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Muss de MAM, Son nouveau combat
Thursday, 12.10.2006, 06:34am (GMT)





Est-ce les signaux du grand retour ou viens-tu tâter simplement le terrain ?

- C'est le grand retour. On était parti préparer l'album, là maintenant, c'est pour le concert puis pour la présentation de l'album.

* A travers ''Mon époque'', que veux-tu exprimer ?

- Je retrace notre époque à travers l'album. C'est plus mon époque pour marquer un temps. C'est mon premier album, c'est pour cela qu'on va retrouver à l'intérieur tout ce que je vis.

* On a constaté que tes frangins ont été un peu mis ''out'' dans la confection de l'album ?

- C'est juste le principe d'un album solo d'un membre d'un groupe. C'est comme cela. C'est un message qu'on défend ensemble. On retrouve néanmoins le groupe dans sa réalisation.

* Il y a eu l'intervention de personnes extérieures au groupe telles Jacob Desvarieux, Edgar Yonkeu. Est-ce à dire que tu n'es pas véritablement prêt à voler de tes propres ailes ?

- Je crois pas que ce n'est pas parce que je ne peux pas évoluer seul. C'est plutôt parce que j'estime que la musique est universelle et que je ne l'ai pas inventée. Moi j'aime faire les feats. De la même manière on fait appel à des choristes, à des batteurs, c'est de cette même manière qu'on fait appel à d'autres artistes.

* T'es-tu frotté à certains faiseurs du R&B en France pendant tout le temps que tu y as passé ?

- Oui, il y a Singuila, LS et autres. On se rencontre souvent.

* C'est peut être en tant que réalisateur de clips. Mais en tant qu'artiste, as-tu partagé une expérience avec eux ?

- C'est plus en tant qu'artiste qu'en tant que réalisateur. Je me retrouve de temps en temps avec Solaar en boîte, nous sommes donc dans le moov.

De la chanson tu flashes pour la réalisation. Pourquoi avoir entamé cette nouvelle aventure ?

- Depuis 1997, je faisais de la réalisation. J'ai fait les clips de notre groupe, de Shella, John Yalley. J'ai fait pas mal de clips avant. Au fur et a mesure, c'est un atout que j'ai eu. Et donc j'essaye de l'exploiter parallèlement à la musique. Le boulot de réalisateur est complémentaire à la musique. Etre par exemple ingénieur de son ou compositeur et chanteur, être réalisateur et chanteur, je pense aussi que c'est un atout.

* Tu te confies dans la réalisation. N'est-ce pas parce que ça rapporte gros ?

- Je pense que partout où je suis, je me mets à fond. Ça rapporte, c'est vrai, mais il y a aussi la passion derrière. Je ne le fais pas seulement pour avoir de l'argent. Il y a certaines personnes que leur passion appauvrit mais qui reste toujours dans le métier. J'aime bien l'esprit de tournage, le fait de se retrouver sur le plateau. Certaines personnes me disent que j'ai fait le clip de certains artistes mieux que le mien. Mais moi, je fais mon travail et je le fais bien. Si je fais les clips des autres mieux que les miens, c'est que je m'améliore dans ce que je fais.

* On a remarqué que tu t'es positionné dans ce milieu Zouk, R&B, en quelque sorte le milieu black. Celui des occidentaux t'est-il fermé ?

- Je pense qu'avant tout je suis Africain. Mon combat n'est pas celui de développer la musique des blancs. Mon combat est de développer notre musique en réalisant de beaux clips. Je veux donner à la vidéo africaine une autre dimension. C'est sur cet aspect que je me concentre sinon ce n'est pas parce que je suis fermé à la musique occidentale. Si on me propose une vidéo pour quelqu'un de bien connu c'est avec honneur que j'irai la faire.

* Les clips de tes proches ne sont-ils pas mieux montés que les autres ?

- C'est ça le problème. On me reproche plutôt de ne pas mieux faire les clips de mes proches que ceux des autres. C'est de l'inspiration, c'est comme un photographe qui arrive à un moment donné à choper la belle image. Ce n'est pas parce qu'il voulait mieux faire que les autres, c'est parce qu'il était sans doute plus inspiré que les autres. Il était sans doute dans les bonnes conditions ou il c'était mieux réveillé ce jour-là. Dans tous les cas, j'essayerai de faire le maximum pour que mes choses soient bien montées de même que celles des autres. Je ne fais donc pas de discrimination.

* Depuis que tu réalisés les clips, ta meilleure réalisation ?

- Personnellement, c'est difficile à dire. Une meilleure réalisation, ce n'est pas forcement celle qui a les belles images. Récemment j'ai fait la vidéo d'un chanteur Warren, je crois qu'elle cadre avec cet aspect. Trois jours avant de venir à Abidjan, j'étais en train de faire la réalisation de Extra Musica. Puis Fanny, une chanteuse de Section Zouk. Je pense qu'après le montage, ça va donner quelque chose de bien.

