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Kodjo Antwi “Je suis sensible à la femme” Monday, 20.11.2006, 01:56am (GMT) ![]() Tu étais à Abidjan au mois d’Août… - Oui, pour le Concerto D’Abidjan. J’ai été invité spécialement par le Comité d’organisation qui, vous le savez, veut apporter une touche internationale à cet événement en faisant venir à Abidjan des artistes étrangers. Cela a été un grand honneur pour moi, en tout cas. • Et les choses ont mal tourné... - Mal tourné ? Je ne vois vraiment pas comment ! Le concerto a été une très belle fête. Bon, il y a eu un petit incident, c’est vrai, mais dans l’ensemble, il n’y a rien à dire, c’était bien. • Tu t’es fait lapider par les spectateurs pendant que tu étais sur scène… - Non, il y a eu jet de projectiles, mais ça ne m’était pas destiné… • Que s’est-il passé exactement ? - Bon, j’étais sur scène pour mon tour de chant. Et il faut dire que le public m’a bien accueilli, m’a soutenu tout le temps de ma prestation. Je crois avoir fait trois ou quatre chansons… Mais, pour ce que j’ai pu voir et constater, la foule voulait être plus proche du podium pour mieux vibrer, vous savez comment sont les fans. Et les Forces de l’ordre qui étaient en bas du podium ont commencé à les repousser, mais assez violemment. Je trouve qu’elles ont agi assez durement quand même sur des personnes qui ne cherchaient qu’à s’éclater. Il y avait vraiment du monde en bas et la bousculade occasionnée par la bastonnade des flics a créé l’imparable. Le public s’est fâché, il a réagi en lançant des projectiles aux Forces de l’ordre et ça a dégénéré. C’est tout ce que je sais. • Qu’as-tu ressenti au moment où les projectiles fusaient de partout ? De la peur ? - Non, je savais que le public ne m’en voulait pas. Je savais que rien ne m’arriverait car il m’avait déjà démontré son amour durant ma prestation, ce soir-là. Mais, il a fallu stopper la prestation, ce qui était logique vu l’ambiance, mais je garde un bon souvenir de mon passage à Abidjan. J’y suis allé souvent, mais c’était vraiment la première fois que je me produisais devant autant de monde. • Tu pouvais revenir terminer ta prestation après… - C’est vrai, mais je n’étais pas le seul à jouer ce soir-là et il a fallu un temps fou pour calmer les esprits, ce qui a bien entendu modifié l’heure de passage des autres artistes. Moi, j’avais déjà donné un aperçu de ce que je savais faire, alors, j’ai pensé qu’il serait sage que je me retire afin de laisser la place aux autres qui avaient aussi leurs prestations à faire. • Se retrouver dans un pays en guerre et vivre pareille situation fait peur, quand même… - Non, la peur ne m’a effleuré l’esprit à aucun moment. Mais, j’ai été un peu déçu…Pas pour la réaction du public, mais pour ce que j’ai constaté lors de mon séjour en Côte d’Ivoire. J’ai connu ce pays qui a été le carrefour du show-biz africain et qui l’est toujours. Un pays qui a été une terre d’accueil, de bonheur. Un pays de prospérité, de paix où il faisait bon vivre. Mais, maintenant, avec la guerre, on sent que les gens, malgré leur chaleur sont meurtris. On sent que malgré leur désir de vivre, ils sont fatigués par ce qui se passe. Et la Côte d’Ivoire a pris un coup. On le constate rien qu’en regardant la ville qui se dégrade, les gens qui sont soucieux…Il faut vite se ressaisir et mettre tout en œuvre pour le retour de la paix. • Alors, tu reviens quand en Côte d’Ivoire ? - Sûrement début Décembre 2006! Mais, je ne t’en dirai pas plus pour l’instant. • Pourquoi pas ? - Quand je serai à Abidjan, je t’appellerai et je te donnerai les infos, d’accord ? • C’est en prévision du concert que tu vas donner au Ghana dans quelques semaines ? - Il y a ça et d’autres projets sur lesquels je planche. • Dis-moi, tous les 24 ou 31 Décembre tu te produis dans ton pays, pourquoi ce rituel ? - C’est quelque chose de très spécial pour moi. Dans mon pays, tout ce qui est live n’intéresse pas beaucoup les gens. Ici, c’est play-back et encore play-back. Et nous sommes en train de perdre les quelques bons musiciens qui nous restent parce que nous ne leur offrons pas la possibilité d’exercer leur art. Alors, ce concert que j’offre chaque fin d’année est une plate-forme pour toutes ces personnes, c’est une façon de rendre hommage à tous ceux qui aiment le live, une tribune d’expression. Et puis, le live permet d’offrir autre chose que ce que le mélomane a sur la cassette, l’album. Il permet une communion véritable avec le public, c’est un échange d’émotions, de gestes, une communication vivante. Le play back tue l’artiste et fait de mauvais mélomanes à la longue. J’assimile souvent le play back à un «fast