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Tony Adams(manager, producteur des mam): L’histoire des M.A.M
Saturday, 19.08.2006, 12:47pm (GMT)

Te souviens-tu des débuts du groupe Mam ? - Les débuts du groupe remontent à 1991. Je me rappelle qu’à cette époque, Muss, le plus jeune, avait onze ans. Un an plus tard, nous avons commencé à préparer leur premier album, sorti en 1993. Mais à la base, ils sont tous mes petits frères.
• Comment es-tu devenu le manager et producteur de ce groupe ? - Au départ, je n’avais pas la prétention de devenir manager ou producteur. Quand j’ai découvert leur talent de rappeur, je me suis dit que ce sont des petits frères qu’il faut aider. Grâce à Babulax Lee, j’ai pu réaliser leur maquette. Ensuite, j’ai commencé à entreprendre des démarches en vue de trouver un producteur. Mais c’était toujours des promesses jamais tenues. Sur ce, Babulax m’a conseillé de produire moi-même le groupe.
• Quels moyens financiers disposais-tu pour la production ? - A cette époque, je gagnais déjà bien ma vie. J’avais une entreprise de carreaux. Ce qu’on m’a fait comprendre, c’est que être producteur ne veut pas dire être milliardaire. Mais que c’était un investissement à ma portée. C’est ainsi que j’ai produit le premier album des MAM.
• Où vivaient-ils à cette époque ? - Ils allaient à l’école, à Abengourou, leur ville natale. Ils étaient au collège là-bas. Et quand leur premier album est sorti, ils sont venus à Abidjan et ont fréquenté respectivement la Farandole puis le collège Lemania.
• Peux-tu nous raconter la toute première prestation scénique du groupe Mam ? - La toute première sortie du groupe Mam remonte à 1992. C’était même avant la sortie de leur premier album et ils n’étaient même pas encore connus.
• … - Notre première sortie s’est passée à la place Ficgayo, à Yopougon. Je me rappelle bien que c’est Barthélemy Inabo qui y avait organisé une foire. Imagine le monde qu’il y avait là-bas. Près de dix mille personnes. Avant de nous annoncer, l’animateur a demandé au public, vous voulez du rap ? Tu entends dix mille voix répondre : Non. Les enfants avaient peur de monter sur scène de crainte d’être lapidés. Mais comme j’avais foi en leur talent, je les ai poussés sur le podium. Une fois sur la scène, ils ne pouvaient plus reculer. Ils ont explosé et tout le monde est resté bouche bée.
• Que s’est-il passé après leur prestation ? - C’était phénoménal ! Après leur passage, le show s’est arrêté. Tout le monde voulait les toucher. Sans prétention, je savais que les enfants allaient séduire le public.
• Qu’est-ce qui t’a rassuré chez ces gosses au point de prendre un si grand risque ? - On avait fait simplement un gros travail de préparation au préalable. Je sais ce qu’ils valent et je les ai préparés en fonction. C’est pourquoi, ils ont été foudroyants.
• Comment les as-tu préparés ? - A cause de cette sortie, on a élaboré leur chorégraphie tant connue ici. Ils ont tout appris dès le départ. Tout avait été minutieusement planifié afin d’éviter le moindre faux pas qui pourrait nous être fatal.
• Dans quel pays africain s’est fait le premier voyage des Mam ? - C’était en 1993, au Burkina Faso. C’était quelque temps après la sortie du premier album Hold-Up. C’est Jérémie, le propriétaire du restaurant Akwaba qui nous avait invités pour jouer à une fête de Noël. Je ne sais pas comment ce monsieur a découvert le groupe, mais il était un fanatique des MAM.
• Comment avez-vous été accueilli à Ouaga ? - Ce qui est marquant, c’est qu’à l’aéroport, nous étions déjà attendus. Ensuite nous avions été accueillis en grande pompe. Le soir de notre prestation, tout le monde reprenait nos chansons en chœur comme si nous étions connus depuis longtemps.
• As-tu parfois entendu des propos disant que tu te sucrais sur le dos de tes artistes ? - Bien sûr. Au bout d’une dizaine d’années de carrière, j’ai entendu des ragots de toutes sortes. Il y a toujours des méchants qui balancent toutes sortes de médisance pour entraver la bonne marche des choses.
• Tu es là aussi pour annoncer la sortie de l’album solo de Muss. Cet évènement ne favorise-t-il pas les rumeurs de dislocation du groupe ? - C’est un choix collectif des artistes d’offrir à leurs fans quelque chose de différent. Il n’y a aucun souci à se faire de ce côté. Cela n’a rien à voir avec la séparation du groupe. Concernant, les albums solo, Ass est le premier à en faire, en 2000. Cette fois-ci, c’est Muss qui vient avec son premier album personnel. C’est une transition pour la trêve et ça donne du piquant à la carrière du groupe. Et cela existe dans tous les grands groupes d’artistes.
• Tu es le concepteur de la marque Y a Fohi en France. Est-ce un business avec les Mam ? - La marque Y a Fohi n’a rien à voir avec le producteur, manager que je suis. C’est juste un entrepreneur qui a eu l’idée de valoriser son pays en créant sa marque de vêtements. En bref, c’est une affaire qui n’a rien à voir avec les MAM. Cependant, nous sommes associés sur différentes autres affaires.
• Quelle est ta plus grande satisfaction avec les MAM ? - Lors des 10 ans du groupe, j’étais à l’hôpital à Paris. Mais en mon absence, des gens comme Hervé Cornueil ont tout fait pour que ce concert ait lieu. Ils ont reçu les artistes que j’ai envoyés, notamment Singuila, Tonton David, Nayanka Bell. Je ne peux que leur dire merci. Et sur place encore, il y avait des artistes tels que Aïcha Koné, Ismaël Isaac, les Wango. Le lendemain, on m’a appelé pour me féliciter d’avoir réussi un beau concert. C’est ma plus grande satisfaction. Et je remercie tous ceux qui ont soutenu et aidé les MAM, depuis leur début.
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