* Et le cinéma, ça sera pour quand ?

- Je suis en train de travailler là-dessus. Pour la réalisation d'un film, je ne voudrais pas rentrer dans les clichés des films qu'on a l'habitude de voir. Je veux donc apporter quelque chose de nouveau. En cette matière, l'Afrique est encore un territoire inexploité. Je pense qu'en international, on est un peu saturé. Si ce n'est pas un film d'action où les gens du F.B.I traquent les bandits, ou un mec qui sort avec la femme d'un autre, j'estime qu'il y a d'autres valeurs culturelles ici qu'on peut exploiter. Je suis en train de faire un film sur Treichville, c'est un film qui sera prêt d'ici 2 ans.

* Qu'en est-il de ta relation avec Shella ?

- Shella c'est une bonne amie, elle était sortie avec Mad, j'ai réalisé 3 de ses clips. Il y a encore une à deux semaines qu'elle m'a appelé et qu'on devait se voir, mais à cause du temps on a pas pu parce que chacun est un peu occupé, il n'y a aucun problème entre nous, tout va bien.

* Et côté cœur ?

- Tout va bien, pas de problème de ce côté-là aussi.

* Pas encore devenu papa ?

- Non, je pense que toute chose vient à temps. Je pense que le temps permettra que j'aie un enfant.

* Avant que tu ne quittes Abidjan, tu as beaucoup fait des ravages dans l'univers des nanas…

- Vraiment je ne m'en souviens pas, (rires)

* Ton aventure amoureuse avec Belinda

- C'est une grosse polémique qu'il y avait eu à l'époque, c'était quelque chose d'entièrement inventé, je l'ai même dit. Il n'y a jamais eu quoi que ce soit entre Bélinda et moi. Je ne peux pas dire que je ne la connais pas. C'est une fille qu'on a rencontrée à l'école, on connaissait son père (paix à son âme) et sa mère. A part ça, il n'y a jamais rien eu entre nous.

* Depuis ton retour, vous êtes-vous vus ?

- Non.

* Et au téléphone ?

- Je n'ai pas son numéro, elle n'a pas le mien aussi.

* Et les autres nanas qui sont restées sur Abidjan, ne t'ont-elles pas fait signe ?

- Non, je n'ai pas reçu de coup de fil de leur part. Actuellement comme nous sommes au vert, on est un peu enfermés à l'hôtel. Je pense qu'après le concert, on va descendre voir les gens.

* Tu n'es donc pas allé voir la famille, tes potes ?

- J'ai eu la maman au téléphone. Etant venu un peu en retard, j'essaye de mettre les choses en place. La famille sera au concert.

* Comment vois-tu l'avenir du Hip Hop et du R&B made in Côte d'Ivoire ?

- C'est un combat que je mène, je pense que ce mouvement a un avenir prometteur. Vous savez, le Hip Hop est un mouvement black, il ne peut être que mieux ressenti par nous. Et ici, il y a du potentiel en la matière. Il y a les posee d'Adjamé, de Yopougon, de partout. J'aimerais qu'ils voient aussi le soleil, qu'ils soient au-devant de la scène. Il y a de la place, on a donc monté un label de production Boss Playa Record. Je pense que tous les artistes, In challah, auront la chance de percer.

* Vas-tu descendre dans ces posee avant de repartir ?

- Bien sûr. Je verrai le mouvement Hip Hop. On a fait la place à certains pour qu'ils puissent s'exprimer au concert. Hormis cela, on se verra pour discuter.

* Qu'est-ce que tu comptes faire concrètement pour eux ? As-tu déjà mis en place des actions pour l'avancée du Hip Hop ?

- Là on sort Neneroy et Montonson, qui sont des artistes d'ici. Au niveau de Paris, c'est Boss Playa Record Paris qui s'occupe de Muss. On veut permettre à ceux qui ont du talent de se faire connaître sur la scène internationale. On prévoit quelque chose ces temps-ci. Mais je ne vais pas citer de noms pour le moment.

* Le Hip Hop s'adapte de plus en plus à nos réalités. Que penses-tu de ceux qui ont emprunté ce sentier, Gbonhi Yoyoyo, Garba 50 et Rageman ?

- C'est original, Gbonhi est un clip terrible. Garba 50 est beaucoup original, c'est ce que je veux. Un bon Africain, il se retrouve dans ces chansons qui décrivent nos réalités. Bizou à tous ces gens là, je pense qu'on les rencontrera pour en discuter.



P. Zagadou, declic mag







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