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Pascal Feindouno (AS Saint-Etienne) : “On m’a initié au coupé-décalé”
Monday, 22.10.2007, 01:54pm (GMT)

A Saint-Etienne, il est le maître à jouer des Verts. Au Sily National, la sélection de football de Guinée, on l’appelle “Président”. De passage à Abidjan, récemment, avec l’équipe guinéenne, Pascal Feindouno a bien voulu causer à Top Visages.

• Te souviens-tu de ton enfance ?
- Mon enfance a été un peu difficile comme tous les autres enfants africains. Au départ, il n’y avait pas de centre de formation. On jouait comme ça dans les rues, à Conakry. C’était vraiment difficile pour nous. On voyait les autres enfants de l’étranger sur les chaînes de télévision  jouer sur une bonne pelouse. Alors que nous, c’était sur un terrain nu. Mais on faisait avec. C’est la vie, hein ! Mon premier club à Conakry : Les Hirondelles de Conakry. Après, ça a été au CIK (club industriel de Kamsar). De là, j’ai été sélectionné en équipe nationale cadette.

• Comment le foot est arrivé dans ta vie ?
- C’est avec mon père, Feindouno  Jean Lamanté, ancien footballeur (gardien de but) que j’ai  appris à aimer le football. Et puis, chaque fois, on me disait que j’avais une famille de footballeurs. Parce qu’un de mes frères joue à Lens, sans oublier les autres qui sont dans les petits clubs.

• Quels sont tes objectifs, cette saison, avec Saint-Etienne ?
- Notre objectif, c’est d’être parmi les cinq premiers. On sait que ce n’est pas de tout repos. Au début de la saison, on avait bien commencé. Je crois qu’il y a encore des réglages à faire. A cause surtout de l’arrivée des nouveaux. Il nous faudra attendre un peu pour que l’équipe puisse tourner à plein régime. De toute façon, j’ai confiance en l’équipe. Parce qu’elle est jeune.

• Qui es-tu hors des stades ?
- Je suis toujours le même Pascal  Feindouno. Je ne change pas. C’est vrai que sur le terrain, c’est le boulot. C’est différent. Il faut se donner. Mais au-delà, je reste moi-même, quoi ! Je ne fais pas la grosse tête, je respecte tout le monde. Du plus petit au plus grand.


- Hors des stades, je reste avec ma famille, mes parents. A part ça, avec mes amis, je vais jouer au basket-ball. Je vais aussi à la plage. J’aime bien chanter, rigoler, danser.
 
• Feindouno chanteur, un jour?
- Peut-être ! Pourquoi pas ? Déjà, j’ai  chanté sur un disque de 3 titres en France, il y a un an et demi aujourd’hui. Le titre de cet album : «Un cœur. Une main» (il parle du contraste). C’est en compagnie de mes amis de Bordeaux, des chanteurs, qui m’ont appelé pour qu’on  le fasse ensemble. 

• Tu comptes continuer plus tard ?
- Je ne sais pas encore. Pour le moment, c’est un point d’interrogation ! Sinon, j’aime bien chanter. Je voudrais aussi dire que je connais le «coupé-décalé» depuis longtemps. Je le danse facilement. J’ai des amis ivoiriens Chico, Zokora, Didier Drogba… qui m’ont initié.

• Tu connais beaucoup de joueurs ivoiriens ?
- Je connais à peu près tout le monde. Parce qu’on se rencontre parfois à Paris ou ailleurs et on discute en famille. Souvent, c’est au cours des matches amicaux, en sélection ou dans nos clubs respectifs. Quand Zokora était à Saint-Etienne, on partageait, au vert, la même chambre d’hôtel. Maintenant, j’ai Siaka Tiéné. Je suis donc un peu ivoirien, quoi ! (rires) !

• Didier Drogba ?

