Africahit

Fode Mansare (Toulouse FC): "Je veux ressembler à Youssouf Falikou Fofana "
Monday, 24.09.2007, 05:41pm (GMT)

Fodé Mansaré est l’une des valeurs sûres de Toulouse-Football-Club. Au Silly national de la Guinée, il n’en est pas moins un pilier de choix. Parce que doté d’un talent de génie qui donne toujours des équations difficiles à résoudre aux adversaires.

Comment es-tu venu au football ?
- J’ai commencé le football étant tout petit, dans les quartiers de Conakry. Je devais avoir entre sept et huit ans.  Je n’étais pas pour l’école. Parce que je ne l’aimais pas. J’aime le football. Quand on me disait d’aller à l’école, je prenais mon sac pour aller au football. Mon père, peut-être qu’il me menaçait, mais il ne me frappait pas. Et puis, je voudrais aussi vous dire qu’il paraît que mon oncle a habité ici à Abidjan. Il  y a encore de la famille. Il va falloir que je me renseigne. A Conakry,  un  couple européen, venu travailler, m’a adopté. Ils m’ont emmené en France. Pour que je me «cherche». Je me suis battu. J’ai pleuré. Parce que mes parents me manquaient. Mais dans la vie , quand tu as envie de progresser, il faut laisser tomber tout ça. Aujourd’hui, je suis content . Tout comme ma famille et mes parents adoptifs. Quand j’ai eu mon fils, je lui ai donné le nom de mon père adoptif : Dominique. A propos du football proprement dit, j’étais fan de l’équipe du Brésil. Parce qu’on suivait les matches de coupe du monde. Je regardais et admirais les stars brésiliennes, ivoiriennes et camerounaises, telles que : Careca, Alemao, Youssouf Falikou Fofana à qui je veux ressembler d’ailleurs. J’aimais bien ses dribles, ses frappes. Je joue un peu comme lui ! J’étais un de ses fans. J’appréciais son jeu quand il était à Monaco. Roger Mila, l’idole de tous les Africains. C’était l’homme des situations critiques. Jusqu’à la dernière minute du jeu, il a son mot à dire. Pour revenir à Youssouf Fofana, c’était un joueur de talent qui faisait honneur à son pays, à l’Afrique. Dans un match, il faut toujours s’attendre à quelque chose d’extraordinaire de Youssouf. Il va dribler deux ou trois personnes. Ce n’est pas donné à tout le monde de le faire. Ça peut être un don. Mais parfois, il faut travailler pour y arriver. Et lui, je crois qu’il avait du génie. C’est un joueur qui valait de l’or.

• Quels sont les joueurs ivoiriens que tu connais ?
- Je connais pas mal de joueurs ivoiriens. Je peux citer pêle-mêle : Kolo Touré, qui dit m’apprécier pour le style de jeu que je fais. Il souhaiterait que je parte en Angleterre. Parce qu’il pense que je pourrais faire des choses à ses côtés. Quant à Didier Drogba, c’est un ami. Quand il était à Marseille, on se voyait. On se parlait. Mais son départ en Angleterre a fait qu’on a pris un peu de distance.

• Comment Didier et toi vous vous êtes rencontrés ?
- C’est sur le terrain que nous nous sommes rencontrés. Il est un très bon joueur. Actuellement, je peux dire qu’il est l’un des meilleurs, voire, le meilleur du monde. Il est complet. De la tête aux pieds. C’est incroyable ! Il travaille bien. Tout est bon chez lui.

• Le plus difficile au football professionnel, c’est quoi ?
- Le plus difficile, c’est de commencer. Quand tu commences, tu peux avoir la chance d’arriver comme ne pas arriver aussi. Tout est un problème de destin. Il y a des moments où, on peut forcer le destin.

• Quel rôle joues-tu dans la sélection guinéenne ?
- Je suis milieu gauche comme à Toulouse. C’est mon poste ça. Si tu m’enlèves de là, c’est mort ! A Montpellier, je jouais avant-centre (attaquant). A Toulouse, j’ai été transformé en milieu-gauche. Je ne m’en sors pas mal. Puisque je voulais défendre un peu.

• Es-tu croyant ?
- Je suis musulman. Je  crois en Dieu. Il faut prier pour conjurer le sort, pour sa famille, tout le monde, son pays, l’avenir de notre monde. Surtout de notre continent.

• Avant d’entrer sur un terrain. Que fais-tu ?
- Je prie Dieu de me conduire, me protéger sur le terrain. Qu’il me fasse marquer des buts. Qu’il me donne l’occasion d’en faire marquer par mes coéquipiers.
 
• Quelle est ta musique préférée ?

- J’aime bien la musique mandingue.  Je suis un accro de cette musique. Je suis Malinké, hein ! J’écoute Sékouba  Bambino, Salif Kéita… Je ne sais pas trop pourquoi mais je suis accroché à cette musique. En tout cas, j’aime bien la culture africaine. Il faut aussi savoir qu’après tout, je suis africain. Néanmoins, j’aime la musique ivoirienne. Surtout avec le «coupé décalé» et son cri de plaisir : fouka-fouka. Quand tu es avec Kader Kéita, tu ne peux pas écouter d’autres musiques que le «coupé-décalé» et son fouka-fouka.

