Salif KEÏTA à propos de sa tournée nationale pendant les élections : "Je ne me laisserai pas récupérer par les politiciens"
Friday, 16.02.2007, 07:21pm (GMT)
 Pour la première fois
dans les annales du show biz malien, l'artiste musicien Salif Kéïta
fera une grande tournée nationale qui le conduira dans de nombreuses
localités. Cette tournée dénommée "Mali Tours de Salif Kéïta" est une
initiative de deux structures, à savoir Afrique inter group systems et
Wanda Records. Elle débutera le 11 mai prochain par un spectacle au
Stade Abdoulaye Mac Macoro Sissoko de Kayes. Les organisateurs
sont catégoriques : "Vous savez, Salif a horreur d'être récupéré
politiquement. En cette période de campagne électorale, il faudra faire
attention. Nous nous sommes dit que nous allions certainement être
taxés de faire campagne pour X ou Y. Salif est tout simplement un
patriote, pas un militant". Quand je veux animer un concert,
il faut tout d'abord que tous les moyens techniques soient réunis. Ce
qui n'est pas le cas au Mali. Raison pour laquelle je refuse de m'y
produire. Beaucoup d'organisateurs de spectacles voudraient que j'anime
des spectacles dans un stade de 20 à 30 mille personnes avec une
sonorisation d'une capacité de 1 500 personnes seulement. Vous savez,
j'ai horreur de jouer dans de petites salles à des tarifs très élevés,
ce qui fait que mes fans ne peuvent pas me voir. Je suis très content
aujourd'hui que quelqu'un s'engage moralement à supporter les frais en
me mettant dans les meilleures conditions possibles pour que je puisse
aller à la rencontre de mes fans. Je compte faire le tour du Mali à
travers une série de concerts. En tout cas, je suis au service
de Mohamed Kaba Diakité d'Afrique inter group systems. Vraiment, si
toutes les conditions sont réunies, je suis prêt, avec mes musiciens, à
faire plaisir aux Maliens". Ces propos ont été tenus par l'artiste
musicien Salif Kéïta au cours de la conférence de presse qu'il a
animée, le vendredi 9 février, au Moffou à Kalabancoro. L'objectif de
la rencontre était tout simplement d'informer l'opinion nationale de
l'organisation de la première grande tournée nationale du lauréat du
dernier Tamani d'Or - Trophée décerné au meilleur artiste de l'année
2006.. Kidal écarté du Mali Tour de Salif à cause de l'insécurité La
conférence a été animée par Salif Kéïta et Mohamed Kaba Diakité,
co-organisateurs du "Mali Tours". La tournée commencera le vendredi 11
mai par un spectacle au stade Abdoulaye Macoro Sissoko de Kayes. Les
étapes de Gao, Tombouctou, Mopti auront respectivement lieu les 17, 20
et 23 mai, tandis que les concerts de Koutiala, Sikasso et Ségou se
dérouleront le 25 mai, Journée de l'intégration africaine, le 27 mai et
le 2 juin. Pour boucler la boucle, un grand show est prévu le
samedi 10 juin au Stade Omnisport Modibo Kéïta de Bamako. Le programme
peut changer. Certaines localités comme Koulikoro et Kidal ne sont pas
concernées par la tournée. L'Administrateur de Wanda Records, Mamoutou
Kéïta, explique cela par le fait que certains spectateurs de Koulikoro
viendront à Bamako pour suivre le concert. Le cas de Kidal est dû à
l'insécurité à laquelle cette localité est confrontée aujourd'hui. Mohamed
Kaba Diakité d'Afrique inter group systems a remercié Salif Kéïta pour
la confiance placée en lui dans le cadre de l'organisation de " Mali
Tours". Il lui a donné l'assurance que "les matériels de sonorisation,
de lumière et le podium sont déjà prêts. Ils quitteront les Etats-Unis
très bientôt pour le Mali. Des ingénieurs du son et des lumières seront
également là. Vraiment, il y a une très grande différence entre ces
matériels qui viendront des Etats-Unis et ceux disponibles au Mali.
Vous savez, la technologie a beaucoup évolué. Les matériels
pour les spectacles organisés dans les stades sont différents de ceux
qu'on utilise dans les boîtes de nuit. Les capacités ne sont pas les
mêmes. Les lumières que nous allons utiliser pour la tournée de Salif
sont adaptées aux concerts en plein air et aux grandes salles. Vous le
savez, une sonorisation se détermine d'abord par sa capacité. La sono
que nous allons amener est d'une puissance de 60 K. C'est cette
sonorisation qui est utilisée aux Etats-Unis pour la plupart des
concerts" a déclaré Mohamed Kaba Diakité. Pour cette tournée,
Salif a promis de chanter tous son répertoire, c'est-à-dire les
chansons de tous ses albums. "Je suis sûr que ces différents concerts
seront du jamais vu. J'étais déjà à Kayes il y a une vingtaine
d'années, tandis que je n'ai jamais joué à Gao" a-t-il déclaré.
