La musique est sans doute l'un des arts qui se prêtent le plus à l'évolution. Témoin : les nombreuses tendances qu'elle génère chaque année. La mode la plus récente sur le continent est le "Coupé décalé".
Une sorte de mélange du zouglou ivoirien, de n'dobolo et de la rumba congolaise. Sur ce rythme un tantinet chauve souris, les jeunes chanteurs pour la plupart font plutôt de la déclamation des textes pour magnifier la joie de vivre.
L'ambiance ainsi provoquée conduit à toute sorte d'extravagance dans les night club. Gros cigare à la bouche, pantalon patte d'éléphant et chemise moulant, lunettes, ceinture, montre et chaussures énormes sont ainsi exhibés. Les pas de danse sont tout aussi extravagants.
Notre pays ne pouvait échapper à cette vague. Après quelques années, un animateur ou disc jokey débarque (DJ) à Bamako et décide de faire du "Coupé décalé" à la sauce malienne. Daouda Maïga, né il y a 30 ans à Abidjan de père nigérien et de mère malienne, tente de couper et de décaler avec le balafon.
DJ sénateur, surnom de scène, joue sur l'effet d'entraînement de cet instrument de musique. Une K7 de 6 titres, avec un clip, et voilà que le succès lui tend les bras. Au point que DJ sénateur est lui-même surpris. "Les Maliens se sont tout de suite appropriés de cette musique. Partout on demande le morceau "Balani show", dans les night club et les manifestations populaires", se réjouit l'artiste.
A l'intérieur du pays, surtout dans les villages, les jeunes semblent se reconnaître dans ce nouveau concept. Certains estiment qu'il s'agit en fait d'une revalorisation de cet instrument. C'est d'ailleurs ce dernier hommage qui fait plaisir à l'initiateur qui indique par ailleurs qu'il reçoit beaucoup de coups de file de la région de Sikasso et de la Côte d'Ivoire, pour le féliciter pour cette création.
DJ sénateur affirme avoir fait surtout de l'animation sur les lieux publics d'Abidjan. Dans la capitale ivoirienne, il a obtenu un franc succès dans ce domaine. C'est d'ailleurs à la suite d'un concours de DJ qu'il a manqué de remporter malgré le soutien du public, que ce dernier a décidé de lui coller le sobriquet de sénateur.