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Musique Africaine ou World Music ? Thursday, 09.09.2010, 07:58pm (GMT) Fally Ipupa, Espoir 2000, Amadou et Mariam, Angélique Kidjo font-ils tous de la musique africaine ou de la world music ou doit-on forcément chercher à les classer ? Lorsque LPN m’a adressé sa question, et je l’en remercie, j’ai tout de suite pensé que la réponse, si tant est que je puisse en formuler une ou qu’il en existe une tout simplement, n’allait pas forcément être très facile et/ou plaire à tout le monde… Challenge, sans aucun doute, où il serait difficile également d’écrire ce que je pense, tout en tentant de rester un tant soit peu objectif...Aussi, je souhaite juste rappeler que « tous les goûts sont dans la nature » et qu’au final c’est cela qui nous permet de disposer encore en ce XXIème siècle de tant de diversité(s) culturelle(s). Avant d’entrer dans le débat, ceux qui souhaitent en savoir plus sur mon « background » peuvent consulter un de mes anciens billets (de commande aussi, d’ailleurs…) « Pourquoi bloguer sur la musique Africaine ». Je signale également que je suis aussi devenu, depuis peu de temps, producteur d’un jeune groupe, issu du Bénin, et d’un artiste, Griot de Guinée, avec qui je tente de faire se rejoindre la musique traditionnelle et le Jazz et que j’assiste également un autre artiste, originaire du Cameroun, qui évolue entre AfroPop et Reggae. Voilà, bases posées, entrons dans le vif du sujet. La première « expression » qui m’a interpellé dans la question de LPN est l’emploi du terme « World Music ». Musique(s) du Monde ? Késako ? La petite histoire raconte que cette dénomination fut forgée dans les années 80 par quelques patrons de labels de l’époque qui cherchaient un moyen de faire classer correctement leurs galettes chez les disquaires. Pour les plus jeunes d’entre vous, les « musiques du monde », qui pendant longtemps n’ont existé que sous la forme d’enregistrements de chants ou d’instrumentaux « Ethniques », ont pris corps en tant que « courant musical » à la fin des années 70, principalement à Paris et Londres, grâce à quelques dénicheurs de talent(s) qui sont allés à la rencontre de la musique populaire des pays « hors occident ». Car, il s’agit bien de cela : la récupération de la musique POP locale, fortement exotique pour la majorité des Européens ou Américains, et son intégration en parallèle des styles « établis » qui vont du Classique au Rock, de la POP au Blues, de la « chanson » au Jazz. Ces « nouvelles » musiques, tout au moins pour certaines (nombreuses) oreilles, devaient être classées pour leur donner une certaine « cohérence », au moins commerciale, même si les styles étaient par nature extrêmement variés. Papa Wemba – Yolele D’ailleurs, et ce n’est pas qu’une anecdote, chacun voit dans la musique de l’autre une forme de musique du monde. Si pour les « Occidentaux », les musiques Africaines, Chinoises, Coréennes, Sud-Américaines… font partie de la grande famille de la « World Music », pour un Russe ou un Papou, Mireille Mathieu ou Johnny Halliday (pour ne prendre que ceux-là…) sont aussi des artistes… de musiques du monde… Et que dire de la musique « Country » ou « Hillbilly » Américaine… Bien évidemment, le monde Anglo-Saxon régnant en maitre tout puissant, y compris dans les activités de loisirs, a laissé de larges empreintes culturelles partout et est devenu très tôt le mètre-étalon des styles musicaux en vigueur sur notre bonne vieille terre. Au final, nous avons donc d’un côté des styles « établis » de longue date, presque normés ou normalisés, éventuellement avec des déclinaisons et des variantes (Rock, HardRock, Pop-Rock… par exemple) et de l’autre le grand fourre-tout des « musiques du monde »… qui comme vous l’aurez compris n’a pas grande signification pour moi. Mais, puisque nos amis Américains nous ont défini les genres musicaux, il conviendrait tout de même qu’ils n’oublient pas d’où vient la majorité de leurs musiques actuelles… D’où viennent le Blues, le Jazz, le Rock (« Elvis Presley, le premier blanc qui a osé chanter et danser comme un noir »)… et bien entendu aujourd’hui le Rap, le Hip Hop, le RnB… ? Du croisement, parfois contre-nature, entre les musiques et instruments des migrants Européens et ceux des esclaves au temps des traites négrières, à travers de multiples influences, prismes et contextes (utilisations religieuse, festive…). D’autant, que la musique a pris l’habitude de régulièrement continuer à traverser l’Atlantique dans un sens puis un autre et de recommencer… Si, indéniablement, une grande majorité des rythmes des Amériques provient des souvenirs apportés avec eux par les ex-Africains, dès lors que les mouvements intercontinentaux l’ont permis, la musique populaire Africaine s’est enrichie ou complétée des styles venus de l’extérieur : la Rumba Congolaise, les Salsa du Sénégal, l’influence Cubaine, la Pop psychédélique du Bénin ou du Nigéria, le Funk un peu partout ? J’ai même quelque part dans ma discothèque un 45T de Rockabilly Kényan… pour vous dire Ainsi, on peut considérer qu’une bonne part des racines des musiques Américaines est d’origine Africaine, et à l’inverse la musique populaire Africaine a réabsorbé les instruments et les styles des musiques Occidentales. Et je vais jeter, ici et maintenant, le mot qui me semble caractériser tout cela : la FUSION !
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