S'agissant du moment choisi pour la tournée, qui coïncide avec le
deuxième tour de l'élection présidentielle, Mamoutou Kéïta a apporté à
la presse quelques éclaircissements. "Vous savez, Salif a horreur
d'être récupéré politiquement. Lorsque nous avons établi le programme
de la tournée, il fallait tenir compte de la période électorale, à
savoir le mois d'avril pour la présidentielle et le mois de juillet
pour les législatives. Salif n'a qu'un seul mois disponible
dans l'année pendant lequel il n'a pas de concerts en Europe ou aux
Etats-Unis. C'est le mois de mai. Cinq jours après la fin de la
tournée, Salif reprend son bâtonu de pèlerin pour une série de concerts
aux Etats-Unis. Il fallait que nous tenions compte de toutes ces
contraintes pour arrêter les dates définitives de la tournée. Nous nous
sommes dit que, si nous ne faisions pas attention, nous allions
certainement être taxés de faire la campagne pour X ou Y. Salif est
tout simplement un patriote, pas un militant. Quelle que soit la
couleur de la tête du président que les Maliens choisiront, Salif le
considérera comme le sien. Mais il refusera toute récupération
politique. En outre, vous savez que même si Salif joue un lundi, la
salle sera pleine. Mais, nous avons préféré opter pour le week-end afin
de permettre aux travailleurs d'être concernés par cette manifestation"
ajoutera Mamoutou Kéita. 2 000 FCFA le billet et 5 000 FCFA la carte Les
prix du billet et de la carte du Tour de Salif sont à la portée du
pouvoir d'achat des Maliens, contrairement à ceux des spectacles du
Domingo de la musique malienne à l'étranger, qui varient de 15 000 à 20
000 FCFA par personne. Le billet sera vendu à 2 000 FCFA et la carte
coûtera 5 000 FCFA seulement par personne. Ce geste a été fort
apprécié. "Je suis vraiment content de Salif. Vraiment, bravo Salif
pour le prix du billet et de la carte. Merci beaucoup" a renchéri le
responsable du comité d'organisation de Kayes. Pour éviter les
pirates, les billets et les cartes qui seront vendus à Kayes seront
différents de ceux qui seront vendus à Sikasso ou à Koutiala. C'est
dire que chaque localité aura sa spécificité. "Nous avons peur de la
piraterie. Il faut qu'on fasse très attention. Nous faisons confiance
aux comités d'organisation de l'intérieur. Si nous ne prenons pas
garde, nous allons nous retrouver avec des stades pleins et pas de
recettes. Nous préférons être prudents. Les billets et les cartes
seront vendus le jour même du concert pour éviter que les gens nous
piratent" a précisé Mamoutou Kéita. Salif Kéïta estime que le
prix du billet de son dernier concert à Bamako, au Centre Culturel
Français (CCF) était vraiment cher. 20 000 FCFA par personne. C'est
pourquoi il a décidé de faire cette tournée à l'intérieur du Mali.
"C'était la première fois que je jouais au CCF. C'est une petite salle
de 250 places. Je suis vraiment désolé si il y a des personnes qui
n'ont pas eu de billet, je leur demande vraiment pardon. Je
crois que les gens qui ont eu la chance d'être présents ont aimé. Il y
a aussi un problème qu'il faut aborder. Les Africains ne veulent jamais
réserver leur place à un concert. Ils préfèrent venir le jour même
prendre leur billet" a-t-il déclaré. Réalisé par Alou B HAIDARA Salif Kéïta à propos du festival d'Essakane : "J'ai 37 ans de carrière et je n'ai jamais arnaqué personne" Le
festival international d'Essakane, qui s'est tenu courant janvier dans
la région de Gao a créé un litige entre Salif Kéïta et les
organisateurs. En effet, ceux-ci avaient mentionné le nom de l'artiste
dans le spot publicitaire, sans avoir aucun accord de participation de
sa part. Son absence à ce grand rendez-vous a déçu nombre de
participants. Le Domingo de la musique malienne a profité de
sa conférence de presse du 9 février pour s'expliquer. "Je tiens à
éclaircir quelque chose avant de commencer cette conférence de presse.
Il y a des rumeurs qui circulent à propos du festival d'Essakane,
concernant ma participation à cette manifestation culturelle. Vous
savez, j'ai 37 ans de carrière musicale et je n'ai jamais arnaqué
personne. Si cela était arrivé, je ne serais pas là
aujourd'hui. Les gens d'Essakane m'ont rencontré à Bruxelles, lors d'un
festival. Je leur ai dit que je n'avais jamais participé à ce festival
à Essakane, alors que j'aurais souhaité le faire au moins une fois.
Pour la simple et bonne raison qu'à chaque fois j'étais pris. A ma
grande surprise, je vois mon nom à la télé. J'ai dit que ça n'allait
pas, puisque mes musiciens n'étaient pas là. Les organisateurs
voulaient que je me fasse accompagner par ceux qui avaient joué avec
moi le 31 décembre. Je n'ai pas eu d'autres rapports avec ces gens.
Puis, un jour, on m'appelle pour me dire que l'avion est là et qu'il me
faut venir à l'aéroport. Le vol était prévu à 13 heures, puis à 15. Je
dis d'accord. On m'appelle encore pour me dire que ce n'est plus à 15
heures, c'est à 17 heures. Je dis d'accord. On m'appelle ensuite pour
me dire que ce n'est plus à 17 heures, c'est à 19 heures. Je dis
d'accord. On me dit après que c'est pour le lendemain.
Finalement, je me suis dit que ce n'était pas sérieux. C'est vous dire
tout simplement que moi, je partais jouer gratis. Je n'ai jamais vu la
couleur de leur argent et je n'ai jamais signé de contrat avec qui que
ce soi". Alou BADRA HAIDARA
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Bamako Hebdo
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