
Avec son look mortel et son style dandy, Didier Zokora, dit Maestro, ne
passe pas inaperçu. C'est le chouchou des femmes qui adorent son côté
crâneur.
Quand on dit Maestro, on voit l'artiste des Eléphants footballeurs.
-
En fait, j'ai la joie en moi. Ma mère m'a élevé comme ça ! Elle m'a
inculqué la joie de vivre, l'amour du prochain. J'ai toujours gardé
cette phrase tirée de la bible dans ma tête : «Aimez-vous les uns les
autres» et ça me sert énormément dans ma façon d'être et de vivre. La
vie est belle ! J'aime l'ambiance, je ne m'en prive pas !
. Des boucles d'oreilles, des cheveux légèrement gominés parfois, tu as raté ta vocation ou quoi ?
-
Non ! Je n'ai pas raté ma vocation. Les boucles d'oreilles, c'est la
mode, c'est de mon temps ! Je suis victime de la mode, peut être.
(Rires).
. Un peu frimeur sur les bords.
-
Moi, frimeur ? Non ! Tous ceux qui me connaissent savent que je suis un
mec ouvert, sans façon. Je suis comme tous les jeunes de mon âge. C'est
seulement parce que j'ai eu peut-être la chance de devenir célèbre
grâce à mon métier. Sinon, je suis d'une grande simplicité.
. Et tes nombreux tatouages sur le corps, ça répond à quoi ?
-
J'ai deux filles : Sara et Nadia. La première a cinq ans et la seconde,
deux ans. J'ai gravé leurs prénoms sur le bras gauche. Côté droit,
c'est celui de mon petit frère Armando, qui est décédé. Il jouait à
l'Académie Mimos Sifcom, comme moi. Enfin, le dernier tatouage, c'est
une image de ma femme. Le tatoueur a gravé sur ma poitrine le visage de
mon épouse à partir d'une photo qu'on lui a donnée. C'est ma famille et
de cette façon, elle me suit partout, même si elle n'est pas présente
physiquement.
. Une photo de ton épouse sur la poitrine, c'est fort, quand même. C'est un frein pour les autres nanas ça !
-
Je suis jeune, mais je pense qu'il est important d'avoir une vie assez
stable, d'avoir une famille qui te soutient. Je ne suis pas infidèle.
Mes filles et ma femme, c'est toute ma vie. Il n'y a rien de plus
important qu'elles. Et je le démontre !
Quand je me suis marié, j'avais 21, 22 ans, c'était le 19 décembre
2002. Tu sais, on fait un métier où on plait à des gens, entre
guillemets. Ce n'est pas évident. Et puis professionnellement, il y a
tellement de pressions lors des matches que si tu rentres chez toi sans
personne pour te soutenir, te réconforter, c'est terrible ! La chaleur
de ma femme, c'est tout ce qu'il y a de mieux dans les bons comme les
mauvais moments.
. Toi. Tu es sûr que tu n'as jamais été infidèle ?
-
Jamais. Oh, attends ! Ma femme, c'est la première fille que j'ai connue
dans ma vie ! On avait à peine 16 ans. Cela fait dix ans que nous
sommes ensemble. Et je te parle franchement. Quand on aime réellement,
on ne va pas ailleurs. Nous sommes très complices, nous savons
communiquer.
Et puis, elle m'a toujours
donné la liberté de faire ce que je veux. Je pense que c'est quand une
femme coince un mec qu'il fait des bêtises. Moi, je n'ai pas ce
problème-là, donc je reste tranquille.
.
-
Bon, je sors de temps en temps, c'est vrai, avec mes potes, mes
proches. J'ai mes moments de liberté, mais je n'en abuse pas. Les
apparences sont trompeuses, tu sais. Je ne me lance pas des fleurs,
mais on dit que je suis beau, que j'ai le style qui plait, mais ce
n'est pas pour autant que je vais en profiter pour tirer sur tout ce
qui bouge, non ! Ce n'est pas mon genre. Je suis très rangé. Je
respecte la femme, ma femme. J'ai ma famille, ça me suffit.
.
Tu es un bon vivant, mais ce n'est pas facile pour toi d'aller en boîte
comme tu le voudrais en Europe, vu les exigences de vos dirigeants
sportifs ?
