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Nouvel album de la diva Rokia traoré Thursday, 16.11.2006, 02:11am (GMT)
Loin de tous les clichés, Bowmboï échappe par ses audaces à
toute tentative de classification trop simpliste. Une bonne part des
enregistrements a été réalisée au Mali, avec des instruments traditionnels. Et
pourtant, ce n’est pas de la musique traditionnelle. Rokia s’est également
rendue à San Francisco pour enregistrer deux morceaux avec le Kronos Quartet,
un prestigieux quatuor à cordes. Et pourtant, ce n’est pas non plus de la
fusion.
« J’aime et je respecte la
musique traditionnelle» explique la chanteuse. Nombre de musiciens, formés dès
leur plus jeune âge à cette culture musicale et en général familiale, la jouent
avec beaucoup de talent. Ce n’était pas mon cas, j’étais donc tentée de faire
autre chose. Bien sûr, j’utilise des instruments traditionnels. Mais je leur
donne une nouvelle forme d’expression et j’écris des chansons modernes aux
accents très contemporains. » Quant à la fusion, elle n’est même pas
certaine de savoir à quoi renvoie ce terme, à l’heure de la mondialisation.
« Si j’étais née il y a un siècle, je n’aurais pas connu la musique
américaine ou européenne, observe-t-elle. Mais le monde dans lequel on vit nous
permet de puiser dans toutes ces sonorités que je porte en moi désormais. Je
fais de la musique comme quelqu’un qui a écouté du jazz, du classique, du rock
et de la pop, tous les genres de Louis Armstrong à Serge Gainsbourg, au même
titre que les griots africains. » De ses débuts sur la scène de la
« world music » à sa notoriété rapidement acquise, le parcours de
Rokia est l’histoire d’une ascension vertigineuse. Issue d’une famille malienne
instruite, cette fille de diplomate a pu, au fil des affectations de son père à
l’étranger, s’imprégner de différentes cultures. Dans l’ethnie bamanan
(bambara) à laquelle elle appartient, chanter en public n’est pas soumis aux
mêmes restrictions que chez d’autres groupes ethniques. Quoique n’étant pas de
descendance griotique, elle grandit avec un père saxophoniste amateur et un
frère aîné collectionneur averti de disques vinyles. fabrique, notamment le
mélange d’instruments traditionnels, comme le ngoni et le balaba (grand balafon
du Bélédougou, terre de ses ancêtres), que n’a pas coutume d’associer la
musique malienne. |
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