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Hip Hop Ivoirien: A quand le réveil ?
Saturday, 30.06.2007, 03:48pm (GMT)

Le Hip Hop ivoirien est en baisse de forme depuis près d’une décennie. Il vit dans une léthargie sans précédent même si les faiseurs de cette musique ne veulent pas croire en cette réalité. Parce que, pour certains d’entre eux, l’heure du sursaut du Rap Ivoirien n’est plus loin.

Y aura-t-il un réveil ou non du Hip Hop ivoirien ? C’est la question que de nombreux observateurs du show-biz ivoirien continuent de se poser. Eux qui ont été bercés dans les années 93-94 par les belles notes de cette musique Rap d’origine américaine mais savamment concoctée avec des ingrédients locaux venus du fond de nos régions et qui donnaient une saveur beaucoup plus originale à la création. On le sait bien, beaucoup de jeunes chanteurs qui se voulaient comme porte voix de la musique ivoirienne n’ont pas hésité à se lancer sur la voie de la musique Hip Hop avec la ferme conviction d’être de véritables Stars dans leur créneau. Ils ont cru profondément en leur destin, surtout lorsqu’ils constataient que les deux têtes d’affiche de ce genre musical, Stezo avec sa ‘’Flotte impériale’’ et Almighty et son ‘’Ministère Authentik’’ faisaient parler d’eux sur toutes les places de la musique ivoirienne. Aidés sur plusieurs espaces médiatiques de la place avec des animateurs télé et radio qui faisaient vivre la musique Rap, les deux capitaines du navire des flows ivoiriens ont entretenu l’espoir de toute une génération qui se reconnaissait dans cette musique du ghetto et qui prône le combat, la justice pour les sans voix. Dans cet espoir, des groupes se formeront et des individualités émergeront ça et là pour consolider le mouvement Hip Hop en Côte d’Ivoire. Le MUR (le Mouvement Universitaire du Rap) avec des têtes comme Marc Lenoir, Kajeem et autres constituera le fer de lance dans la formation de plusieurs jeunes ivoiriens dont le Posse et bien d’autres groupes qui animaient toutes nos cités à travers des Sounds System organisés ça et là par des initiateurs comme MC Claver. Mais malheureusement, ce printemps du Hip Hop ivoirien n’a été que de courte durée. Les têtes d’affiche comme Stezo et Almighty s’étant exilés en Europe après et après l’historique clash du mouvement qui avait fini par lasser les Ivoiriens avec des querelles de toute nature, notre paysage musical avait tourné sa page sur le Hip Hop. Même les plus jeunes tels que les MAM ne réussiront à redonner vie à ce qui a été effacé par le Zouglou. Néanmoins, beaucoup de jeunes ivoiriens n’en démordent pas. Ceux qui se reconnaissent dans cette musique du Underground s’y lancent chaque jour dans l’espoir de recréer le déclic du Hip Hop ivoirien. C’est pourquoi, de nouvelles voix comme Pepsy, le Gbonhi Yoyoyo, Raoul, et autres avec le soutien de leurs devanciers tels que Muss, Mad, As (MAM), D.D.F, Almigthy, ne dorment plus sur leurs lauriers parce qu’ils croient fermement au vrai retour de l’étoile du Hip Hip ivoirien. Et pour croire en leur optimisme, il fallait assister aux concerts de Singuila, de Diams en avril et à celui de Booba le dimanche dernier. Ils ont été des centaines à venir des quatre coins d’Abidjan pour chanter, applaudir et manifester aux yeux du monde que le Hip Hop vivra toujours en Côte d’Ivoire. Tel est d’ailleurs le vœu de beaucoup d’ivoiriens mais rien n’est impossible, à condition que le Hip Hop ivoirien soit bien enrichi et adapté à notre marché. Sans quoi, la fin de sa léthargie ne sera pas pour demain.

 


José Téti, declic


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