- Franchement, je ne vais
jamais en boîte en Europe. On fait un métier où il faut faire la part
des choses. Là-bas, c'est le boulot ! C'est quand on vient à Abidjan,
pendant les vacances, qu'on profite pour faire.
. Des bêtises.
-
Non ! Pour s'éclater afin d'oublier le stress. Partager de bons moments
avec la famille, les potes. On ne va pas venir au pays et s'enfermer
comme on le fait chez les Blancs à cause du boulot, non !
. Ton plus grand défaut, c'est la nervosité
-
Pas nerveux, je dirais impulsif ! Je n'aime pas perdre et je reconnais
que souvent, j'ai du mal à me maîtriser. Mais, mon côté «bad boy»,
c'est uniquement sur le terrain.
. Tu as trop de prises de bec lors des matches.
-
Non ! Avec l'expérience, j'essaie de me contenir de plus en plus. Il y
a eu le cas Edgar Davis qui jouait avant à Tottenham. Je t'explique.
Etant nouveau joueur, il y a toujours des mecs qui sont là pour te
tester. Bêh ! quand c'est comme ça, je réagis.
Mais
bon, il a fallu ça pour que ce mec et moi soyons de bons potes et
voilà. Ce sont des choses qui arrivent dans la vie. Il y a des chocs
comme ça, c'est inévitable.
. Tu ne crois pas que ce trait de caractère te dessert un peu ?
-
Dans la vie, on ne peut pas plaire à tout le monde. Les gens voient le
côté nerveux, mais j'ai quand même du talent ! Et ça ne me dérange pas.
Je pense que tous les mecs qui jouent au même poste que moi ont une
certaine agressivité dans le bon sens du terme. Et moi, je suis
agressif dans le bon sens du terme !
. Tu es du genre à aimer faire l'amour avant un match pour être en condition ?
- Avant un match, je suis au vert et ma femme, en plus, n'est pas là (rires).
. Et après ?
-Je suis fatigué, donc au repos. Il faut que je récupère.
. Ni avant ni après, tu fais l'amour à quel moment alors ? Et combien de fois ?
-
(fou rire) Je le fais dans la semaine, voilà ! Non. Je ne peux pas te
dire combien de fois. Je le fais et c'est tout. Je ne comptabilise pas.
Ce qui est sûr, je fais l'amour.
. Tu as l'air timide quand on aborde ce genre de sujet.
- Arrête de chahuter !
. Tu es du genre «rapide», moyen ou lent au lit ?
- Il faut être patient, il faut être lent et doux avec une femme !
. Le type nerveux que tu es deviens subitement doux ?
-
Hééé ! En amour, il faut être doux (rires). Sinon, je fais comment ?
Les gens voient toujours ce côté nerveux, mais c'est n'importe quoi. Je
suis d'une douceur exquise (rires).
. Tu es du genre à t'épiler le corps ?
-
Non, je suis imberbe, je n'ai pas assez de poils sur moi, donc je ne
m'épile jamais. Bon. Au niveau des aisselles, c'est la moindre des
choses et si tu veux .ouais (rires) !
. Quoi ?
-
Etant donné que j'aime plaire, il faut être beau, propre, partout.
J'épile mes aisselles pour que ça soit lisse. Je fais aussi des soins
de visage, le gom-mage. Tu l'as dit, je suis un artiste et ça doit se
ressentir sur mon corps.
. Dis, tu prends toujours la vie comme elle vient ? Rien ne t'ébranle ?
-
A un moment, j'ai été ébranlé. La mort de mon frère Armando a été le
pire souvenir de ma vie. Cela m'a touché profondément et je n'avais
plus goût à rien. J'ai failli arrêter le foot.
.
-
Et ce jour-là, j'étais présent. On était allé faire une virée à la
plage avec tous les joueurs de l'Académie. Il est mort par noyade. Il
ne savait pas nager. J'étais au bord de l'eau et lui, dans la mer, il
s'est fait emporter par une vague. Cela fait neuf ans aujourd'hui.
. Désolée.
-
Ce n'est rien ! J'ai toujours mal, mais plus comme avant. Aujourd'hui,
j'en parle sans difficulté, le temps étant un allié pour oublier les
peines. La vie est ainsi faite et c'est pour ça que je dis que chaque
instant que nous passons sur terre est précieux. Il ne faut pas se
prendre la tête, mais en profiter. Tu comprends pourquoi je suis un bon
vivant !