• Quel est ton plat préféré ?
- C’est du «mafi». Un plat malinké. Cependant j’aime aussi «l’attiéké», «l’alloco». Ma femme les fait très bien. Je suis marié. Mon épouse s’appelle : Zeinab. Nous avons deux enfants : un garçon et une fille.

• Comment l’as-tu rencontrée ?
- On s’est rencontrés à Conakry. C’est en famille. C’était le jour de mon anniversaire. Elle y était. Je l’ai vue. Elle était toute calme à la fête. Je me suis dirigé vers elle. Pour l’inviter à danser. Elle était timide. Je l’ai amenée à danser. Ensuite, j’ai demandé son numéro de téléphone-portable. Parce que le lendemain, je devais voyager. Tout comme elle. Sa destination : Abidjan. Avant qu’elle ne parte sur Londres où elle vivait. A son arrivée en Angleterre, je l’ai appelée et c’est parti ! Elle est devenue aujourd’hui ma femme.

• Combien d’enfants souhaiterais-tu avoir ?
- Nous avons deux pour le moment. Mais si j’arrive à cinq, c’est bien ! Parce que dans ma famille, nous sommes cinq personnes.

• Si le football n’existait pas. Quel sport ferais-tu ?
- Euh ! Ça je ne sais pas, hein ! Peut-être que je serais mécanicien. Mais il faut dire qu’avec la passion que j’ai pour le sport, si  je n’avais pas joué au football, j’aurais quand même aimé le sport.

• Quelles sont les dispositions que tu prends avant un match ?
- Ça, c’est dans la tête, ça ! Si tu es bien dans la tête, il n’y a aucun problème. Aller ou ne pas aller avec une femme avant un match, ça, c’est des c… ça ! Quand tu es tranquille, fort dans ta tête, tu as le moral au beau fixe, tu peux faire tout ce que tu veux dans un match. Ce n’est pas parce que je vais avec ma femme que je ne peux pas bien jouer ! Ça non ! Ça ne gêne pas ! C’est un plaisir de rester avec ma femme. Elle me donne ce que je veux. Tu vois, quoi ! Je suis bien après ! Une fois sur le terrain, je me bats pour la victoire. Je me bats pour tout le monde. Pour elle, pour moi. Je donne le meilleur de moi-même. J’essaie de me faire plaisir sur le terrain. Donc je peux aller avec ma femme et bien jouer. Ça ne me dérange pas. Ça ne m’a jamais dérangé. Je l’ai déjà fait. Et les résultats ont toujours été meilleurs. A Toulouse, quand on n’entre pas au vert, par exemple, on nous donne rendez-vous samedi matin. Je dors quand même avec ma femme. 

• Vas-tu souvent au village ?
- Je suis parti une fois au village. Mais c’était un voyage éclair. J’ai fait un aller-retour. Mon père me fait des reproches parce que je n’y vais pas souvent. Je n’ai pas le courage d’aller au village. Je ne sais pas pourquoi ! Il y a quelque chose qui me retient. L’état de la route. Il faut faire beaucoup de sinuosités, la route est en spiral. Et ça va sur une pente qui fait peur. C’est dangereux. Ça me fait peur. J’ai peur d’aller au village. Parce que je n’ai pas pris l’habitude d’y aller. Il faut aller plusieurs fois pour s’habituer. Mais moi, je n’y suis pas allé en tant que tel. C’est pour quoi j’ai peur.

• Quels sont tes passe-temps favoris ?
- Rester en famille, à la maison.  Causer avec les gens. Ecouter tout ce qu’on me dit.

• Quels sont tes objectifs dans ton équipe cette saison ?
- L’année dernière, on a fini 3ème. On a commencé la nouvelle saison. Actuellement, on n’est pas trop bien. Mais pas aussi mal. Mais on se bat pour atteindre un niveau meilleur. Je prie Dieu pour faire plaisir à mon équipe. En donnant le meilleur de moi-même.

• Que comptes-tu réaliser de grand pour la Guinée ?
- Si j’arrive à signer pour jouer en Angleterre et que ça marche pour moi, je pourrai aider les jeunes Guinéens, en leur construisant des centres de formation pour le football. Ce sont les structures qui manquent  en Guinée. Sinon, il y a de bons joueurs  au pays qui sont plus forts que nous. S’il y a des moyens pour les aider, ça ira mieux pour eux.

•Et Abidjan ?
- C’est la première fois que je foule le sol ivoirien. Sinon, on m’a trop parlé de votre capitale. Kader Kéita me saoulait de ça ! J’avoue que c’est un plaisir pour moi d’y être et de découvrir sa beauté.

Top Visages


Copyright © by Africahit.com. All rights reserved.