la rencontre du Seigneur Rochereau qui lui avoua tout de suite qu’elle était de l’or en barre.

1982 : Marie-Claire Mboyo sous le nom d’artiste désormais de Mbilia Bel entama une carrière à succès au sein de l’Afrisa International. La symbiose entre l’auteur compositeur Tabu Ley, qui venait de trouver l’oiseau rare, et Mbilia Bel était parfaite. La chanteuse enregistra aux éditions Vévé de Kiamwangana Mateta la chanson « Mpeve ya nlongo », un grand succès, et « Sima na ngai ».

L’Afrisa International se révéla plus que jamais une machine à tubes avec Mbilia Bel qui conquit la gent féminine avec des succès comme « Esui yo wapi ? », « La Beauté d’une femme », « Mbanda na ngai », « Beyanga », « Nairobi », « Yamba ngai » et une kyrielle d’autres. L’orchestre de Rochereau atteignit son apogée.

1987 : Le couple côté coeur, lequel a eu une fille nommée Mélodie, entra dans une période orageuse.

1987 : Le couple côté cœur, lequel  a eu une fille nommée Mélodie, entra dans une période, entra dans une période orageuse.

Quant elle monta sur la scène de la salle des  Congrès au Palais du peuple en décembre de cette année-là, celle qui s’était fait couronner comme la Cléopâtre de la musique africaine « le fit bien malgré elle. Ce fut du reste sa toute dernière prestation aux côtés de Rochereau.

Au bout de sa fugue, Mbilia Bel se signala à Paris. Sous la direction artistique du guitariste Rigo Stars, elle mit sur le marché, en août 1988, l’album « Phénomène », un grand succès et un florilège de beaux titres comme celui qui a donné son nom à l’opus, « Manzil Manzil Mayavale », « Amour sans frontières »...

Une florissante carrière en solo, se dit-on, venait de s’ouvrir pour la chanteuse. Erreur. La «  Cléopâtre semble, depuis, avoir baissé pavillon, ne se signalant plus que par à-coups, grâce notamment au  Poète Lutumba Simaro. Manifestement, la chanteuse a perdu le moral. Bonne chose, Marie-Claire paraît avoir recouvré la confiance en soi et sa combativité. Son talent demeure intact, pas de doute la « Reine » Cléo va rebondir. On l’espère en tout cas.

Kale Ntondo/Visa