- Oui ! Je le connais bien. Il m’appelle : Président. Comme m’appelle tout le monde dans l’équipe nationale de la Guinée. Parce que je suis le capitaine. Dans le groupe, quand je ne suis pas là, il n’y a pas trop d’ambiance. La preuve, je ne suis pas arrivé à Abidjan en même temps que les autres joueurs. Je ne les ai retrouvés que le mardi soir. C’était la joie, le fête. Ça  a ravivé l’ambiance. Ils  étaient tous contents de me voir.

• Qu’est-ce qui vous rapproche,  Didier et toi ?
- On a un ami commun : Mohamed Sylla. Il est aussi en équipe nationale de la Guinée. C’est à travers lui  qu’on se voit de temps en temps.

• Revenons encore à la musique. Quelle est ta musique préférée ?
- En ce moment, c’est le «coupé- décalé» qui domine, hein ! (rires) En France, je danse ça toujours. J’ai des CD. Pas piratés. Mais origuigui ! (rires)

• Côté cuisine, quel est ton plat préféré ?
- Le riz avec la sauce feuille guinéenne. Sinon, j’ai découvert avec délices l’attiéké au poisson, l’alloco à Abidjan.

• Dans l’avion, il paraît-il que tu refuses de manger. Pourquoi ?
- Je mange un peu seulement. Parce que j’ai peur de l’avion. Je crie fort quand il y a des trous d’air.

• Si le football n’existait pas. Quel sport ferais-tu ?
- Peut-être le basket, avec ma petite taille. Parce que le basket, c’est physique. Tout comme le football.

• Quel est ton principal défaut ?
- L’oubli. J’oublie parfois de rappeler les gens quand on me laisse des messages. J’oublie parce que mon téléphone sonne toujours. Je ne peux pas quantifier le nombre de coups de fil que je reçois par jour.

• Généralement, que disent  les messages que tu reçois ?
- Souvent, il s’agit des messages sur le football. Il y a aussi des filles qui m’appellent. Mais c’est juste  pour avoir de mes nouvelles.

• Comment réagit ton épouse  face aux multiples appels des filles que tu reçois ?
- Apparemment, elle n’est pas jalouse.  Mais je sais que les femmes le sont. Il faut aussi dire que quand les femmes sont très amoureuses, elles deviennent dangereuses.

• Ton épouse a-t-elle découvert un  jour, un de tes nombreux appels de femmes ?
- Un jour, cela est arrivé. Parce qu’une fille avec qui j’avais rompu depuis longtemps m’a appelé. Mon épouse a découvert ça. Elle m’a attrapé, quoi ! En tout cas, elle n’a pas apprécié. Ça a fait des histoires. Mais finalement , elle s’est maîtrisée. Elle a géré le problème ! En disant que ce qui est passé, est passé.

• Quelles sont les dispositions d’avant-match que tu prends pour un meilleur rendement ?
- Comme chaque fois, on entre au vert la veille, il est donc interdit d’être avec une femme. Je ne touche à rien. Je ne peux pas. Si je pouvais, je le ferais avec mon épouse. Pour être bien moralement. Sinon, j’écoute la musique dans les vestiaires pour me décontracter.

• On dit aussi que aller parfois avec sa femme avant un match motive. Est-ce ton cas ?
- Oui ! C’est mon cas. Quand je suis sur place à la maison avec elle . Avant d’aller au vert. C’est mon épouse. Un petit «au revoir» quand même, pour être bien dans la tête, ce n’est pas mauvais ! Ça galvanise ! Et c’est normal ! Mais quand je suis en déplacement, ce n’est pas possible. C’est interdit. Je ne le fais pas.

• Vas-tu souvent au village ?
- Je suis allé une fois pour trois jours. C’était  à l’occasion d’un match de championnat. J’étais encore en Guinée. J’avais profité de cette circonstance pour voir ma famille. Je ne connaissais pas tout le monde. J’étais heureux. J’avais rencontré des amis d’enfance. Au village, je suis avec tout le monde. Mais j’aime bien rester avec les vieux. Parce qu’ils donnent des conseils. Ils sont source de sagesse.


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