
L’attaquant du Football Club de Sochaux, le Burkinabé Moumouni Dagano,
est en vacances à Ouaga. Profitant de ce moment de repos bien mérité,
il vient d’épouser celle qui a pris son cœur depuis quelque temps déjà
: la belle Safi
Moumouni Dagano fait partie de la galaxie des
joueurs africains évoluant en France. Grand ambassadeur du football
burkinabé, le sociétaire du FC Sochaux savoure actuellement, aux pays
des hommes intègres, la Coupe de France qu’il a offerte à son club
(grâce à un but en finale contre Marseille), à la fin de la saison.
Comme un bonheur ne vient jamais seul, Dagano qui vit actuellement une
grande idylle avec la ravissante Safi Minougou, Miss Burkina 2001 et
2ième dauphine Miss CEDEAO, la même année (présentement hôtesse de
l’air dans une compagnie aérienne), vient de se mettre la corde au cou.
Une semaine seulement après son mariage, la star du ballon rond n’a pas
hésité, le temps d’un entretien, à mettre en veilleuse sa lune de miel,
pour nous recevoir aux environs de 23 heures (SVP) à la célèbre avenue
Kwamé N’krumah, dans le somptueux cadre du Bacchus bar-karaoké, de son
ami Lébry.
• Comment ça va, Dagano ?
- Ça ne se voit pas ? (Rire) Je n’ai jamais été aussi en forme de ma
vie. Très sincèrement, tout va bien, par la grâce de Dieu. Je me sens
bien dans ma peau.
•
Tu viens de te marier. C’était le 17 juin dernier, juste après la
douloureuse élimination des Etalons pour la Can 2008. Ça ne devait pas
être évident ?
Non, mais, la date du mariage avait été
programmé depuis bien longtemps. J’avais espéré qu’on parte tous faire
la fête, après la victoire de l’équipe nationale. Mais, c’est ça la
vie, il faut faire avec. Je suis content, le mariage s’est bien passé.
J’ai épousé la femme que j’aime, la mère de ma fille, c’est ça le plus
important.
• A propos, comment s’est faite votre rencontre ? On parle d’un casting que tu aurais organisé ?
- (Il éclate de rire) Ce n’est pas possible !! Non. On s’est rencontrés
en 2001, lors du tournage d’une publicité, pour une maison d’assurance.
On m’a approché, et on m’a averti que j’allais tourner en compagnie des
miss. J’ai dit : aucun problème. Et sur le plateau, j’ai croisé le
regard de celle qui est devenue aujourd’hui ma femme. Ce sont des
moments qu’on n’explique pas. Quand ça vient, ça vient. C’est ça le
coup de foudre, je crois. Donc, après quatre ans ensemble, il fallait,
comme le dit la chanson, officialiser la relation. C’est important pour
la carrière d’un footballeur d’être stable, d’avoir quelqu’un sur qui
compter dans les moments difficiles.
• Et comment se porte la mariée ?
- Elle se porte très bien. Il n’y a aucun problème. Je te remercie.
• Et les frustrées dans tout ça ?
- Je n’ai frustré personne (rire). Tu sais, c’est une chance d’avoir la
sympathie des gens. Les femmes sont dotées d’une bonne intelligence. Il
faut savoir leur faire comprendre, pour qu’elles acceptent. Il est
important d’avoir des limites avec les femmes, même s’il est difficile
parfois de leur résister.
• Toi qui viens d’une famille modeste, mesures-tu le chemin déjà parcouru ?
- Ça, c’est au quotidien qu’on le fait. Je connais très bien les
réalités de mon pays. Quand on regarde dans le rétroviseur, c’est vrai,
on voit le chemin parcouru, mais l’objectif n’est pas encore atteint.
Il faut continuer le travail. Travailler encore dur, pour faire plaisir
à ma mère, qui vit toujours du côté d’Abidjan, à mes 3 frères et sœurs,
à la famille, et à tout le pays qui me soutiennent.
• C’était évident pour toi d’être joueur professionnel ?
- Non, pas du tout ! C’était un rêve pour moi d’être joueur
professionnel. C’est le rêve de tous les gamins africains qui aiment le
foot. Au début, je jouais seulement pour le plaisir, et après, c’est
devenu une passion. Mais, il faut reconnaître que j’aimais vraiment
trop le foot. Mes amis d’enfance à l’Avenue 5, rue 17 (Treichville -
Abidjan : ndlr) peuvent témoigner. On me voyait pratiquement à tout
moment avec un ballon.
• Quand as-tu pris conscience de ton potentiel ?
- Je crois qu’au fur et à mesure que le temps passe et que tu continues
de frapper dans le ballon, les ambitions naissent. En 1994 à Abidjan,
j’ai commencé à recevoir de l’argent en jouant aux comités (ndlr :
tournois interquartiers). C’est là que j’ai compris que je pouvais
avoir encore beaucoup d’argent en jouant un peu plus haut. Dans la
foulée, j’ai appris que le Stella Club d’Adjamé procédait à un
recrutement. Je suis allé tenter ma chance, et j’ai été retenu en
équipe junior de Jonas Akoupo. Mon premier match pro, c’était à la
saison 95-96, en finale de la Coupe nationale, face à l’Asec d’Abidjan.
Imagine la pression !... Surtout que je jouais en face de mon idole,
Sam Abouo Dominique. La peur au ventre, je n’ai rien pu faire. On a
perdu la finale 1-0, mais c’était un bon premier pas.
• Aujourd’hui, as-tu les nouvelles de tes amis de l’époque ?
- Je suis toujours en contact avec mes amis d’enfance. Je les invite
souvent à venir à Ouaga, et tout se passe bien. Mais ce qui est
dommage, je ne sais plus que sont devenus mes amis du Stella club. J’ai
seulement le souvenir de Doumbia Moussa, qui était un moment à l’Asec ;
et depuis, je ne sais plus rien de lui. Mais, c’est la vie, on se perd,
on se retrouve…
•
Les supporteurs en premier, ont beaucoup misé sur toi à Guingamp. On
t’attendait comme le remplaçant idéal de Didier Drogba, qu’est-ce qui
n’a pas marché ?
- Beaucoup de choses. Il pesait sur moi
beaucoup de pression, trop de pression même. Drogba avait été trop,
trop fort. Il avait mis la barre au-dessus. On ne remplace pas Drogba
aussi facilement, surtout que l’équipe avait été remaniée à plus de
50%. Il me fallait impérativement un temps d’adaptation. Même si c’est
vrai que je venais en tant que champion de Belgique, meilleur joueur
africain, deuxième meilleur buteur, ce n’était pas facile.
• Aujourd’hui, tu retrouves un second souffle du côté de Sochaux.
-
Absolument. Gagner la Coupe de France avec ce club est pour moi un vrai
bonheur, surtout que je revenais après plus de 6 mois de blessure. En
plus, je marque un but, c’était génial ! C’est un énorme cadeau dans ma
vie, après la naissance de ma fille. J’ai encore 2 ans de contrat avec
Sochaux, si j’arrive à évacuer tout le stress de ma tête, on verra,
pour mon équipe, un Dagano beaucoup plus fort.