NASH Elle a les yeux “dédjas” Friday, 23.01.2009, 05:19am (GMT) A
part ses petites rondeurs, Nash a presque tout d’un homme : son style,
son look, son expression… Et c’est sans doute cela qui fait la
particularité de Natacha Flora Sonloué Aka (à l’état civil). Elle qui a
balancé sur le marché son tout premier album solo de 17 titres, le 15
décembre 2008. Un album autobiographique dans lequel la rappeuse de 25
ans raconte tout. Décryptage.
En effet, ce premier album solo de sa carrière, Nash a décidé de l’appuyer d’une promo soutenue, quitte à sacrifier ses heures de sommeil dans les boîtes de nuit. C’est aussi à dessein qu’elle a décidé de le baptiser «Ziés dédjas». Ce qui traduit l’idée de maturité, voire la prise de conscience. Bien entendu, les mots crus, en français comme en nouchi, ne manquent pas dans cet album pour fouetter l’orgueil des femmes dont elle est à la fois juge et partie. Il regorge de plusieurs styles, dont le rythme guéré qui rappelle les origines de la jeune artiste qui a pourtant vu le jour à Man. L’agence artistique Nouchy Arts (la production) s’est investie au niveau des sonorités pour proposer le meilleur. Et une pléiade de featurings avec Mokobé du 113, Gbonhi Yo ! yo ! yo !, Rageman, Billy Billy, Mike Danon, Vieux Gazeur… qui y ont greffé leurs flows. C’est donc dire que la go cracra du djassa a vraiment les yeux ouverts sur l’extérieur. Ce qui lui donne le droit de le critiquer ouvertement. La musique ressemble à du ragga acerbe, ou disons…trash. Et peut-être que le délire qui a toujours caractérisé les spectacles de Nash l’aidera dans sa tâche à faire gober sa nouvelle galette. Enfin, cet album passe au crible la crise ivoirienne et résume les six années d’expériences musicales de la jeune artiste. Mais aussi ses 25 ans de vie dont les débuts ont été, en partie, marqués d’un drame familial. «Je parle un peu de mon enfance au cours de laquelle j’ai vu mon père battre ma mère à sang. J’ai grandi dedans. Ce sont des choses qui m’ont marquée : le fait de voir le sang de ma mère, de la voir pleurer, me touchait beaucoup. Nous, on était gosses. On ne pouvait que pleurer en voyant cela», raconte-t-elle. Une raison suffisante pour la chanteuse d’affirmer : «Aujourd’hui, moi, je ne laisserai jamais un homme me battre !» A travers cet album, Nash rend surtout hommage à sa mère qui a dû quitter le foyer conjugal lorsqu’elle n’avait que 10 ans. Désormais, il ne lui reste plus que le souvenir de cette femme, décédée le 4 janvier 2005… Nash a grandi, entourée de ses frères aînés. Naturellement, elle a adopté leur style énergique de «guerilleros». Et, contre toute attente, c’est son père qui fut son premier soutien quand elle s’est lancée dans la musique, huit ans plus tard, un peu pour panser ses blessures morales. Car, ce père bourreau, elle n’est jamais parvenue à le détester. Sur les conseils de sa mère. «C’est elle qui nous demandait de ne pas nous fâcher avec notre père malgré tout ce qu’il lui faisait subir. Elle avait un cœur blanc», se souvient-elle. Il faut savoir que dans cet album multicolore, Nash ne s’en prend pas vraiment aux hommes. Mais elle souhaite seulement que les femmes soient traitées avec respect et considération.
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