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Le Molare a coeur ouvert
Monday, 25.10.2010, 12:30am (GMT)

«C’est en 1999 que j’ai rencontré pour première fois, celle qui est aujourd’hui ma femme et qui a complètement changé ma vie. Je l’ai vue pour la première fois un dimanche soir, à la sortie d’une boîte de nuit parisienne qu’on appelle «le Scorp», dans le 9ème. Elle était avec une de ses copines. Quand je l’ai vue, franchement, j’ai tout de suite flashé sur elle. Elle était amie à Serge Defalet, alors j’en ai profité pour lui parler et pour la draguer. Mais elle n’a pas accepté mes avances. A vrai dire, elle ne m’a même pas écouté parce qu’elle avait plein d’apriori sur mon compte. A l’époque, il faut le dire, j’étais déjà célèbre dans le milieu sous le nom de Moriféré 1er. Ma future femme m’a moins pris au sérieux, quand ce premier jour, je lui ai dit que j’allais l’épouser. Au moment de la quitter, j’ai fait le forcing pour avoir son numéro de téléphone qu’elle a refusé de me donner.

En définitive, je me suis débrouillé pour l’avoir avec Serge Defalet. Après cette première rencontre, j’ai commencé à l‘appeler régulièrement. Des fois elle me prenait au téléphone, d’autres fois, elle ne me décrochait même pas. Je n’ai pas pu la revoir malgré mes nombreuses tentatives. Pus de deux ans après la première rencontre, soit en 2002, je l’ai revue, au hasard, à Abidjan à un contrôle de police. En fait, elle était venue en vacances et les policiers l’avaient bloquée parce qu’elle avait oublié ses papiers à la maison. J’étais dans ma voiture. Dès que je l’ai vue, je n’ai même pas réfléchi, j’ai tout de suite garé pour aller voir ce qui se passait. J’ai usé de ma célébrité pour intervenir en sa faveur. Quand les policiers l’ont enfin libérée, elle m’a dit qu’elle allait en boîte de nuit, au «Blue Note». J’ai changé mes plans et je l’ai suivie, nous avons passé la soirée ensemble. C’est seulement à partir de là qu’elle a commencé à me prendre au sérieux.... Après trois ans de relation, nous avons décidé de nous marier. Mais, comme mes parents ne la connaissaient pas, il fallait que je la leur présente. A ce moment précis, ma compagne a posé un acte que je n’oublierai jamais. Un acte d’amour qui m’a bouleversé : Elle a laissé son boulot, son appartement à Paris, elle a tout abandonné pour venir vivre ici avec mes parents pendant un an. Elle l’a fait pour mieux les connaître et préparer notre mariage. Ma femme, c’est une personne très calme qui n’aime pas du tout se faire remarquer. Tout mon contraire. Grâce à elle et aux enfants qu’elle m’a donnés, je suis devenu plus responsable. Je ne «travaille» pas pour «travailler», je ne le fais que quand je suis vraiment séduit par un artiste. Désormais, je suis un père de famille, donc j’épargne doublement. Ma femme préfère me voir m’occuper de mes affaires qui n’ont rien à voir avec le show-biz, même si elle ne m’a jamais demandé d’arrêter de chanter. Elle sait que le show-biz est un milieu difficile. Et dans le show-biz, la chose qui m’a marqué, c’est la mort de Stéphane (Douk’Saga, ndlr). Un ami qui était en pleine forme que j’ai vu finir mois après mois. En fait, dans sa maladie, Douk’Saga a chuté trois fois. La première fois, c’était à Paris, nous ses amis, l’avons fait interner à Paris même. Après, il a fait une autre chute à Londres, on l’a transféré en Suisse, dans l’hôpital où travaille Gauthier La Vivatche. Après Stéphane est venu à Abidjan. Il a commencé à faire de longs voyages malgré son état de santé qui se dégradait. En fait, il partait chaque fois chercher de l‘argent. Une fois, il s’est retrouvé au Togo sans argent et sans billet d’avion retour. Il a fallu parer au plus pressé pour le ramener en Côte d’Ivoire. Une semaine après, il était au Burkina Faso sur les traces de 8 millions de francs qu’il avait remis à quelqu’un pour lui acheter une voiture. Il a piqué une autre crise, 10 jours après, il est mort. Au retour du corps à Ivosep, des gens manipulés ont scandé «Molare assassin !» Ce jour-là, sur conseil de Gadji Céli et bien d’autres personnes, j’ai accepté de me laisser exfiltrer par la police. Mais quelques jours après, à la veillée et à l’inhumation, ce sont les mêmes qui criaient «Molare assassin !» qui m’ont fait un triomphe. J’ai compris combien de fois le public peut être versatile. Des années après, je n’en veux à personne. Je ne garde pas rancune.»
Par Usher Aliman /sheraliman@live.com


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