food». En une minute, rapidement on se fait un sandwich et on mange. Mais le live, c’est un ensemble d’ingrédients préparés sans précipitation, avec patience. Il prend le temps de cuire, c’est plus sain, plus complet et plus savoureux. Et on ressort toujours d’un concert avec la sensation d’avoir appris, vu quelque chose de plus. • … - Mais, pour en revenir au concert de fin d’année à proprement parler, c’est aussi un cadeau offert à la population ghanéenne, juste avant la nouvelle année qui commence. Je fais venir des artistes africains de l’étranger et ensemble, nous communions. Je pense donc que dans la carrière d’un artiste, il est important d’avoir ce genre de grand rendez-vous. Cela permet de fidéliser aussi son public. Voilà ! • Il y aura certainement de nombreuses femmes à ce concert… - (rires) Ce n’est pas à exclure, les femmes m’aiment beaucoup. • Tu les chantes souvent, c’est normal. Tu es un grand romantique, on dirait ? - Disons que je suis sensible à la gent féminine (rires). La femme est la dernière chose que Dieu a créée. La toute dernière. Après elle, il n’y a plus rien. Alors, je crois que la femme est un être très spécial. Et regarde bien les vidéos de mes clips. Je ne me fais pas entourer de femmes tout court, mais de femmes classes ! Je ne veux pas faire des clips qui pourraient ternir l’image des femmes, tu comprends ? Je les mets en valeur car elles le méritent. Mais, surtout, je mets en valeur la vraie femme africaine qui est belle avec ses atouts, son teint d’ébène ou son teint chocolaté, ses rondeurs, son sourire naturel et éclatant, la femme sans artifice. C’est ma contribution pour rehausser l’image de nos mères, nos épouses, nos sœurs… • Si tu te bats autant pour ça, c’est parce que tu estimes que cette image a été ternie ? - Oui…Par certaines femmes, elles- mêmes qui sont parfois trop artificielles ou qui oublient certaines valeurs morales de la société africaine, mais par les hommes aussi qui, du fait de certaines exigences, peuvent avoir mauvaise influence sur une femme. Tout le monde contribue à salir l’image des femmes. Regardez-les dans certains clips, sur les pages des magazines, sur les affiches…Leur corps est utilisé pour vendre, faire des affaires, des pubs…La femme, c’est sacré ! Malheureusement, de part et d’autres on n’en a pas souvent conscience. • C’est parce qu’elles sont belles qu’on les expose aussi… - Je suis d’accord, mais il faut bien les exposer aussi. Tout ce qui est exposé ne fait pas forcément plaisir à voir. Et puis, on les enferme de plus en plus dans des clichés qui ne sont pas nôtres. Elles font des régimes pour maigrir, usent des produits décapants pour devenir blanches…Il n’y a plus de naturel, or la femme africaine, sans tout ça, est belle naturellement et mon combat, c’est de rappeler cela à tous, le plus souvent, par le biais de mes clips. • Tu es marié ? - Oui ! (Rires) • Pourquoi ris-tu ? - (encore des rires). • Tu es marié depuis quand ? - Oh ! depuis très longtemps… • Tu n’as pas l’air très clair… Divorcé ou quoi ? - Tu veux vraiment savoir, je me suis marié trois fois ! Et ça n’a pas marché. Alors, j’attends la perle rare… • Tu ne l’as pas trouvée et tu t’es marié trois fois quand même ? - Tu sais, c’est la vie. Les gens sont un peu comme…Tu vois cette bouteille de boisson gazeuse ? Il y a l’extérieur et l’intérieur. Souvent, on est attiré par l’extérieur, on pense ensuite avoir eu la boisson idéale, on la garde pour se rendre compte après que tout n’est qu’illusion, fausseté…Et l’africain aime dénigrer, il est hypocrite. On va dire à l’élue de mon cœur : «il est artiste ? Mais tu es foutue. Un artiste n’est jamais sérieux, ce n’est pas avec pareille personne que tu connaîtras le bonheur…». Plein de choses se racontent sur toi et si la femme n’est pas forte, elle craque ! Si malgré l’apparence, elle n’a pas de caractère, c’est fichu. Les artistes sont aimés, mais ils ont aussi des ennemis partout, dans le monde et ça joue des tours. Ce n’est pas forcément de notre fait, mais c’est la vie qui est comme ça. Moi, je suis dans un monde difficile. La musique, c’est bien mais ce n’est pas évident ni pour moi, ni pour celle que j’aime. • C’est ce que tu racontes dans ”Mi nian n'taba” l’une de tes célèbres chansons ? - Pas forcément, mais ce qu’on vit fait plus ou moins partie de notre expérience et peut mous inspirer. Mais, c’est vrai que cette chanson est un cri du cœur dans lequel un homme amoureux veut plus de quiétude pour vivre son amour avec sa dulcinée, vivre loin des ennuis, des tracas…C’est à la fois un peu de moi et beaucoup des autres (rires). Voilà !
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